PROCÉDÉS MANUELS INTERNES
Les manœuvres manuelles internes destinées à convertir
les positions postérieures en antérieures sont évidemment supérieures aux procédés décrits dans le chapitre précédent.
Sans nous arrêter aux procédés des anciens accoucheurs, nous dirons seulement que Baudelocque, le premier (inconséquent en cela avec sa théorie), essaya de ramener avec la main l’occiput en avant.
Lorsque Nœgelé eut montré que la plupart des occipitopostérieures évoluaient naturellement en avant, on vit les accoucheurs chercher à provoquer cette rotation lorsque la nature était impuissante à l’effectuer seule.
Les procédés proposés pour aider la nature ont été oh nombreux, comme on pourra en a juger par l'exposé que nous allons en donner.
Pugh proposa de changer non la position, mais la présentation, et il préconisait la version afin de substituer un siège au sommet. Le D' Sentex rapporte deux cas où la version fut couronnée de plein succès. Malgré cela, ce procédé n’est guère praticable parce que généralement au moment où on intervient, la tête est complètement engagée, la poche des eaux rompue depuis longtemps et la version par suite impossible. Quant à faire une version préventive au moment d'élection, le pronostic des OC OO n'est point assez grave pour l’autoriser.
ARS y
AA ne
La
Fe
e Fe
Ÿ Die Lies CU à
hd 14
ARRN ICS SERRE SGA SE AS
US
; = 23 en N Enfin Taylor (1), dans quelques cas fort difficiles, proposait de réduire le sommet en face parce que, d’après lui, le pronostic de la face n’est pas plus mauvais que celui d’une O1G A. Il nous semble inutile d'insister sur ce que cette manœuvre à d’irrationnel. .
Un certain nombre d'auteurs, se fondant sur cette idée (qui
est juste) que la flexion précède la rotation et qu’une tête bien
fléchie est une tête sur le point de tourner, ont cherché à obtenir la rotation en faisant la flexion de la tête. Le D' West, en Angleterre, presse de bas en haut sur l'os frontal afin d'exagérer la flexion de la tête. De la même façon, Playfair a
* obtenu une terminaison rapide dans deux accouchements qui traînaient en longueur ee d’ ERCOLIENLES contractions
utérines.
C’est surtout sur le principe de la rotation de la tête que sont basés la plupart des procédés de réduction manuelle.
Au commencement du siècle, Clarke proposa d'introduire deux doigts derrière la symphyse entre celle-ci et la tête, et au moment d’une contraction d'appuyer sur le front de façon à chasser celui-ci en arrière. Simpson et Merriman ont repoussé cette méthode comme pouvant amener une procidence du cordon. = | |
John Burns conseille aussitôt la position reconnue d’introduire: deux doigts dans l'utérus, de façon à agir sur le front. Siles membranes ne sont pas rompues, il faut naturellement les rompre, et c’est peut-être là le plus grand reproche que l'on puisse adresser à sa méthode.
Bedford (de New-York) conseille la manœuvre suivante : aussitôt que le col le permet, introduire la main et placer le
(4) American medical association, mectmg Washington, mai 1884 — Archives de tocologie, 1884, p. 545, (
ones Ul + tes free AT RE PORN 7 CR EPS TS | AVtER | + à APTE
pouce sur l’un des côtés de la tête, les autres doigts sur l’autre, et essayer ainsi de ramener l’occiput en avant.
Jacquemier introduisait deux ou trois doigts et, essayait ainsi de faire tourner l’occiput sous la symphyse.
Dans ces dernières années, on a conseillé l'introduction de toute la main dans la cavité utérine.
John Parry (1) conseillait la méthode suivante : la femme étant endormie, on introduit la main droite dans le vagin, tandis que la gauche soutient le fond de l'utérus. Quatre doigts sont introduits contre l’occiput el, à l'aide du pouce faisant opposition, on soulève la têle au-dessus du détroit supérieur de façon à dégager ses grands diamètres età pro- . duire la flexion, puis il ramène l’occiput en avant.
Sawyer (2) saisit la tête avec toute la main et la ramène en position antérieure. ; |
En France, Blanc (3) déclare que l'introduction entière de la main constitue un des meilleurs moyens que l’accoucheur ait à sa disposition pour réduire une bus postérieure en occipito-antérieure.
Tous ces procédés sont aujourd’hui abandonnés, et lorsqu’on veut intervenir manuellement on s’en tient au procédé de réduction digitale, conseillé par M. Tarnier. Le savant professeur de Paris, ayant échoué avec les divers procédés manuels, pensa que la boule céphalique, unie comme une bille de billard et glissante, devait nécessairement échapper au doigt à moins d’un point d'appui plus résistant que ceux auxquels on avait eu recours. Ces considérations amenèrent
(4) American journal of obstetr., 1815-16, page 138.
(2) American journal of obstetr., 1884. — Archives de tocologie, 1883.
(3) De la correction manuelle des occip.-post. persistantes. — Lyon médical, 41887.
M. Tarnier à proposer une nouvelle méthode de réduction manuelle que nous décrivons d’après son auteur (1): « Dansles positions occipito-postérieures, l’une des oreilles
: du fœtus étant en rapport avec l'éminence ilio-pectinée gau-
che ou droite et, par conséquent, facilement accessible, peut
donner au doigt un excellent point d'appui. Voici d’ailleurs
comment je procède : quand la dilatation est complète où à
peu près, jamais avant, j'introduis profondément le doigt in-
LR ="
dicateur, le gauche, pour la position iliaque droite postérieure, ° /
et je l'applique sur le côté de la tête ; puis je le fais glisser en
avant et en haut jusqu'à ce qu'il sente le rebord postérieur de l'oreille gauche sur toute sa hauteur; j'attends alors une contraction utérine, et dès qu’elle commence, ou, pour mieux dire, dès que je la sens venir, j'appuie fortement le doigt sur la tête, en le portant en même temps et avec force, mais
sans violence, du côté du pubis, puis derrière la symphyse et
enfin jusque sur le côté gauche du bassin. Pendant tout le trajet, le doigt reste appliqué sur la tête qu'il presse sans
glisser, car il est retenu par le rebord de l'oreille, et il fait.
tourner la tête avec lui. L'occiput est ainsi ramené en avant. La rotation artificielle ne doit provoquer aucune souffrance quand elle est bien faite. Dans certains cas, la manœuvre est
incomplète, et l’occiput s'arrête à moitié chemin; on active
alors le mouvement au moment de la contraction utérine suivante; mais, pour ne pas perdre le terrain qu’on a gagné, il est nécessaire de maintenir le doigt en place jusqu’à ce que pe
cette contraction se produise. ,
» Même manœuvre en sens inverse, avec l'index droit, pour les occipito-iliaques gauches postérieures.
» Après trois ou quatre essäls, si j'échoue, je n’insiste pas
(1) Annales da tocologie, 1815.
BREST ee À
davantage de peur de fatiguer les malades ; mais nombre de fois la tête à obéi à ma première tentative de rotation ue. cielle ». Hinp Nous ferons remarquer que M. Tarnier conseille ce procédé, non seulement lorsque l'arrêt du travail où une Circonstance quelconque forçait l’accoucheur d'intervenir dans l'intérêt de la mère ou de l’enfant, mais dans tous les cas d’occipito-postérieure où la rotation était lente à se faire, afin d'éviter à la femme une fatigue et une douleur inutiles. Quand on ne ferait tourner, disait-il, que des têtes qui eussent tourné. toutes seules, le temps aidant, on aurait fait œuvre utile en épargnant des heures de souffrance aux mères et aux enfants
dont on a pris charge.
Quelques auteurs ont proposé de combiner les manœuvres externes; ce sont là des méthodes qui n’ont jamais été prises au sérieux et sur lesquelles nous n'insisterons pas.
Nous terminerons ce CHADUrE par l'exposé de la manœuvre de Loviot, procédé mixte à la fois manuel et instrumental et dont nous empruntons la description à son auteur (1):
« Admettons, dit-il, une position occipito-iliaque droite postérieure dont la rotation ne peut se faire. La main gauche, le pouce excepté, graissée sur ses faces dorsale et palmaire, sera introduite dans les voies génitales dans l'intervalle de la contraction utérine, suivant la direction du canal pelvien ; non latéralement et dans une situation intermédiaire à la pronaton et à la supination, mais postérieurement en supination, de telle sorte que le dos de la main repose sur la face postérieure du conduit vaginal, le coude abaïssé de plus en plus, au fur el à mesure que la main doit pénétrer plus profondément dans le canal pelvien, pour qu'elle puisse progresser
(4) Annales de gynécologie, 1884.
dans ja direction de son axe, manœuvrant comme dans le pre-
mier temps de la version dans le procédé qui consiste à pé-
nétrer dans l'utérus en suivant la courbure vagino-sacrée. Le opérateur contourne ainsi la tête fœtale d'avant en
arrière, jusqu'à ce que la paume de la main enchâsse dans sa — concavité le pariétal postérieur.
» Pendant que la main gauche accomplit ce premier temps, la face palmaire de la main droite, largement appuyée sur la + abdominale, maintiendra le fond de l'utérus.
» La main ainsi placée, le bord radial de l'index se frayera
un ‘re entre la paroi postérieure de l'excavation et la tête,
dont elle he en avant, de droite à gauche, l'extrémité
occipitale, jusqu’à ce qu’elle puisse prendre au niveau de la
symphyse sacro-iliaque la place abandonnée par l’occiput.
» L” accoucheur a pour ainsi dire creusé la loge que doit occuper la cuiller de la branche du forceps ». ÿ
On a par ce procédé amené la tête en OIDT et souvent même en OI DA et il ne reste plus qu’à faire une application de forceps bien simple pour extraire.