‹ Contribution à l'étude des Occlusions intestinales mécaniques d'origine appendiculaireChapitre 17 sur 29 · Brides et adhérences · texte numérisé non relu

Brides et adhérences

Les brides et adhérences péritonéales, consécuîives à une appendicite, ne présentent guère de caractères constants permettant d’en donner un tableau d'ensemble. Aussi nous en tiendrons-nous, dans cette description, aux caractères les plus généraux.

Fréquence. — On est assez mal fixé sur cette question d'autant plus diflicile à résoudre que l’ancienne appendicite causale est souvent méconnue. Il semble bien cependant que ces adhérences existent la plupart du temps, après une affection même

légère de l’appendice, et persistent dans la majorité

des cas. Leur constatation au cours de l'intervention chirurgicale ou de la nécropsie, chez des malades ayant eu une ou plusieurs crises d’appendicite, nous permet de conclure à une très grande fréquence. Quant au rapport entre le nombre de ces adhérences, de ces brides, et l'intensité ou la durée de l'infection vermiculaire, il n’est pas très facile à élas

P. Gaudin 5

blir. Il semble, contrairement à ce que l’on pourrait penser tout d’abord, que les appendicites bénignes soient les plus exposées à former ces néo-membranes de défense. Ceci se conçoit bien d’ailleurs ; le péritoine, dans ces cas, peu touché, réagit avec toute son activité, tandis que dans une infection suraiguë, il est envahi d'emblée, ses forces sont surpassées, il faiblit et ne peut se défendre. Ce rapport est très important à considérer car, c’est précisément dans les appendicites qui guérissent, ou sont susceptihles de guérir médicalement, que l’on trouvera donc ces brides et adhérences, menace d’occlusion ultérieure.

La durée de l’inflammation appendiculaire est aussi à considérer, car plus elle sera longue à intensité égale, plus grand sera le nombre d'adhérences formées. Dans les appendicites chroniques où l’infection persiste latente, se réveillant par crises plus ou moins rapprochées, on constate toujours beaucoup: de néo-membranes.

Siège. — Il est très variable et en rapport avec l'évolution de l’appendicite vers la péritonite généralisée ou enkystée.

Après une péritonite généralisée, on rencontre des adhérences un peu partout dans la cavité abdominale. Mais notons en passant que cette péritonite est grave el souvent fatale. |

Au contraire, après un abcès enkysté, c'est au niveau de ce foyer qu’existeront les adhérences. Généralement, c’est au niveau du cæcum et de la fin

de l’iléon qu’on les rencontre en plus grand nombre, mais on peut en trouver bien ailleurs, car l’abcès occupe ou peut occuper, comme nous l'avons vu, des situations très diverses.

Dans l’appendicite chronique, enfin, c’est tout naturellement autour de l’appendice que l’on en trouvera davantage. Le plus souvent la séreuse péritonéale ne présente d’allérations que dans sa partie en rapport avec le vermium. Mais nous avons vu, aussi, combien le siège de ce dernier était variable.

Forme. — On observe deux types principaux : les adhérences très courtes, larges, étendues en quelque sorte en éventail ou en plaque, et les adhérences étroites, longues, généralement arrondies, et alors mieux nommées brides. Ces dernières ont une épaisseur variable; de simple tractus filamenteux, elles peuvent atteindre les dimensions d'une plume d’oie, d’un crayon. Elles sont plus ou moins blanchâtres.

Structure. — La structure des adhérences est fort variable suivant le moment où l’on en fait l'examen. Ainsi,pendant leur évolution, avant que ne soit faite leur organisation conjonctive, les brides et adhérences n'ont pas une constitution fixe. Tout d’abord exsudat fibrineux, la néo-membrane est très dilatable et d’une tension insuffisante pour maintenir et fixer une anse intestinale, pour résister à la tension et contraction de l'intestin.

Mais bientôt cette néo-membrane s’organise. Elle devient dure, fibreuse et résistante, se rétracte de

plus en plus. Des vaisseaux sanguins et lymphatiques peuvent même la pénétrer; d'où danger, car l'infection pourra y persister latente, prêle à se. réveiller à la première occasion.

Le caractère le plus important, c’est la tendance à la rétraction cicatricielle, et d'autant plus marquée que l’adhérence est plus ancienne. Nous n'insistons pas davantage sur cette structure dont nous avons dû parier dans le précédent chapitre.

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