‹ Contribution à l'étude des Occlusions intestinales mécaniques d'origine appendiculaireChapitre 5 sur 29 · I. — Occlusion par l’appendice sain · texte numérisé non relu

I. — Occlusion par l’appendice sain

Depuis longtemps, il est bien connu que l’appendice vermiculaire est capable à lui seul, tout comme les restes omphalo-mésentériques, d'interrompre le cours des matières et des gaz, en déterminant autour de l’intestin des nœuds plus ou moins compliqués. En 1850, Parise,dans une communication à la Société

de Médecine, en fixait ainsi les conditions; il faut:

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« 1° Que le diverticule soit assez long pour se nouer autour de l'intestin ; °° que son extrémité soit assez large pour se dilater en ampoule et maintenir la fixité du nœud. Cette ampoule fait l’office d’un boulon, ou mieux d’un nœud solide que l’on fait sur l’un des chefs d’un nœud coulant pour en assurer la solidité. »

Si l’on consulte les anatomistes, on voit que la première condition se trouve parfois réalisée. Poirier signale des appendices de 20 centimètres (Gegenbaur); 21 centimètres (Ribbert); 22 centimètres (Cruveilhier); 23 centimètres (Luschka) ; 24 centimètres (Georgieff). Béra relate le cas trouvé par Emerson-Brewer; il s'agissait d’un appendice mesurant 95 centimètres. Mais normalement et dans la majorité des opérations ou autopsies, on trouve des appendices de 6 à 9 centimètres tout au plus.

Quant à l’ampoule terminale, seconde condition exigée et que nous admettons aussi comme nécessaire, aucun traité ne la signale, même à l’état de rareté. On pourrait admettre, il est vrai,que l’appen-, dice sain est susceptible de se dilater, sans processus inflammatoire, par le fait d’un corps étranger,

d’un noyau de cerise par exemple,excitant les glandes

et produisant ainsi une sorte de kyste muqueux. Mais, comme nous le verrons, il s’agit la plupart du temps ici d’appendice chroniquement enflammé.

On ne peut, certes, nier théoriquement ce genre d'occlusion. Mais on comprend de suite combien il doit être rare, en songeant aux multiples conditions

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qu’il exige. L’appendice sain, recouvert sur tout son + pourtour d’une muqueuse polie et glissante, formera

difficilement un nœud capable de résister à la distension et contracture des parois intestinales. Et en fait, toutes les observations publiées comme type d’occlusion par l’appendice vermiculaire sain, ne semblent pas très démonsiratives, Ce sont les observations I, II, IIf, antérieures à 1859, empruntées à Duchaussoy, et deux autres IV et V, publiés en 1872.

Or à cette époque, l’appendicite et ses complica-

tions n'étaient guère connus. Et de plus, et suivant de près ces observations, on ne tarde pas à remarquer qu’en réalité l’appendice y était plus ou moins altéré, enflammé, adhérent,

Il n’est pas superflu, du reste, d’ajouter que depuis quelque vingt-cinq ans, depuis que l’appendicite et ses complications nous sont apparues, sous un jour tout nouveau, plein de lumière et de clarté, grâce à de très intéressants travaux, on ne trouve plus une seule observation relatant l’étranglement de l'intestin par un appendice sain.

Les cinq observations que nous allons citer de suite, ont été données comme type d’étranglement par l’appendice sain, et c’est à ce tire que nous les plaçons ici, mais en réalité, ce sont des exemples d’occlusion par un appendice altéré et seraient mieux

plus loin.

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