‹ Contribution à l'étude des os vrais du poumonChapitre 11 sur 19 · VD · texte numérisé non relu

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De prime abord, nous avons pu constater sans hésitation qu'elles n'avaient aucun rapport avec les cartilages des bronches. Pour ce qui concerne les vaisseaux, nous avons fait les observations suivantes : d'abord, ayant affaire à un poumon atteint de sclérose interstitielle, surtout interlobulaire, tous

Fic. 3.

les vaisseaux d'un certain calibre nous ont apparu avec une adventice scléreuse très épaissie ; comme, d'autre part, nous avons vu que les plus petites et les plus imparfaites des formations osseuses rencontrées sont dans ce poumon constamment prises dans les îlots et traînées scléreuses, nous avons fréquemment rencontré ces formations au voisinage des vaisseaux ; mais, néanmoins, elles étaient toujours à une certaine distance de ceux-ci. Les deux tuniques vasculaires les plus internes étaient intactes, seule l'adventice présentait l’épaississement

moine signalé; et c'est alors en dehors de cet adventice comme appendues, quelquefois même paraissant en irradier, que nous avons vu les formations osseuses. Donc, elles ne sont avec les vaisseaux que dans les mêmes rapports que la sclérose interstitielle, interlobaire et interlobulaire, rien de plus. Nous avons fait représenter ce fait dans notre figure IV, où les rapports

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de la bronche cartilagineuse, de l'artère pulmonaire et d’une aiguille osseuse sont sincèrement pris d’après nature:

Le picrocarmin, sur des pièces décalcifiées et dans ces cas où les formations osseuses se présentaient parfois très métatypiques, comme ordination, ne nous donnait peut-être pas avec toute la netteté désirable les belles figures arborisées des bras des corpuscules osseux ; nous avons dû avoir recours au triacide d'Ehrlich, mais surtout à la thionine phéniquée, qui nous a donné de très belles figures, d'autant plus aisées à observer que, par ce colorant, l’osséine n'étant pas du tout imprégnée, les corpuscules osseux se détachent isolément, colorés sur un fond légèrement jaunâtre, uniforme.

Quant aux lésions du parenchyme pulmonaire lui-même, elles sont très marquées, mais sont certainement à leur summum dans le fragment suivant, que nous avons étudié de même façon. Nous renvoyons donc leur étude au paragraphe

qui suit.

B. Autre fragment de la base avec arborisations osseuses. — Sans nous arrêter à nouveau à la description des formations osseuses rencontrées sur les coupes de ce fragment, disons cependant que nous en avons vu là d'aussi parfaites, mais toutes situées immédiatement sous la plèvre épaissie, donc loin de toute bronche ou de toute branche de l’artère pulmonaire d'un certain calibre.

La plèvre présente un épaississement scléreux intense, fortement vascularisé ; elle émet, par sa face profonde, des coins scléreux, irréguliers, festonnés, qui pénètrent plus ou moins profondément dans le poumon. Il en part aussi des traînées scléreuses, épaisses, qui filent droit vers la profondeur, sortant des limites de la coupe, et qui sont sûrement des cloisons interlobulaires. Ces coins et ces traînées scléreuses offrent une vascularisation tout à fait exagérée et anormale ; par place, on dirait un véritable tissu caverneux, tellement les vaisseaux deviennent prédominants sur le tissu conjonctif qui les entoure.

Tous les vaisseaux, artérioles ou veinicules du parenchyme alvéolaire offrent leur cercle scléreux périphérique coloré en rouge.

Les parois alvéolaires sont elles-mêmes épaissies, infiltrées de cellules rondes, prises dans la paroi sur deux ou trois rangées. Enfin, de nombreuses cellules rondes, libres, à protoplasma abondant, souvent chargé de pigmentations verdâtres où de fins grains noirs, remplissent les cavités alvéolaires, quelquefois jusqu'à en occuper toute la lumière.

En somme, la pneumonie interstitielle à point de départ pleural, interlobaire et interlobulaire, cloisonnante ou aréolaire de Charcot, est évidente, ainsi qu'un état de desquamation catarrhal des cavités alvéolaires,

ET Enfin, il n’est pas rare de rencontrer des bronchioles dépourvues d'’îlots cartilagineux, dilatées avec survascularisation de leur paroi. L'état de leur muqueuse n'a pas été observable,

nous n’en avons pas rencontré que les manipulations longues de la décalcification aient laissé en place.

C. Petite plaque du bord postérieur, au-dessus de la scissure supérieure. — Nous nous sommes arrêté assez longuement à l'étude histologique des coupes de ce fragment, parce qu'elles nous ont paru montrer définitivement que le tissu osseux apparait et se forme dans les îlots scléreux de date plus ancienne.

Cette petite plaque, à l'œil nu, ne dépassait pas les dimensions d’une pièce de 50 centimes, quand on la regardait de la plèvre, et, en épaisseur, elle n’excédait pas 5 millimètres. Sur la coupe, elle apparaît comme une tache rouge semi-lunaire, pénétrant dans le poumon par la convexité du croissant. N'était l'apparition d’édifications osseuses au microscope, elle a tout à fait l'aspect d'un gros tubercule guéri, fibreux et fortement anthracosique.

Ce qui est intéressant, pour l'étude que nous avons entreprise, c'est que les lamelles d’osséine, faisant là des systèmes parfaits avec canal central, ont, en se développant, englohbé les grains d’anthracose, qui sont restés interposés entre les lamelles comme les corpuscules osseux, bien que très aisément différenciables de ces derniers. Les fibres conjonctives se continuent insensiblement avec les lamelles d’osséine, ou passent insensiblement des unes aux autres, y trouvant la même imprégnation d’anthracose. Pour les espaces médullaires délimités par les lamelles osseuses, il est curieux de voir qu’ils con: stituent les parties les moins scléreuses de la formation, ils ne sont pas bourrés de cellules graisseuses, mais de cellules rondes, la plupart fortement chargées de fins grains noirs.

Cette ossification d'un nodule scléreux représentant fort probablement un tubercule ancien guéri nous semble être fortement en faveur de l'apparition du tissu osseux dans les points, trainées ou îlots de sclérose ; impression que l’on a, d’ailleurs,

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partout, dans l'étude de ce cas, quelles que soient les coupes que l'on considère.

D. Point crétacé du sommet. — Ce fragment avait été prélevé surtout pour avoir la démonstration de l'impression que nous avions eue à l'œil nu ; nous avions pensé à un gros tubercule calcifié et non ossifié. Or, la décalcification nous a montré que toute imprégnation calcaire avait disparu et que, dans ce point, il ne subsistait aucune constitution osseuse.

Données ét'ologiques.

Les données étiologiques paraissent extrêmement peu précises. En cherchant dans les observations les affections dont étaient atteints les malades, nous avons trouvé 7 fois la tuberculose évidente ; 3 fois le mal de Bright est signalé ; 2 fois les malades étaient cancéreux : dans un cas, 1l s'agissait d’un tabétique. Une seule chose paraît ressortir, c'est que les malades étaient toujours atteints d’affections pulmonaires chroniques. En effet, outre les cas où la tuberculose était nettement signalée (cas assez fréquents si l’on tient compte que les observateurs ne donnent pas tous ces détails), on trouve toujours des lésions anciennes, soit de bronchite chronique, soit d'emphysème et symphyses pleurales étendues : quelquefois des cicatrices des sommets. Les sujets ont fréquemment des antécédents pulmonaires manifestes et nombreux.

D'ailleurs, l’âge est généralement très avancé : sur les 23 cas que nous avons rassemblés, l’âge est signalé 19 fois et ces cas sont répartis de la manière suivante :

Y — De 24 ans à 30 ans De 30 — à 50 — De 50 — à 60 — DICO RATIO RE, Aer de 702408. =". +, 2" —

Nous ferons remarquer, en outre, que les 4 cas dans lesquels l’âge était mférieur à trente ans sont les quatre cas de forme tubéreuse. L'âge le plus faible de formations ramifiées et diffuse est de quarante-sept ans (obs. de Triboulet).

Au point de vue du sexe, nous avons trouvé une fréquence plus grande chez les hommes, dans la proportion de quatorze hommes pour six femmes, dans les vingt cas où le sexe était signalé. |

fois.

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