chapitre sur le mécanisme de la glyco-régulation
Pour expliquer notre manière de voir, nous citerons une comparaison de Baudouin. Cet auteur compare l'équilibre glycémique à celui que présente une balance qui porterait sur un plateau les surrénales, la thyroïde, l’hypophyse, etc., bref, tout le système hyperglycémiant, et sur l’autre Le système hypoglycémiant; dans les conditions normales, le fléau est horizontal, l’aiguille est au zéro du cadran. Reprenant cette comparaison, nous ferons remarquer que lorsqu'on effectue une pesée avec des balances de précision, sensibles au 1/10 de milligramme, il est difficile de maintenir l’aiguille au zéro du cadran, la moindre vibration, le moindre courant d’air, viennent détruire l’équilibre et font osciller l'aiguille autour du zéro. Transposant cette idée dans le domaine qui nous intéresse, nous pensons que, pour des causes qui restent à préciser, un des deux systèmes dont nous
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avons parlé plus haut l’emporte un instant, et le sang se charge où s’appauvrit en sucre, immédiatement les centres nerveux excités mettent en marche le système antagoniste dont la réaction est souvent trop forte et dépasse son bu; les centres sont à nouveau excités et à nouveau mettent en jeu le système antagoniste. Ces deux systèmes deviennent, prépondérants tour à tour, et ainsi on peut expliquer Île caractère rythmique des oscillations spontanées. Il n'existe jamais un équilibre parfait entre les deux systèmes; l’un ou l'autre est momentanément prépondérant, et cette prépondérance momentanée de l’un entraîne, ipso faclo, une réaction trop forte de l’autre; ainsi, par cerele vicieux, par une série de perpétuels chocs en retour, s'expliquent ces oscillations de la glycémie.
D'une façon générale les quelques recherches poursuivies sur ce sujet confirment nos propres résultats, et ces oscillations glycémiques ont été notées par plusieurs auteurs qui ne les ont pas systématiquement étudiées et n’en ont pas toujours dégagé la valeur. Cependant Neumark, qui a étudié la glycémie au cours des états de choc, note chez certains sujets à prédominance sympathicotonique après des injections intraveineuses de fortes doses de novarsénobenzol ou des auto-injections intravasculaires de sang d’amples oscillations pouvant aller de 0,20 à 1,20, alternant rythmiquement. L’ampleur de telles oscillations est le fait d’un gros déséquilibre du système nerveux végétatil qui succède à l’état de choc. | |
Chez les diabétiques à jeun, nous avons vu que les oscillations existaient, qu'elles ont une amplitude égale à celle trouvée chez l'individu normal si l’on considère seulement leur valeur absolue, beaucoup plus faible si on les envisage en fonction de la glycémie. On aurait pu croire a priori que, chez ces malades, la prépondérance du système hyperglycémiant empêchait toute oscillation de la glycémie; ou bien, au contraire, on pouvait se demander s’il n'existait pas de irès grandes variations de la glycémie capables d'expliquer
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es discordances souvent notées entre le taux du sucre du sang el la quantité de sucre éliminé dans les urines. En réalité, les oscillations de la glycémie persistent chez les diabé- | tiques et, mis à part le taux élevé de cette dernière, tout se passe comme chez les sujets normaux. Par contre, chez ces mêmes diabétiques après injection d'insuline, nous n'avons pour ainsi dire pas trouvé d'’oscillations. Lorsqu'on injectede l'insuline à un diabétique, on remplace artificiellement l'action du système hypoglycémiant; mais alors que le système hypoglycémiant exerce son action périodiquement (comme nous le montre le caractère rythmique des oscillations chez le sujet normal), l’insuline injectée exerce son action de façon continue. Dans les conditions où nous nous sommes placé, c’est-à-dire trois heures après l'injection d’insuline et le repas, nous n’avons pas enregistré l’hyperglycémie précoce qui suit normalement l'injection d'insuline; les malades, au moment où nous les examinions, conservaient pendant deux ou trois heures une glycémie stable et pour ainsi dire sans oscillation. Tout se passait comme si l’insuline avait pour un temps bloqué le système hyperglycémiant. L'action de ce système était neutralisé par l'insuline ‘elle-même, sans qu'il y ait réponse du système hypoglycémiant qui, chez les diabétiques, est pratiquement détruit.
Ainsi nous essayons d'interpréter le résultat de nos recherches sur les oscillations spontanées de la glycémie. Si, Sans rien affirmer absolument, nous avons cru en voir le mécanisme probable, jamais nous n’aurons pu en saisir les causes; notre petite étude laisse donc beaucoup de points obscurs. Nous souhaitons vivement que quelqu'un reprenne ces recherches et puisse les préciser.