‹ Contribution a l'etude des ossifications post-traumatiques de la hancheChapitre 10 sur 20 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Etienne FAUvEL. Thèse de Paris 1927.

(Observation recueillie à l'hôpital Laennec dans le service de M. Auvray)

11 s'agit d’un jeune homme de 23 ans, exerçant la profession de garçon de magasin. entré le 5 novembre, pour des douleurs spontanées qu'il localisait à la partie postérieure de la cuisse, et à la région fessière droite. Ces douleurs étaient plus accusées dans la station debout et pendant la marche.

Le malade fait remonter les débuts de ces troubles à l'année 1919. A cette époque il fit une chute: il tomba d'un train en marche, sur la région fessière droite, la jambe en flexion. Il ressentit une vive douleur dans la fesse à ce moment là, mais put néanmoins se relever et reprendre son travail.

Quelques mois après, les douleurs réapparaissant au niveau de la gouttière ischio-trochantérienne, surviennent pendant la marche et obligent le malade à s'arrêter de temps en temps. Depuis lors, ces douleurs ont persisté et sont allées en s’accentuant, s’irradiant dans tout le membre, empêchant le sommeil, mais se calmant par le repos prolongé.

Une radiographie pratiquée le 8 novembre permet de distinguer une exostose en forme de canine. de la Srosseur dune noisette, et siégeant sur la face externe de la branche ascendante de lischion.

On fait l’ablation de cette exostose à la gouge et le malade sort le 24 novembre guéri.

ETUDE. CLINIQUE DES OSSIFICATIONS POST-TRAUMATIQUES

Définition. — On appelle ossifications post-traumatiques des formations osseuses, en tous points semblables à l’os normal, qui se développent dans les muscles, les tendons et même dans le tissus conjonctifs, consécutivement à un iraumatisme.

Etiologie. -- 1’après leur étiologie, on peut distinguer ces ossifications en deux grands groupes:

1° Les ossifications traumatiques; 2° Les ossifications non traumatiques.

Seul le premier groupe de ces ossifications pathologiques nous intéressera dans notre travail.

Les traumatismes qui sont à l’origine de ces ossifications peuvent être d'intensité et de fréquence variables. Les ossifications décrites par les auteurs allemands, chez les cavaliers et chez les fantassins (Reiter knochen, Exercier knochen), sont dues à des traumatismes légers mais souvent renouvelés. D’autres sont consécutives à de gros traumatismes tels que coup de pied de cheval, chute violente de corps lourds sur une partie du squelette, chute de lPindividu. On observe fréquemment des cas d’ossifications pathologiques à la suite d’entorses, de luxations. Peut-être dans ces deux derniers exemples faut-il accuser les massages intempestifs pratiqués sur les entorses, ou les réductions des luxa-

me.

tions. L’ostéome du brachial antérieur consécutif à la réduction d’une luxation du coude esi en effet très connu.

Cette étiologie purement traumatique explique la rareté des observations d'ossifications péri-coxo-fémorales. L'articulation de la hanche paraît, en effet, moins exposée aux {raumatismes que les autres articulations ; elle se luxe moins facilement et les accidents qui y peuvent survenir sont moins fréquents qu'au coude, au genou ou à l'épaule par exemple. Le genou paraît être l'articulation la plus fréquemment atteinie et le nombre des observations d'ossifications de cette région augmente avec la pratique de sports tels que le football et Ie ski.

Combien de temps après le traumatisme apparaissent ces ossifications ? GROBERT et PEREZ citent deux cas d’ossifications posi-traumatiques: l’une, la plus importante par son étendue de 17 cm., siégeait au niveau du crural chez un jeune homme de 18 ans, et survint { mois après un coup de pied reçu pendant un match de football.

L'autre au niveau du vasie externe, chez un cuvrier agricole apparut 3 semaines après un coup de pied de cheval.

AGRIFOGLIO a observé une ossification fraumatique paraarticulaire de la main survenue 6 mois après le traumatisme initial (chute de 5 m. sur la main).

Nous avons vu par l'observation n° 2 que seulement 1 an après la blessure on constata la présence d'une ossification. Dans l'observation n° 3, lossification n'apparut que 14 mois après le traumatisme.

Chez notre malade observé dans le service de M. le Professeur MassABuaU, l’ossification ne devint apparente et ne provoqua des troubles de la marche que longtemps après le traumatisme (plus d’un an).

D’après ces diverses observations, nous pouvons conclure

que pour qu'une ossification s’installe après un traumatisme

ÉACe

il faut un délai minimum de 3 semaines à À mois. Bien entendu, ces ossifications peuvent apparaître beaucoup plus

tard dans l’année ou les deux ans qui suivent le traumalisme.

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