LES
Hanche gauche. - Déformation en crosse, Tumeur, soulèvement de la région inguinale gauche, qui a remplacé le pli inguinal. Tuméfaction de la région trochantérienne.
On sent à la palpation une plénitude de la région inguinale à ce niveau. A deux travers de doigts, en dehors de l’artère fémorale et au-devant de la branche ischio-pubienne, on sent une masse dure, irrégulière, immobile dans les mouvements du membre inférieur, et qui semble bien être la tête fémorale.
Le triangle de Scarpa est dépressible partiellement. ;
La palpation jusqu'ici n’a pas révélé de crépitation osseuses, et elle n’a pas été douloureuse.
On sent le grand trochanter déplacé en arrière et enhaut par rapport à sa position normale. Au-dessus de lextrémité du grand trochanter, on perçoit une crépitation nette dans les mouvements de la hanche.
Mensurations:
M. I. G.{82 cm.5 épine » malléole 79 em. ME L D. 73 em.5 trochanter »55-+ malléole 73 cm. 5!
Mouvements provoqués du membre inférieur gauche: Flexion : 90 Abduction : 30°.
Adduction : à peine ébauchée.
De plus, l’abduction et ladducticn sont douloureuses.
Un premier examen radiographique est fait le 20 mai 1932. On constate à la hanche gauche, une fracture du sourcil cotyloïdien, une subluxation de la tête fémorale avec peul-Ctre, un trait de fracture sur son bord inférieur.
La tête fémorale est très déformée, aplatie, avec modif: cation de son architecture osseuse (coxarthrie?). La eav'i cotvloïde est déformée aussi, le toit est éculé.
Le 26 mai on installe une extension continue des detx
membres inférieurs.
HD 2e
Un deuxième examen radiographique, pratiqué le 29 juin 1932, montre une déformation de la tête fémorale: coxa plana; un raccourcissement apparent du col par rotation externe de la cuisse. On constate toujours une subluxation de la tête fémorale, un cotyle à double fond. De gros estéophytes se voient sur le sourcil effacé.
L'architecture osseuse est modifiée au niveau de la tête et du cotyle.
Radiographiquement, on penserait à une .subluxation avec coxarthrie, peut-être consécutive à un traumatisme ancien. Sur nos clichés, rien n'autorise pour le moment à ‘penser à une tumeur osseuse radiographiquement décelable.
Le 5 juillet 1932, on supprime l'extension et on décide d'opérer ce malade avec le diagnostic préopératoire de: fracture du col du fémur gauche. Subluxation de la hanche; hyperostoses articulaires. sarcome ?
L'opération est pratiquée le 7 juillet 1932 sous anesthésie générale à l’éther. On fait une incision verticale audessus et au-dessous de l’arcade de Fallope. L'intervention se réduit à une biopsie, c’est-à-dire à la résection d’une digitation osseuse, spongieuse, incluse dans le muscle droit antérieur, et fortement adhérente par la large pédicule au bord antérieur de l’os coxal.
Une troisième radiographie, pratiquée après l’opération, montre une subluxation de la tête fémorale, avec des proliférations considérables de l'architecture osseuse du fémur et de los coxal (hyper-calcification).
La rotation externe est assez marquée. La fracture paraît bien consolidée. En résumé, à l'heure actuelle, ce qui frappe surtout, c’est la subluxation et la coxathrie.
Au cours des moins de septembre et octobre, on fait à ce malade des séances de radiothérapie profonde.
A la date du 20 décembre, on constate:
Ut PES
Une attitude vicieuse corrigée en adduction légère ;
Une rotation externe corrigée.
Mouvements provoqués:
Flexion : HO Abduction : 80°.
Adduction : limitée.
La mobilisation passive n’est pas douloureuse, mais elle détermine des craquements en sac de noix au niveau de l'articulation coxo-fémorale.
Les hyper-productions cervico-trochantériennes ne se sont pas reproduites. La trophicité musculaire est meilleure. La marche se fait sans canne. La démarche est salutante. Il persiste de la fatigabilité; en effet, tous les 200 mètres, le malade est obligé de se reposer.
Examen histologique de la pièce enlevée. —— La décalcification du fragment n'étant pas complète, lies coupes histologiques n’ont pu être effectuées dans toutes les rigueurs désirables. Néanmoins, il est permis d'avancer que l’on se trouve en présence d’un tissu conjonctivo-vaseculaire, au sein duquel se trouvent des travées de tissu ostéoïde en voie de transformation osseuse. D'ailleurs, suivant les points de la coupe considérée, on observe tantôt des signes d’ostéite condensante, tantôt des signes d’ostéite raréfiante.
Aucune trace de transformation maligne.
Signé: M. GUIBERT.
Le taux de la calcémie chez ce malade était'de 126 mil-
ligrammes par litre de sérum.