ROME
noyau apophysaire, par le cartilage ou par la région diaphysaire voisine ? A-t-on affaire à une ostéite juxta-apophysaire ? Comme le fait remarquer M. Pollosson, noyau apophysaire et région juxta apophysaire sont tous deux malades sans qu’il soit ordinairement possible de reconnaître le point de départ exact de l’inflanmation. Comme dans les ostéites juxta-épiphysaires où les lésions siègent au niveau du bulbe de l’os décrit par Lannelongue, à la hmite diaphysaire du cartilage de conjugaison, de même ici le point de départ parait être au niveau du point où apparaît los nouveau. C’est une raison de plus pour rapprocher cette apophysite des ostéomyélites de croissance.
Cette inflammation à pour résultat une exagération de l’ostéogénèse : elle retentit sur le périoste et les cellules osseuses embryonnaires, d’où il résulte une hyperostose définitive. Telle est l’opinion de la majorité des auteurs. Pour Gosselin, le point de départ serait périostique ; mais dans les différentes observations il semble que la réaction périostique a suivi, parfois même d’assez loin le début de l'affection. Curtillet, dans une intervention, trouve en allant de la superficie à la profondeur : une coque d’os périostique de nouvelle formation, très vasculaire, puis de l’os nouveau dont les mailles contiennent une moëlle sélatineuse, L’ossification s’est produite au niveau du cartilage de conjugaison, constituant une soudure prématurée de l’apophyse.
Des observations citées on peut conclure que le pont de départ de l’ostéite siège à la limite du noyau apophy-saire et du cartilage de conjugaison. Ce n’est que secondairement que le périoste réagit et que l’épiphyse est en-
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vahie dans les cas où l’affection a évolué ; quant à la diaphyse elle est intacte.
2° Formes suppurées
A côté de ces formes anatomo-pathologiques, de cette ostéite plastique décrite par Poncet, il existe des formes suppurées. Elles étaient considérées comme fréquentes par Lannelongue. La plupart des auteurs les disent rares, et, de fait, il nous a été difficile d’en réunir quelques observations.
Dans ces cas l’évolution se fait vers la raréfaction osseuse. Les canalicules osseux dilatés perdent de leur substance, les trabécules perdent de leur solidité. Peu à peu les espaces intertrabéculaires augmentent et se remplissent de pus. De petites esquilles peuvent se détacher et s’éliminer avec le pus, l’abcès étant ouvert à l’extérieur. En dehors on peut trouver le périoste décollé, avec abcès sous-périostique. Il est fréquemment épaissi. Les parties molles elles aussi participent à l’inflammation et laissent la collection s'ouvrir au-dehors,
Dans un cas de M. Pollosson, l’apophyse était dénudée et creusée en cupule autour de laquelle il existait un épaississement du périoste; il n°v avait pas de séquestres. Une observation de Lannelongue note l'issue du pus à l’extérieur ; le trajet aboutissait à la tubérosité antérieure.
Dans l’observation que nous rapportons, le processus de raréfaction est poussé beaucoup plus loin; il existe une cavité se prolongeant jusqu'au creux poplité en arrière, elen haut jusqu'au voisinage de l'articulation du genou.
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Gette cavité contient du pus blanc, bien lié, dans lequel on retrouve (és débris de membrane pyogène.
Propagation de l’inflammation
Elle peut se faire en des directions variées :
1° Indépendamment de la réaction se manifestant à l'extérieur par l'irritation du périoste et l’hyperostose fréquente, la propagation à l'extérieur peut, en cas de suppuration, aboutir à une fistule cutanée avec écoulement de pus.
2° L’inflammation peut envahir l’épiphyse, atteindre l'articulation du genou et donner une arthrite purulente. Dans l’observation de Lannelongue la surface articulaire était largement ulcérée et il existait ‘d'autre part une ouverture à l'extérieur, au niveau de la täbérosité antérieure du tibia. Le trajet renfermait des fongosités.
3° A côté de ces lésions par envahissement articulaire on peut voir une simple réaction du côté de l’articulation. Dans notre observation la ponction donna issue à un liquide séreux un peu trouble dans lequel l’examen ne décela aueun microbe. L'intervention montra que les lésions d’ostéite n'avaient point atteint l'articulation. L'examen radioscopique avait permis de constater des lésions réactionnelles du côté du fémur constituées par de
ostéoporose.
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