OBSERVATION XVII
Contribution à la Casuistique des Tumeurs nasales Volumineux Ostéome de l'Ethmoïde
Par le Docteur STAZZA, spécialiste pour les maladies du nez, de la gorge el de l'oreille, à l'hôpital Saint-André, de Gènes.
B. C., 38 ans, d'Isoverde, se présente à la consultation rhinologique de l'hôpital Saint-André, pour une déformation considé-
ARS rable de la fosse nasale gauche, et une occlusion complete de la narine du même côté.
L'examen objectif démontre à gauche, extérieurement, une déviation très prononcée de l'aile du nez et de la partie dorsale lui faisant suite; à l’intérieur, la présence d’une tumeur remplissant complètement la fosse nasale, et ayant l'aspect d’un myxôme ordinaire. À droite, le résultat de l'examen est négatif, sauf une déviation marquée de la totalité de la cloison. Avec la sonde, on reconnait que la tumeur est de consistance osseuse et qu'elle est fortement fixée dans la narine. Il est donc impossible d’en préciser les limites et le point d'implantation.
La muqueuse la recouvrant est atrophiée danssa portioninterne, et semble d’une coloration blanchâtre. presque tendineuse, mais, dans sa partie libre, elle est au contraire hypertrophiée et a l'apparence des polypes communs. On remarque l’absence de tout désordre fonctionnel, dépendant de l'organe visuel, qui n'offre rien de remarquable, non plus qu’au point de vue objectif. Nulle trace de phénomènes douloureux ni d’autres troubles subjectifs.
Jamais d'hémorragie. A la palpation on ne trouve pas de glandules
lymphatiques infiltrées dans le cou
L'affection a évolué de la manière suivante : depuis des années, le malade remarquait que sa narine gauche s'obstruait petit à petit, mais il y prêtait fort peu d’attention, croyant que c'était le résultat d’un coryza tenace.
C’est seulement depuis environ une année qu'il commença à s'en préoccuper, au moment où la tumeur devint visible à l’intérieur du nez, et quand la déformation nasale s'accusa.
Le diagnostic était facile. En présence d'un néoplasme de cette consistance, ayant évolué aussi lentement, et vu l'absence de tout phénomène de dégénérescence et de métastases, il n'y avait pas a diagnostiquer autre chose qu'un ostéome nasal.
Le point d'implantation était difficile à préciser, mais en dehors de la cloison on ne pouvait songer qu'à la branche ascendante du maxillaire supérieur, et plus vraisemblablement à l'ethmoïde, qui, ainsi que nous l'enseigne la clinique, est le siège de prédilection de ces tumeurs.
On était surtout porté à incliner vers cette hypothèse ; étant donné que s’il s'agissait d’une tumeur de la branche ascendante du maxillaire, la déformation du nez et de la face devait survenir en premier lieu et être plus manifeste.
Chez ma malade, soit qu'elle n'ait pu entrer à l'hôpital, parce qu’elle n'était pas née en Ligurie, soit parce qu’elle nous pria de lui éviter une cicatrice sur le visage, nous nous sommes bornés à la destruction, par la voix nasale normale, en deux séances, au moyen de la pince à bords coupants.
Mer: