‹ Contribution à l'étude des ostéomes de l'ethmoïdeChapitre 6 sur 48 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'ostéome, tumeur qui atteint de préférence les os du crâne, les maxillaires et les extrémités épyphisaires des os longs, est très rare, relativement à la fréquence des autres tumeurs; des ostéomes de la tête, celui de l’ethmoïde est certainement le moins fréquent.

- Il n'existe que très peu d'observations traitant de l’invasion du nez par cette tumeur. On lit dans le traité de von Bergmann : « Les ostéomes de l’intérieur du nez, si toutefois il y en a, sont très rares et ont les mêmes propriétés que ceux des cavités accessoires ».

Lannois écrit de même dans son excellent Traité d’otorhino-laryngologie : « Les ostéomes de la cavité nasale proprement dite sont extrêmement rares ; Heymann n’en a jamais observé et la majorité des oto-rhino-laryngologistes peut faire la même déclaration ». |

Nous n'avons pu, pour notre modeste part, recueillir qu'un nombre restreint d'observations rapportant des cas d’ostéome des fosses nasales à point de départ ethmoïdien. Ce sont celles de Tillmans en 1885, Strazza en 1899, Laurens en 1899, Lemère en 1906, Wiegmann en 1907, Lombard en 1908, Denis et Vacher en 1913, Escat et Bonzoms en 1913, Gavello en 1922, Fallas en 1922, en tout dix observations seulement. Si nous ajoutons à ce total les cas où la tumeur s’est développée à la fois dans l'orbite et dans les fosses nasales (obser-

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vations de Knapp en 1884, Frank en 1884, Vohsen er 1890, Marx en 1908, Lagrange en 1909, Beyer en 1913, Prada en 1919), le total des observations publiées sur cette affection s'élève à dix-sept.

Le professeur Gavello, en 1922, n’en signalait en tout que huit cas. Dans un article paru la même année dans les Archives de Laryngologie, le docteur Fallas, de Bruxelles, s’arrêtait au même chiffre.

On trouvera groupées au chapitre spécial qui leur est réservé, toutes les observations que nous venons de signaler; nous les avons rapportées, alors même que leur relation ne présentait aucun intérêt spécial, car il nous a paru nécessaire de fournir cette preuve matérielle de la réalité de leur existence.

Les cas d’ostéomes de l’ethmoïde propagés dans l'orbite sont en plus grand nombre. En 1900, Dubar signale dans sa thèse qu'Andrews, de New-York, passe en revue trente-deux cas d’ostéomes à point de départ ethmoïdien dans un article du Medical Record de 1885. Or, Andrews, qui rapporte une observation personnelle d'ostéome de l’ethmoïde, ne signale en réalité, en plus du sien, que trois cas d’ostéomes d'origine réellement ethmoïdienne : deux de Maisonneuve, publiés en 1853 et 1863, et un de Knapp. Dans les vingt-huit autres, il s’agit tantôt de tumeurs osseuses de l’angle interne de l'œil, mais à point de départ sur l’os ou dans le sinus frontal, tantôt d’ostéomes d’origine sphénoïdale.

Nous avons recueilli vingt-deux observations d’ostéomes de l'orbite dont l'origine ethmoïdienne ne fait pas de doute.

Il nous manque malheureusement celles que publièrent : Bornhaupt, Burow, Guisez, Sieur, Olivier, Gault, et certainement d’autres encore. Nous croyons toutefois que Le chiffre total des observations publiées sur ces tumeurs, qu'elles se soient développées dans l'orbite, les fosses nasales, ou dans ces deux cavités en même temps, ne dépasse pas cinquante.

La première observation, où il est parlé de l'origine

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ethmoïdienne d’un ostéome de l'orbite, est certainement celle que Maisonneuve publia en 1853.

Avant l'ère de la radiologie, le point d'implantation d'un ostéome sur le squelette ne pouvait être révélé que par l'opération. Or, le premier fait d'intervention chirurgicale sur ces Lumeurs est mentionné dans Lancet, de 1831, et encore s’agit-il d’une extrpalion partielle. Pour voir tenter l'extirpation totale d’un ostéome de l'orbite, il faut arriver à 1859, époque à laquelle Braïnard opère avec succès un homme, porteur à l'angle interne de l'orbite d’une tumeur osseuse (American Journal of Médical Science, 1852). Il ne faut donc pas nous étonner de ce qu'aucun cas d’ostéome de l’ethmoïde n'ait été rapporté avant cette époque.

Busch, en 1854, opère une jeune paysanne d’une tumeur osseuse, dont il signale le développement aux dépens de l'os ethmoïde.

En 1856, Windsor trouve chez une femme de 24 ans, à la partie supéro-interne de l’orbite, une tumeur dure qui, après extirpation totale, révéla que son point d’implantation, inégal et rugueux, était sur l’ethmoïde.

En 1863, Sidney Jones, après une opération laborieuse, extrait, chez un homme de 48 ans, une tumeur dont le pédicule adhérait à l'ethmoïde.

Nous devons à Maisonneuve, en cette même année, une deuxième observation rapportant un cas identique à celui qu'il relata en 1853.

Ces résultats heureux encouragèrent les chirurgiens dans la voie de l'intervention sanglante, mais les années 1864 et 1865 vinrent considérablement refroidir cette ardeur d'intervenir. En effet, pendant ces deux ans, Knapp opère deux jeunes gens de 14 et 17 ans, atteints de tumeur osseuse à l’angle supéro-interne du rebord orbitaire. Après l’extirpation totale, des phénomènes cérébraux éclatent et emportent les deux malades. (Tchilinghiroff.)

Et, pour la même raison, qui fit que rien sur ce sulet ne fut publié avant 1853, nous manquons totalement de

Se ES toute publication sur les ostéomes de l’ethmoïde, de 1865 à 1884. Pendant toute cette période, l'opération des tumeurs osseuses est considérée comme dangereuse. Ce n’est qu’en 1884 que le même Knapp, dont deux malades succombèrent des suites de l’opération qu'il leur avait fait subir, publie un cas d’ostéome de l’ethmoïde, développé à la fois dans les fosses nasales et la cavité orbitaire, chez une femme de 45 ans. Pas plus heureux que dans les deux cas rapportés plus haut, il voit sa malade succomber d’une méningite purulente aiguë.

La même année, Frank opère avec succès un ostéome, dont le point de départ était l’os ethmoïde, développé dans le nez et les fosses nasales.

En 1885, Tillmans publie un travail dans lequel il conclut que la précocité du développement des alvéoles ethmoïdales est la cause de la prédominance, dans l'orbite, des ostéomes de l’ethmoïde. A la même époque, il rapporte un cas de cette tumeur développé dans les fosses nasales et les sinus frontaux d’une femme de 53 ans. A partir de ce moment, les observations d’ostéomes de l’ethmoïde se multiplient; plus tard, l’avènement de l’antiseptie viendra encore accélérer le rythme des publications. En 1885, Andrews rapporte un cas d'ostéome d’origine ethmoïdienne qu'il opéra avec succès.

Et, de cette date à 1927, vingt-deux observations d’ostéomes de l’ethmoïde ont été successivement publiées, On les trouvera rapportées au chapitre que nous leur avons réservé dans ce travail.

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