DIAGNOSTIC.— PRONOSTIC
Si un malade porteur d’un ostéome de l'orbite vient nous consulter pour une exophtalmie légère unilatérale, une baisse de l’acuité visuelle, des phénomènes inflammatoires fugaces et des douleurs névralgiques intermittentes le diagnostic sera délicat à poser si la tumeur n'est pas perceptible au doigt.
L’exophtalmométrie, la diaphonoscopie,pourront nous rendré des services mais quand par un examen attentif nous aurons éliminé la buphtalmie,l'exophtalmie pulsatile l’exophtalmie traumatique par épanchement sanguin rétrobulbaire, si nous voulons avoir un diagnostic précis il faudra envoyer le malade à un radiographe et à un rhinologiste. «
* La radiographie devra être prise de face et de profil. La grande utilité réside dans ce fait que situant exactement la tumeur et censeignant avec précision sur ses dimensions elle permet à l'opérateur d'adopter pour son extirpation le procédé le mieux approprié.
Elle est absolumentindispensable toutes les fois qu’on soupçonnera un ostéome de l'orbite.
Les radiographies des malades dont nous publions l'observation ont été prises à Nantes par M. le D: Bian-
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chi. Elles permirent de confirmer des diagnostics qué d'autres signes, ilest vrai, avaient déjà permis de porter. é
Mais quand l'exophtalmie sera très apparente quand la tumeur sera facilement perceptible on pourra alors aisément diagnostiquer l’ostéome.
On éliminera par l’élude des commémoratifs des exostoses traumatiques et les corps étrangers de l’orbite. |
L'absence des stigmates de la syphilis, la réaction de Wassermann négative nous feront également rejeter les exostoses =.
Les fibromes de l'orbite pourront parfois par leur dureté simuler les ostéomes.Une ponction à l'aiguille, une certaine mobilité et surtout la radiographie nous permettront d'éviter cette erreur. Les angiomes, les lipomes, les kystes seront justiciables d’une mème différenciation. ù
Lagrange nous enseigne que l’empyème des cellules ethmoïdales peut parfois être confondu avec une tumeur osseuse de l’angle interne de l'orbite. Là encore les secours du radiographe et du rhinologiste nous seront utiles pour ne point commettre une méprise,
Le rattachement de l'exophtalmie à sa véritable cause présentera aussi des difficultés.
Certains processus inflammatoires peuvent en effet avoir une marche très lente et s'accompagner d'une exophtalmie simulant celle des tumeurs de l’orbite.Telles sont par exemple certaines périostites gommeuses, certains foyers tuberculeux des parois de l'orbite, qu'un
J. Legrand 3
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éxamen soigneux de l’état général, les réactions de laboratoire et une bonne radiographie permettront de diagnostiquer. |
Quand l’exophtalmie sera animée de battements. quand elle sera réductible ou qu’elle variera suivant les positions du malade nous lui donnerons sans hésiter une étiologie vasculaire : anévrysme, angiome caverneux…
Quant à l'exophtalmie de la moladie de Basedow elle ‘ est si rarement unilatérale que suivant le conseil du Pr Truc « il n’en faut point tenir compte en clinique ».
Enfin la tuméfaction douloureuse de l’orbité, le gonflement diffus de la région, l'élévation de la températüre locale, la destruction dés muscles de l'œil, les crises douloureuses, l’évolution rapidé et touchant vite et profondément l'état général nous permettront de diagnostiquer les tumeurs malignes de l'orbite. ;
Au surplus nous tenons à insister sur ce fait que nous n’aurons pas en général à faire tous ces diagnostics puisque du même coup la radiographie aura fourni des données indiscutables.
Lé pronostic actuel des ostéomes de l'orbite n'a pas la gravité que les chirurgiens — et pour cause — lui attribuaient jadis. La longueur de leurs interventions (5 heures Knapp),une asepsie douteuse cause de méningites post-opératoires et aussi la difficulté des cas traités sont responsables de ces insuccès d'autrefois.
Cél ostéome est toujours plus où moins grave en raison des altérations visuelles qu'il peut produire et des délabrements qu'il est parfois difficiles d'éviter en faisant l'ablation.
Toutefois les progrès de la chirurgie ont singulièrement atténué le pronostic mortel si fréquent autrefois, puisque d’après le P' Lagrange la cure radicale de l'ostéonne de l orbile présente 94 °/ de chances de succès si la tumeur ne pousse pas de prolongements craniens.
Le pronostic fonctionnel est plus réservé; la fonction visuelle compromise par la névrite optique œdémateuse, l'exvphtalmie, le kératite, les compressions du globe, n'étant pas toujours récupérée après l'intervention.
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