‹ Contribution à l'étude des Ostéomes de l'Orbite (volume 2)Chapitre 18 sur 26 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

- OBSERVATION I (Inédite) (Gommuniquée par M, le Dr Gilbert Sourdille.)

Le 9 novembre 1929, Marcelle G..., 15 ans, habitant Redon vient consulter M. le D' Gilbert Sourdille pour exophtalmie et baisse dé l’acuité visuelle de l'œil gauche,

A la fin de mai 1992, la malade qui n'avait jusqu'alors absolument rien constaté d’anormal ni comme saillie de l'œil ni comme troubles visuels s’aperçut à diverses reprises que sa vision diminuait et qu’elle distinguait mal les objets, entourés qu’ils étaient d'un brouillard,

Outre ces crises d'amblyopié passagère la malade fut prise plusieurs fois de gonflement douloureux des pau: pières sans exophtalmie. Celle-ci sé produisit par la suite lentement et restant très discrète jusqu’au 31 octobre 1923 où brusquement elle augmenta dans des proportions con: sidérables en même temps que la malade souffrait de douleurs orbitaires très violents avec tuméfaction et rougeur des paupières. Cette crise s’accompagnait d’un état nauséeux avée vomissements presque toutes les demi-heures. |

Au bout de quelques jours les phénomènes inflammatoires s’amendèrent mais l'exophtalmie persista et c’est ce qui poussa la malade à consulter. |

DS

L'étude des antécédents héréditaires et collatéraux ne révèle rien d'intéressant. |

Ses antécédents personnels nous apprennent qu’elle mouchait beaucoup et toujours des mucosités purulentes mais elle respirait normalement et facilement par le nez.

Pas de traumatisme de la région intéressée, antérieur à la maladie. j

A l'examen: le globe gauche saillant et exorbité se meut diflicilement dans l'orbite. Ses mouvements sont très limités. L'exophtalmie esten bas et en dehors.

Au doigi on sent dans l'angle interne, profondément, un obstacle dur, sans limites nettes.

L'acuité visuelle est quasi nulle, la malade ne comptant pas les doigts. |

La pupille est normale mais les vaisseaux centraux sont dilatés et flexueux.

Le diagnostic d’ostéome de la région interne est porté. Une radiographie de face et de profil faite par M. le D: Bianchi confirme le diagnostic. Une masse sombre mamelonnée d'environ 6 centimètres de long sur ÿ centimètres de large occupe la plus grande partie de l'orbite et semble implantée sur l'os planum (fig. 3 et4\.

L'œil droit est emmétrope et ne présente rien d’anormal.

L'état général est satisfaisant.

L'intervention est proposée, la malade l'accepte.

Le 13 novembre 1922, la malaue est opérée par MM. Les D': Gilbert Sourdille et Maurice Sourdille .

On constate sur la table d'opération qu’en quatre jours

les troubles de l’acuité visuelle ont fait des progrès rapides

ge

Puisque la malade n’a plus aucune perception lumineuse de l’œil gauche.

L'anesthésie est donnée au chloroforme.

Premier temps. — On pratique d'abord une blépharoraphie temporaire.

Une ïncision partant du tiers interne du sourcil suit le bord interne de l'orbite à un centimètre de la commissure interne et descend le long du nez dans le sillon naso-génien pour se terminer dans le pli labiogénien.

On décolle à la rugine le lambeau externe et on tombe sur la partie antérieure de la paroi orbitaire interne. On y trouve quelques gouttes d'un pus jaune et épais provenant d’une cellule ethmoïdale ouverte. À ce niveau la paroi osseuse apparaît perforée sur une étendue d'un centimètre carré et par cette brèche on aperçoit une tumeur osseuse, bosselée, marronnée, jaunâtre.

Deuxième temps. — On décolle le lambeau interne à la rugine jusqu’à, l’orifice piriforme. Décollement à ce niveau de la muqueuse nasale puis section à la pince gouge de toute la branche montante du maxillaire supérieur. à

Abattement de la moitié interne de la pyramide maxillaire ce qui ouvre le sinus maxillaire plein de pus et dont la muqueuse est rouge et boursouflée.

L'ostéome apparaît bien alors enclavé dans l'ethmoïde, le sinus frontal, le sinus maxillaire.

. Troisième temps. — On le dégage prudemment à petits coups à la gouge et à la pince-gouge en avant en baseten

dehors.

J. Legrand Ê

LAHO0E

Le dégagement est encore plus prudent à la partie supérieure. / |

Quatrième temps. — On abaisse alors la tumeur dans le sinus maxillaire et on l'extrait avec un davier de Farabœuf.

Résection de la muqueuse nasale du méat inférieur et drainage du sinus à ce niveau avec une mèche iodoformée. On conserve le cornet inférieur de la muqueuse de la paroi nasale externe.

On suture la peau qu’on recouvre d’un pansement sec.

L'opération a duré trois quarts d'heure.

L'ostéome extirpé est volumineux, mamelonné: il est constitué par du tissu éburné et formé de bosselures séparées par des dépressions profondes.Il rappelle vaguement la forme d'une astragale à grand axe. vertical. Il a 56 millimètres de long, 45 millimètres de large, 31 millimètres d'épaisseur. Son poids est de 55 grammes (Fig. 5).

Le 14 novembre, la malade est en excellent état, Pas de douleurs, température 35° 8. Pouls : 9o. |

Le 17 novembre, ablation des fils. Ouverture de la fente palpébrale . L'œil est en parfaitétat. La vision commence à revenir,la malade distinguant les gros caractères d'en-tête d’un journal. \ Ÿ

Le 19 novembre, amélioration continue, léger emphysème palpébral.

Le 25 novembre, exéat.

Le 4 janvier 1993, la malade revue par le Dr Sourdille présente un scotome central. Son acuité visuelle est de

6/10 très difliciles, vision para-maculaire.

re Le 18 janvier 1923, l’acuité visuelle est de 10/10 difficile. f

Le 1° février 1923, l’acuité visuelle est toujours de 10/10 difficile, A l’ophtalmoscopie on constate une pupille blanche, à bords légèrement flous avec disparition de l'anneau scléral. Le champ visuel est normal,

Le 29 mars 1923, l’œil gauche a maintenant une acuité visuelle de 10/10 facile. Il n’y a pas de diplopie, l'œil est mobile, mais la pupiile reste toujours décolorée.

La ligne d’incision opératoire est à peine visible.

La guérison est parfaite.

OBSERVATION II (inédite) (Communiqué par M. le D’ Gilbert Sourdille).

Un matin de juillet 1920, Henry B..., 19 ans, habitant à Drain (M.-et-L.) s'’aperçut en se rasant qu'il n’y voyait pas du côté gauche, ce qui le gênait considérablement pour se raser.

Il ne s’en inquiéta point et ce n’est que trois mois plus tard devant une exophtalmie gauche qui débutait qu’il alla voir un médecin de Liré qui lui parla d’un anévrysme orbitaire.

Trois mois après, devant la persistance de ces phénomènes il vient à Nantes consulter M. le Dr Gilbert Sourdille le 29 janvier 1921.

On ne relate rien dans les antécédents héréditaires, per-

sonnels on collatéraux. Henry B... a jusqu'alors toujours

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