VIII — TRAITEMENT
Dans plusieurs observations des thèses de Haslé et de Barillet, l'évacuation du pus fut faite par l'aspiration avec appareil de M. Potain ; on fit ensuite des lavages avec une solution antiseptique. Bien qu'il ait réussi, ce procédé est insuffisant et dangereux : insuffisant parce que le trocart peut ne pas tomber sur lacollection purulente, parce que si la suppuration est évacuée, la cause de cette suppuration subsiste ; et dangereux pour ces mêmes raisons. La ponction doit donc être rejetée : à peine est-il utile de l’employer dans le cas où le siège d’une suppuration profonde rend le diagnostic difficile.
L’abcès costal doit être, comme toute suppuration, incisé et largement incisé : en avant, l’incision sera parallèle aux côtes ; en arrière, à cause de {la présence des fibres musculaires longitudinales, et de la profondenr de la plaie, lincision sera verticale, et très étendue, puisque le point à atteindre est très profond.
Après l'évacuation complète du pus,et grâce à la large incision de la peau, le doigt explorera les points pouvant être malades. L’attention se portera surtout sur la face
interne de la côte, et sur chacun de ses bords.
SSI
Par cette exploration on reconnaîtra les points dénudés de la côte, on sentira les séquestres encore reliés à la côte ou complètement mobilisables. Dans le cas de lésions peu étendues, un simple grattage suffira ; dans d’autres cas, quant la côte sera trop dénudée, il faudra faire la résection sous-périostée dans toute l’étendue des lésions.
Après ablation des séquestres, nettoyage complet de la poche et de la région infectée avec une solution antiseptique, on pourra faire aux extrémités de la plaie quel- ‘ques points de suture, en ayant soin de mettre un gros drain ou une mèche de gaze en position bien déclive.
Il n’est pas besoin de dire qu’il faut rejeter absolument toute idée d’obtenir une réunion complète par première intention. Il faudra même dans le cas où l’on aura mis quelques points de suture, surveiller la plaie avec grand soin : au premier signe de rétention, on fera sauter ces points de suture.
Si après une simple incision qui a paru suffisante, la suppuration se prolonge abondante, on pensera à la présence de séquestres ou à la nécrose d’une partie de la côte : il faudra recommencer un examen attentif, et si le séquestre existe, faire le nécessaire. On devra parfois agrandir la première incision.
Dans le cas de complication bronchique ou pleurale, on surveillera avec soin le pansement eton n’oubliera vas ce que les lavages de la plaie produisirent dansle cas de M. Marfan. « Un jour, dit4i, où la suppuration avait été plus abondante, je prescris de faire par le drain une injection d’eau phéniquée à 1/200. Aussitôt que le liquide pénètre,
l'enfant est pris d’une toux suffocante et se met à crier
«cela me brûle dans la gorge ». Il y avait donc une perforation bronchique et l’eau phéniquée était arrivée jusque dans la trachée ».
Dans une situation analogue il serait indiqué de ne pas faire de lavages.
Le traitement médical, qui s’efforcera de relever les forces du malade, sera utile mais ne sera qu’un adjuvant du traitement chirurgical, dont la bonne application amè
nera la guérison du malade.