OBSERVATIONS
OBSERVATION I (Inédite).
Communication orale de M. Brun
L'enfant X..., âgé de 5 ans, est envoyé à l'hôpital des Enfants. Malades, salle Molland, avec le diagnostic de pleurésie purulente. |
D'après le médecin qui le traitait en ville, l'enfant après une période de malaises aurait élé pris de phénomènes généraux très graves, fièvre et frissons. La dyspnée, le point de côté attirèrent l'attention; les signes stéthoscopiques s'y joignant, la région médiane axillaire gauche offrant une surface de matité très nelte, l'enfant fut ponctionné vers le milieu de la ligne axillaire gauche.
Il s'écoula, par l'aspiration une centaine de grammes de pus.
Mais les phénomènes d'infection générale ne cessèrent pas, el bientôt les symptômes d’épanchement apparurent à nouveau.
L'enfant est alors amené à l'hôpital.
site
Après incision de la paroi au point le plus mat, on fait la résection sous-périostée d’une petile portion de la côte correspondante, il s'écoule une grande quantité de pus. Cette évacua- Lion est suivie d’un drainage soigné.
Plusieurs mois après, la suppuration ne tarissant pas, et l’état général de l’enfant devenant plus mauvais, une nouvelle intervention est décidée.
Après une large incision de la peau, et la mise à nu de la région soupçonnée, on trouve plusieurs côtes nécrosées, la plèvre épaissie mais intacte, le poumon non rétracté : les côtes nécrosées furent réséquées, la plaie nettoyée avec soin et pansée à plat.
La guérison complète fut longue à obtenir : mais elle fut ob-
tenue.
OBSERVATION Il (Inéditle).
René P.…., âge de 6 ans et demi, est amené le 45 juin 1898 à la consultation de l'hôpital des Enfants-Malades. Les parents ont remarqué que mal portant depuis quelques jours, il est toujours oppressé et se plaint de douleurs dans le côté gauche. L'enfant dit avoir reçu un coup de poing à l'endroit douloureux.
On l'envoie salle Gillette ; dans ce service, d’après quelques notes recueillies à l'entrée de l'enfant, on constalait chez lui une ‘empérature élevée (39%,), dans les ‘leux poumons, un grand nombre de gros râles humides ; vers le milieu du poumon gauche, une zône de submatité très nelte à laquelle se joignait un souffle aussi net. On porte le diagnostic de broncho-
pneumonie.
HD
Le traitement, vu la température qui oscille entre 39%, et 40”, consiste en bains tièdes, refroidis progressivement.
24 juin. — ‘T° tombe à 38° ; mais les symptômes locaux restent les mêmes : on continue les bains.
25, — Te s'abaisse encore : malgré ce bon symptôme, l’enfant se plaint sans cesse, est toujours agité.
26. — En déshabillant l'enfant pour le mettre dans son bair,on s'aperçoit qu’il porte sur la mi-hauteur de la ligne axillaire gauche une tuméfaction fluctuante. On fait alors le diagnostic | de pleurésie purulente avec empyème de nécessité. |
On fait parallèle à la direction des côtes, une incision de 2? à 3 centimètres, au pointle plus saillant de la poche fluctuante.
Le soir même, abaissement de la Te ; le bruit de l'air entrant dans la poche par un orifice étroit, confirme l’idée qu'il s’agit
bien d’une pleurésie purulente enkystée.
{1% juillet. — La plaie suppure toujours ; le souffle et la ma-
tité ont disparu.
4 juillet. — Mêmes symptômes ; malgré un traitement général destiné à relever les forces de l'enfant, celui-ci s’affaiblit et maigrit de plus en plus. \
5 juillet. — Nouvelle élévation de température : elle dépasse 3%.
7 juillet. — L'état de gravité augmente-d'un jour à l'autre : l'enfant est passé dans le service de M. Brun, salle Molland.
L'enfant est pâle, amaigri, oppressé ; la plaie résultant de l’incision faite antérieurement est située sur la ligne axillaire,vers la sixième côte.
Elle est grisâtre, ses lèvres sont épaissies, gonflées, de mau-
vais aspect ; la peau est décollée tout autour ; sous la côte qui
et ET ue semble dénudée, la sonde cannelée remonte très haut vers le rachis et descend oblique vers le sternum.
C’est dans cette direction qu’on fait une large incision ; on trouve les lambeaux écartés, deux côtes dénudées dans presque toute leur étendue : la‘côte supérieure la plus atteinte est réséquée en arrè’e, jusqu'à la tubérosité.
Derrière ces côtes, la plèvre épaissie semble normale, sauf l’épaississement ; le poumon n'est pas rétracté. = Pansement sec à la gaze iodoformée.
lnjection sous-cutanée de 600 grammes de sérum ; le soir, la température monte à 40.
8 juillet. — Pansement ; pas de suppuralion, état général! toujours grave ; même température.
9 juillet. — Même état : dyspnée très vive, pouls rapide, soif ardente. Injection sous-cutanée de sérum.
10. — Pansement : la plaie ne suppure pas ou à peine, mais elle ne prend pas la teinte rosée d’une plaie active et bourgeonnante. L’amaigrissement et la pâleur n'ont fait qu'augmenter, si possible. Sérum sous-cutané.