‹ Contribution à l'étude des ostéomyélites costales aiguësChapitre 6 sur 33 · III. — ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

III. — ÉTIOLOGIE

L'ostéomyélite aiguë, qu’elle atteigne les os longs, les os courts, ou les os plats, se montre toujours pendant la période du développement du squelette, c’est-à-dire, pendant l’enfance et l'adolescence.

L’ostéomyélite des côtes se rencontre surtout chez les garçons, plus turbulents et par suite plus souvent exposés aux traumatismes, Pour des raisons de même ordre peut-être, les côtes droites sont plus souvent atteintes que les côtes qauches. Dans notre observation II, quel. ques jours avant le début des accidents, l’enfant avait été poussé violemment contre un corps résistant ; et le traumatisme avait porté sur la mi-hauteur du côté gauche, là où quelques jours plus tard, apparurent les symptômes d’ostéomyélite.

Dans l’observation VII, l'enfant avait fait une chute violente le 25 mars: le 6 avril, elle entrait à l'hôpital. Ajoutons que cette même enfant, portait à la fesse droite, la cicatrice d’un furoncle récent. |

Ailleurs, le malade rapporte qu'au mois de mars dernier, à la suite d’un coup de poing reçu dans le côté droit du thorax, il se développa une grosseur qui, en quelques

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jours, atteignit le volume d’un gros œuf de poule. L’abcès s'ouvrit spontanément le 15 avril, et avecle pus, sortirent de petites parcelles osseuses.

L'ostéomyélite aiguë costale atteint surtout de jeunes enfants de deux à dix ans, ou des adolescents de quinze à vingt; mais les ostéomyélites consécutives à la fièvre typhoïde s’observent aussi chez les adultes.

D’après Braquehaye, l’âge joue encore un rôle très important pour la localisation des lésions osseuses. Presque toutes les lésions siègent à la partie antérieure de la côte : et comme l’infection occupe toujours le point de la côte en travail de croissance, il semblerait d’après ce fait, que le développement de la côte se ferait tout d’abord, au dépens de leur partie antérieure.

Si dans toutes les observations d’ostéomyélite, on ne trouve pas la porte d’entrée, on rencontre souvent le mauvais état général ou une affection aiguë qui a mis l'organisme en état de moindre résistance, et par conséquent, en état de réception.

Les portes d’entrée les plus fréquentes sont ou bien les érosions cutanées, panaris, impétigo, engelures, ou bien le furoncle, comme dans une de nos observations ; les fissures des lèvres, les ulcérations de la bouche, des amygdales, des lésions de grattage des fosses nasales, tout et rien peuvent servir de point d'introduction au germe virulent. :

Ajoutez à cela, l’état de fatigue, d’infériorité dans lequel se trouve souvent le corps de l’enfant, par suite de son accroissement rapide, des mauvaises conditions de son

hygiène. Arrive un traumatisme comme dans plusieurs de nm

nos observations, une affection aiguë générale, comme la grippe dans l'observation de M. Marfan, comme la fièvre typhoïde, le germe virulent a toute sa puissance pour entrer dans la place mal défendue.

Le pus de l’ostéomyélite costale contient presque toujours du staphylococus aureus, plus rarement l’albus. Netter et Mariage, (suppurations osseuses dans deux fractures sans plaie ; société de Biologie, 7 juin 1890) ont signalé le streptocoque et le pneumocoque.

Par contre, les observations d’ostéomyélite A e diques, ne sont pas rares, où l’on rencontre à l’état de pureté, le bacille d’Eberth. En 1889, Ebermaïer, le premier, trouva le bacille typhique, dans la moëlle osseuse d’une côte et d’un fémur chez un sujetmort de dothiénenthérie. On en trouve encore des observations données par Barbacci (Lo Sperimentale, 1881), Haslé, Hintze, Dehu, Chantemesse et Widal. |

La présence du bacille typhique dans le pus de l’ostéomyélite consécutive àla fièvre typhoïde ayant été constatée, comme nous venons de le voir, par de nombreux auteurs,on était amené à penser qu'on devait toujours rencontrer ce microorganisme dans cette variété d’ostéom yélite. Les cas de Scheede avaient déjà cependant, été négatifs au point de vue du bacille d’Eberth : depuis, de nouveaux cas se sont ajoutés à ceux-ci, et l’on peut dire que sile bacille d’Eberth est capable d’engendrer l’ostéomyélite, toutes les lésions osseuses survenant dans le cours ou pendant la fièvre typhoïde, ne sont pas causées

par lui.

Frôhner (Arch. Z. Klin. chir. 1889) n’a rencontré que

trois fois la localisation costale sur 661 faits, dont 51 d’ostéomyélite d'os plats ou courts. C’est dire que les obser- vations d’ostéomyélites costales sont rares. D’après Gangolphe les côtes sont frappées moins souvent que la clavicule, omoplate, l'os illaque et le calcanéum, mais plus

fréquemment que les autres os plats ou courts.

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