IV. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L’ostéomyélite ne frappe généralement qu’une seule côte (cependant dans deux de nos observations, deux côtes étaient lésées). Elle peut être suivie de l’ostéom yélite d’un ou de plusieurs 08, ou encore suivre de près une autre localisation de l’affection.
L’ostéomyélite naissant au niveau des points diaphysaires des os, contigus à leurs cartilages conjugaux, les côtes ne feront pas exception à cette règle, et c’est au voisinage de leurs points d’accroissement que siègent les lésions. è
Les côtes se développent, en effet, par un point primitif, qui forme la plus grande partie de l’os ; il apparaît du quarantième au cinquantième jour de la vie fœtale et envahit rapidement le cartilage préexistant.
Quant aux points secondaires, on les trouve à l’extrémité postérieure : l’un unique, est destiné à former la tête de la côte; l’autre simple ou double selon les auteurs, donne naissance à la tubérosité. Il y a donc, en arrière, deux foyers possibles d’ostéomyélite, et dans chaque cas, labcès n’aura pas une évolution identiquement semblable,
Notons également que le point tubérositaire se fusionne
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à los à 48 ans, tandis que le point céphalique ne se soude que vers 24 ans. Aussi verrons-nous l’ostéomyélite costale postérieure siéger le plus souvent au niveau de ce dernier point, puisque, 1° il se soude plus tard; 2° il fournit une plus notable quantité d'os, ce qui indique une plus grande vitalité. En outre, lorsque chez un malade ayant plus de 20 ans, on voit se développer en arrière une première atteinte d’ostéomyélite costale, on peut affirmer que la lésion siège au point céphalique, puisque le point tubérositaire est déjà soudé. |
Mais, la côte ne s’accroît pas seulement par son extrémité postérieure ; l'extrémité antérieure participe aussi à son développement, au niveau de larticulation chondrosterriale. De là, une seconde variété de siège de lostéomyélite costale (Braquehaye).
Nous ne décrirons pas les lésions du périoste et de las, épaississement et décollement du périoste, injection de l'os, suppuration, nécrose et même fractures qui sont entièrement semblables à celles des autres os et se font par le même mécanisme.
La disposition et la forme de labcès sont par contre très intéressantes et empruntent à la région des caractères tout particuliers. Elles dépendent essentiellement de leur localisation soit antérieure, soit postérieure.
En avant, les côtes sont recouvertes diréctement par la peau et le tissu cellulaire. À ce niveau, la tuméfaction sera vite extérieure et visible, au niveau de la côte lésée. Par suite de la présence des muscles pectoraux, les abcès dépendant des lésions des côtes sous-jacentes, donneront
lieu à une marche différente du pus. Îl viendra joindre
sur le bord de la paroi antérieure de l’aisselle, décollant
plus ou moins le tissu cellulaire sous-pectoral.
En arrière rien de pareil : le pus est bridé en arrière par les muscles des gouttières, muscles recouverts d’aponévroses épaisses et résistantes: en avant, d’après Souligoux, si l’intercostal interne ne va pas au delà de langle des côtes, l’intercostal externe y est très-épais et doublé par l’aponévrose intercostale qui là, s’épaissit rapidement et continue le muscle intercostal interne qui disparaît à ce niveau. Le pus se collectera donc d’abord en dedans, entre la plèvre et la paroi thoracique. Mais il existe deux points par où le pus pourra fuser vers l’extérieur: ° en dedans du ligament transverso-intercostal supérieure (cervico-transversaire-intercostal de Poirier) 2° en dehors de ce ligament, entrelui et les muscles in tercostal externe et suscostal, à leur origine. L’abcès suivra l’une ou l’autre voie, selon qu’il viendra du point épi-
physaire de la tête ou de la tubérosité.
Quelquefois aussi, décollant au loin le périoste de la côte, il pourra venir se faire jour sur les parties latérales du thorax.
Dans l'observation III, la tumeur du volume du poing; au moins, proéminait entre la crête iliaque et la région costale à droite, allant en arrière jusque sur les parties latérales du rachis, et s’arrêtant en avant au niveau d’une ligne partant de l’épine iliaque supérieure et aboutissant au sommet du creux de l’aisselle. On voit par ce cas, que le pus peut fuser dans la paroi lombaire et aussi dans
les diverses couches des muscles de l'abdomen. Ces faits
se produiront quand l’ostéomyélite atteint les dernières côtes. |
Un fait assez remarquable est la rareté des séquestres et la fréquence des décollements périostés. Dans notre observation If, les deux côtes atteintes sont presque entièrement dépouillées de leur enveloppe protectrice. Nous retrouvons cette dénudation dans la plupart de nos obser-" vations.
Beaucoup moins souvent quand labcès s’ouvre, ou est ouvert, il sort de petites parcelles osseuses, il s’élimine un séquestre comparable à une aiguille, effilé, pointu à une de ses extrémités.
Le séquestre représente souvent une partie des bords de la côte ; le bord supérieur est plus fréquemment atteint que le bord inférieur.
La lésion siège en un point bien limité, rarement étendu. On n’observe jamais la forme diffuse, si fréquente sur certains 05. M. Berthomier a vu les deux extrémités d’une même côte prises en même temps chez le même sujet; et les deux foyers purulents, l’antérieur et le postérieur communiquant entre eux.
Les côtes les plus souvent atteintes sont les cinquième et sixième.
Disons un mot de l’évolution anatomique des lésions dues à lostéomyélite costale. En avant, les abcès toujours sus-costaux, viennent faire saillie à lextérieur, amincissent la peau qui s’ouvre, sile bistouri n’a pas empêché cette rupture spontanée. Dans ce dernier cas, la poche se fistulise, ses parois se décollent, son trajet s'agrandit et la suppuration ne cesse point; heureux
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