‹ Contribution À L'Étude Des Ostéosarcomes Du Maxillaire InférieurChapitre 4 sur 18 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

L'ostéosarcome, au point de vue genéral, n’est autre chose que le sarcome des os. Mais, pour l’anatomo-pathologiste, c’est une tumeur due à la prolifération des cellules de l’ossification médullaire, d’une part, et des cellules de l’ossification périostique, d’autre part, contenant des néo-vaisseaux et sécrétani une substance intercellulaire.

Historique. — L'historique des ostéosarcomes du maxillaire inférieur se confond avec celui des ostéosarcomes des os en général.

Cliniquement décrits au xvin° siècle sous le nom de carnification des os, les ostéosarcomes ont été, pour la première fois, distingués par A. Cooper en exostoses médullaires fongueuses et en exostoses périostales fongueuses. Boyer, le premier, leur donne le nom d'ostéosarcomes, et Dupuytren leur attribue une signification cancéreuse. Leurs idées sont admises par Nélaton, A. Bérard et les auteurs du Compen-

dium de chirurgie.

ETAOMES

En 1845, paraissent des études anatomo-pathologiques sur ces néoplasmes. C’est Lebert qui sépare microscopiquement les tumeurs fibro-plastiques, des cancers des os ; un peu plus tard, c’est Virchow qui crée le groupe des sarcomes à cellules fusiformes,et y fait rentrer la variété des tumeurs décrites par Lebert ; c’est Paget, en 1853, qui reconnaît la variété des tumeurs myéloides dans le groupe créé par Virchow, et c’est Robin qui subdivise cette variétéen fumeurs à myéloplaxes et tumeurs à médullocelles. Ses idées sont partagées par H. Gray, E. Nélaton, Follin, Verneuil et Marchand, etc.

Enfin, plus récemment, la question est entrée dans une période nouvelle.

Bard apporte une classification de ces tumeurs d’après la spécificité cellulaire. Les tumeurs seront bénignes ou malignes suivant que les cellules filles se développerontlentement et arriveront au stade adulte, ou, au contraire, se développeront vite et resteront au stade embryonnaire. il doit donc y avoir autant de tumeurs bénignes ou malignes de l’os qu’il y a de celiules différenciées dans un os normal. Or, il existe, à part Les cellules conjonctives banales de la moelle, deux variétés de cellules seulement qui soient bien différenciées dans un os, à savoir, les cellules de l’ossification médullaire (médullocelles ostéoblastes) et les cellules de lossification périostique (Traité de chirurg'ie, S. Duplay et Reclus). Aux premières corres-

pondent les ostéosarcomes médullaires, qui sont

PINS TEA globo-cellulaires, et aux secondes, les ostéosarcomes périostiques, qui sont fuso-cellulaires.

On doit à Paget, Gray, Robin, Nélaton l’édification du groupe des tumeurs myéloides ou à myéloplaxes, auxquelles certains auteurs refusent le nom de tumeurs vraies, que d’autres font rentrer dans la classe des ostéosarcomes, et dont certains autres enfin, tout en les considérant comme des tumeurs vraies, font un groupe complètement à part, à cause de leurs caractères anatomo-pathologiques et cliniques.

En attendant que cette question soit pleinement élucidée, nous croyons ne pas sortir du cadre de notre sujet, en décrivant, avec les ostéosarcomes du maxillaire inférieur, ces tumeurs qui sont si fréquentes en cet endroit du squelette. De même, nous mentionnerons les sarcomes osféoïdes, qui ne sont pas des ostéosarcomes vrais, et qui pourtant naissent aux dépens des cellules ostéogènes. Nous les considérons, avec S$. Duplay et Reclus, comme des tumeurs de types intermédiaire entre l’ostéome et l'ostéosarcome.

Il ne nous reste plus à signaler, au point de vue de l’historique, que trois études d'ensemble sur les ostéosarcomes : celle de Gross, de Philadelphie, parue en 1879; la thèse d’agrégation de Schwartz, en 1880 ; le rapport de Pollosson et de Bérard, au Congrès de chirurgie en 1899.

Voilà résumé l'historique des ostéosarcomes, en général, et par là même celui des ostéosarcomes du

maxillaire inférieur ; car, si l’on en excepte les Traités

CADRE de chirurgie, les divers auteurs ne se sont occupé de ces tumeurs localisées qu’à titre d'observations isolées, et encore ne s’agissait-il surtout que d’ostéosarcomes à myéloplaxes.

Division. — Nous avons vu, dans la définition que nous en avons donnée, que les ostéosarcomes sécrétaient une substance intercellulaire; ce caractère va nous servir à établir une première division.

Suivant que cette substance intercellulaire est plus ou moins abondante, plus ou moins bien organisée, la malignité des ostéosarcomes sera plus ou moins grande, et nous aurons ainsi une première classification :

1° Ostéosarcomes très malins, à substance intercelluiaire nulle ou rare; k

2° Ostéosarcomes malins à substance intercellulaire un peu mieux développée;

3° Ostéosarcomes bénins, à substance intercellulaire bien développée.

Mais la division la plus généralement admise aujourd’hui est celle qui est basée sur les caractères des cellules prédominantes dans ces tumeurs. C’est ainsi que nous aurons affaire avec des ostéosarcomes globo-cellulaires, fuso-cellulaires, myéloïdes, ostéoides et ossifiants.

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