CHAPITRE II
AN ATOMIE PATHOLOGIQUE
1° Caractères microscopiques. — Au microscope, ilest facile de reconnaître les caractères de ces diverses variétés de tumeurs.
Ainsi, l'ostéosarcome globo-cellulaire est caractérisé par la présence de petites cellules rondes, qui édifient un tissu très différent de l’os normal, mais dans lequel on reconnaît toujours, cependant, la tendance à former des systèmes de Havers.
Si on ne rencontre pas nettement cette tendance, on dira que la tumeur est spécialement embryonnaire et on pourra l'appeler encéphaloïide ; dans ce cas, le néoplasme est particulièrement malin.
On rencontre, presque toujours, dans les ostéosarcomes globo-cellulaires, un certain nombre de cellules à plusieurs noyaux, qui sont des myéloplaxes, et qu'il ne fant pas prendre pour les faux myéloplaxes des lumeürs myéloïdes.Les faux myéloplaxes de ces dernières sont des cellulesgéantes, à douze ou
vingt noyaux, alors que les myéloplaxes vrais ont des
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dimensions moindres et ne comptent que cinq ou six noyaux. |
L’ostéosarcomefuso-cellulaireou fasciculéest caractérisé par la présence d'éléments fusiformes qui s’ac- Colent les uns aux autres et qui édifient des tourbillons enchevêtrés. Ces éléments sont des cellules allongées, comparables aux fibres lisses. Leur noyau est généralement simple, mais il peut être double ; c’est un gros noyau ovoïde. Jamais on ne trouve, dans les tourbillons enchevètrés qu’elles forment,une disposition qui rappelle les systèmes de Havers.
Les trabécules osseuses denouvelle formation sont absolument irrégulières, et on ne voit aucune espèce de myéloplaxes.
Les ostéosarcomes à myéloplaxes, ou mieux, pour laisser à d’autres plus autorisés le soin de régler cette. question de classification, les tumeurs myéloïdes présentent deux parties à étudier : l’élément fondamental et la partie accessoire qui constitue la trame.
La portion principale est formée par laproduction, en quantité considérable, de cellules géantes à quinze ou vingt noyaux. On discute encore sur la nature de ces éléments. Monod les considère comme des cellules vasoformatives, et Bard comme des cellules géantes comparables, parleur genèse, sinon par leur aspect, aux cellules géantes tuberculeuses. Les nombreuxnoyaux sont disséminés sansordre à l’intérieur de la cellule myéloplaxique, tandis que dans la cellule tuberculeuse les noyaux forment une couronne
àla phériphérie. D: plus (Traité de chirurgie des.
\ \ $ Dupzay et Reczus) nous savons que cette cellule ne doit pas être confondue avec les cellules à myéloplaxes de la moelle normale, car ces dernières ont des dimensions plus petites et des noyaux moins nombreux. Quoi qu'il en soit de leur nature, de leur genèse, ces éléments médullaires sont contenus dans des travées de tissu fibreux, à réseau plus ou moins serré, et qui forme la trame ou substance intercellulaire. Cette trame est parcourue par de nombreux vaisseaux qui, dans les transformations ultérieures de la tumeur, pourront lui donner un aspeet télangiectasique, anévrysmal. .
Quantaux sarcomes ostéoides et ossifiants véritables qui forment également un groupe à part, et qu’on ne doit pas confondre non plus entre eux, il nous semble que l’observation III fait ressortir avec beaucoup de netteté la différence de leurs caractères microscopiques. En effet, dans le sarcome ostéoïde, le néoplasme n’a que les apparences du tissu osseux sans en posséder tousles caractères microscopiques, | alors que dans le sarcome ossifiant véritable, le tissu embryonnaire s'organise partiellement en tissu osseux, avec espaces médullaires typiques et travées osseuses complètes.
Les sarcomes calcaires se distingueront de ces deux dernières variétés par l’absence d’ostéoblastes à l’intérieur des nodules osseux.
Tels sont les caractères histologiques propres à
chacune de ces variétés. Il s’en faut de beaucoup,
cependant, que la différence soit si tranchée, car il
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, arrive très souvent que la tumeur est formée par un mélange de deux de ces variétés ou même de toutes ces variétés. Comment savoir alors à quel groupe histologique plutôt qu'à tel autre appartient le néoplasme ? On se basera, pour cela, sur la prédominance des cellules de tel ou tel autre groupe.
2° Caractères macroscopiques etorigine. 22 Qu'il s'agisse de l’une ou de l’autre de ces diverses variétés, il y aurait intérêt à savoir en quel point du maxillaire elles se développent. Est-ce au niveau du collet de la dent, comme le croyait Salter, ou bien est-ce au fond de l’alvéole, comme le veut Magitot ? En réalité, l’on est peu fixé sur le point d’origine exact de ces ostéosarcomes. Peut-être varie-til suivant les cas; tantôt ce serait le périoste sous-gingival, tantôt le tissu spongieux (Le Dentu et P. Delbet). Enfin, aujourd’hui l’on se montre d'accord pour reconnaîi-
tre à ces Lumears une double origine. Suivant que
la prolifération néoplasique prédomine au niveau de
la moelle sous-périostique ou au niveau de la moelle centrale, il s'agira de sarcomes périostiques ou de sarcomes centraux.
Les sarcomes centraux de la mâchoire sont de beaucoup les plus fréquents. Ils se développent, écartent et envahissent les parois du maxillaire et les traversent plus rapidement que nele font les autres néoplasmes, proéminant davantage soit du côté de la joue, soit dans la bouche. Arrivée sous la muqueuse buccale ou sous la peau, la tumeur finit par
s’ulcérer ; elle peut atteindre un volume énorme,