‹ Contribution À L'Étude Des Ostéosarcomes Du Maxillaire InférieurChapitre 6 sur 18 · TS · texte numérisé non relu

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comme le prouve notre observation IV, puisqu'elle descendait jusqu’au-devant du cou et empiétait sur toute la région comprise entre le lobule de l'oreille et lasymphyse mentonnière. ILest même des auteurs qui rapportent en avoir vu qui descendaient jusqu'audevant du sternum.

Dans leurs rapports avec l’os malade, les ostéo-sarcomescentraux présentent deux formes distinetes:ils! sont enkystés ou diffus. Dans la forme enkystée, à mesure que l’os est détruit par l’envahissement de la tumeur,unenéoformation sous-périoslée constitueune coque plus ou moins épaisse. Cette coque n'est pas uniforme; elle peut même manquer par place: la paroi du kyste est alors ostéc-fibreuse ; mais toujours la masse morbide est unique et nettement limitée. Il n'en est pas de même pour la forme in/iltrée, où il n'existe pas de coque osseuse, ni de ligne de démarcation tranchée entre le tissu sain et le tissu malade. Des masses néoplasiques de volume variable sont répandues dans les aréoles osseuses notablement agrandies. L’os prend alors un aspect caverneux spécial. La vascularisation est très abondante,et des hémorragies interstitielles,en remplissant les aréoles

de sang, font ressembler la tumeur à un anévrysme.

Nélaton a mème signalé une forme dite perfo= rante, remarquable par la rapidité avec laquelle des tumeurs centrales perforent l'os et se répandent au

dehors.

Quoique moins fréquentes que les sarcomes cen-

AG = traux, les tumeurs PÉRIPHÉRIQUES sont loin d’être rares au maxillaire inférieur.

| Sous le périoste épaissi se développe une tameur arrondie ou aplatie, ayant des adhérences celluiovasculaires avec l’os sur lequel elle repose. A ce niveau le tissu osseux peut ne présenter que des érosions superficielles, mais parfois la nécrose atteint le ‘canal médullaire.

Le début se fait à la face externe ou à la face interne de l'os ; peut-être un peu plus souvent à la face externe, mais les diverses statistiques ne sont pas bien probantes là dessus. Parfois, la tumeur, en se développant, contourne le bord inférieur de l’oset s'étend aux deux faces ; il n’est pas rare qu’elle occupe l’angle de la mâchoire ou sa branche montante.

Les sarcomes périostiques sont souvent infiltrés de sels calcaires ou mélangés à des masses cartilagineuses, et, par conséquent, d’une plus ferme consistance que les sarcomes centraux; ils ne sont gé-

‘ néralement pas entourés d'une coque d'os, mais d’une capsule fibreuse ou ossifiée en lame mince,qui subit plus facilement la rupture et, partant, donne plus facilement champ aux fusées néoplasiques.

Nous venons de voir que le point d'implantation primitive des diverses variétés d’ostéosarcomes pouvaitèêtre central ou périostique;nous avons dit aussi que l'origine centrale est plus fréquente au maxillaire inférieur. Reste à savoir maintenant si pour chaque variété de tumeur la fréquence d’origine est

aussi souvent périostique que centrale. Cela ne pa-

raît pas être, d’après les diverses statistiques publiées à ce sujet. Ainsi les ostéosarcomes myéloïdes sont plus souvent d’origine centrale que périphérique, alors que les globo-cellulaires et les fuso-cellulaires se montrent de préférence sous le périoste. Peutêtre les ostéosareomes globo-cellulaires naïssent-ils presque aussi souvent des cellules de l’ossification médullaire que des cellules de l’ossification périostique.

Un caractère important ei commun aux sarcomes encéphaloïdes et fasciculés d'origine périostique, c’est leur TRANSFORMATION CALCAIRE, sOus forme d’aiguilles ou de travées calcifiées, limitant des aréoles friables où se retrouvent les cellules de la masse morbide.

Jusqu'ici nous n'avons parlé que des caractères histologiques et de l’origine de toutes ces tumeurs ; leurs caractères macroscopiques ne sont pas moins intéressants à connaître,

Les sarcomes globo-cellulaires, sarcomes embryoplastiques de Lebert, sarcomes encéphaloïdes de Cornil et Rauvier, sont volumineux, globulaires ou ovoides, entourés d’une capsule osseuse complète ou partiellement détruite; leur consistance est molle, comparée à celle de la pulpe cérébrale (d'où le mot encéphaloïde), parfois assez molle pour donner lieu à une sensation de fausse fluctuation,pour faire croire à un abcès ou à une tumeur fongueuse.

Le néoplasme est blanc grisâtre, rouge jaunâtre, ou gris rougeâtre : il est traversé par des vaisseaux

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dont les orifices béants forment des points rouges sur la coupe. Le sarcome encéphaloïde offre parfois un tel développement vasculaire qu’il prend la forme érectile : il arrive même que la disparition des parois et la fusion des vaisseaux dilatés créent un faux anévrysme de l'os.

Quant aux sarcomes fasciculés, « tumeurs fibroplastiques » de Lebert, leur consistance est plus grande que celle* des encéphaloïdes. Ils sont blancs ou rosés au début, puis jaunes ou gris dans les foyers de ramollissement. Leur gravité est moindre et leur marche est moins rapide que pour les précédenis. |

Dans le sarcome à myéloplaxes, le tissu morbide, d'une coloration généralement rouge-brun, ou cramoisi, ressemble, dans sa phase de crudité, à la chair musculaire, à un caillot, au rein congestionné, et peut être comparé, dans sa phase de ramollissement, soit à la boue splénique, soit à une pulpe rougeâtre et granuleuse. TER

Les sarcomes à myéloplaxes sont la variété la plus fréquente au maxillaire inférieur et ont la réputation d’une moindre malignité : caractère inconstant. Il résulte du récent travail de Cornil que les myéloplaxes, dans les ostéosarcomes, n’ont pas une signification précise : ils peuvent se rencontrer dans des tumeurs d'inégale récidivité.

Jamais, d’ailleurs, ils ne constituent à eux seuls

une tumeur : ils se combinent, en proportions varia-

bles, à des cellules rondes, ou à des fusiformes.

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Or, ce sont ces éléments surtout qui décident du pronostic d'avenir de la tumeur : les cellules rondes sont-elles prédominantes, le sarcome est grave ; si les fusiformes sont prépondérantes, la tumeur peut montrer une allure bénigne et guérir par une opération partielle.

Nous n’insisterons pas beaucoup sur les caractères macroscopiques des sarcomes ostéoïdes, ossifiants véritables et calcaires, qui la plupart du temps sont le résultat des transformations des trois premières variétés mentionnées ci-dessus.

Leur consistance ligneuse, pierreuse même, par conséquent très dure, est leur caractère le plus saillant. Souvent le bistouri s’ébrèche et n’arrive pas à les entamer. Leur bénignité dépend du caractère histologique de la néoplasie primitive dont ils dérivent.

Nous ne dirons rien des épulis sarcomateuses qui, quoique très fréquentes au maxillaire, ne nous paraissent pas devoir rentrer dans le cadre de notre sujet. Il suffit seulement de les mentionner.

État des parties molles. — Les tissus voisins, aponévroses, muscles, tendons, vaisseaux, nerfs, sont refoulés, écartés, se creusent des gouttières et des coulisses dans le néoplasme sans être atteints par la dégénérescence ; ce n’est que fort tard que celle-ci les frappe à leur tour. Excepté dans les ostéosarcomes à marche rapide, la peau est longtemps respectée. La tumeur peut être à la deuxième et même quatrième année de son évolution, sans qu'il se

Tomasini : P:

soit produit d’ulcération ni du côté de la bouche, ni du côté de la peau. C’est que le néoplasme a peu de tendance à s’ulcérer ; parfois seulement il se couvre par places d’un enduit pultacé qui simule une perte de substance, erreur facile à éviter si l’on gratte

avec la spatule la surface suspecte.

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