‹ Contribution à l'étude des ostéoses métalliques: Cadmium, Plomb, BismuthChapitre 17 sur 37 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Voyons, maintenant, à quelles modifications ana— tomiques correspondent ces aspects radiologiques curieux. C'est encore à Park et Jackson que nous allons en référer. À un examen rapide d’un os coupé longitudinalement, la ligne jaune qui marque l’union de l’épiphyse et de la diaphyse paraît plus large et plus brillante que normalement. Du côté du cartilage elle est nettement délimitée et ne montre pas les irrégularités que l’on retrouve fréquemment en cas de syphilis congénitale. Cette anomalie est encore plus visible après décalcification partielle dans le liquide de Muller ou l’acide formique et coloration à l’'hématoxyline-éosine. Sur un fragment longitudinal ainsi préparé et prélevé à la jonction épiphyso-diaphysaire, on peut observer à une distance de quelques millimètres de l’extrémité de la diaphyse, que la pré-

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paration prend une teinte plus foncée, de coloration bleue plus sombre que le bleu du cartilage, et contrastant avec le tissu osseux qui apparaît en rose. À ce niveau, la structure est exceptionnellement dense.

À l'examen microscopique on constate l'existence, entre le cartilage qui est entièrement sain et l'os normal, d’une zone correspondant à la partie bleu sombre déjà décrite, d'aspect régulier et ordonné, montrant que le plan général de croissance a été respecté, mais où la charpente est particulièrement dense.

En suivant de facon ascendante cette zone bleue, on peut voir qu'elle se continue avec des dépôts de sels de chaux dans la zone provisoire de calcification du cartilage. Le processus destructif observé est minime ; on constate seulement que dans les parties les plus anciennes les interstices entre les travées sont plus larges que dans les parties les plus récemment formées. Çà et là, surtout dans les parties les plus anciennes sont apparues de nouvelles formations osseuses.

Un fait particulier mérite encore d’être signalé : l'existence dans les interstices des colonnes osseuses de très nombreuses cellules géantes, bourrant ces espaces.

Plus nombreuses et plus volumineuses dans les parties les plus anciennes, elles sont cependant présentes dans les zones les plus récemment formées.

Certaines sont rondes ou ovales, la plupart irrégu-

ae on

lières ; beaucoup ont des prolongements qui s’entrelacent dans la trame. Les noyaux y sont en nombre variable ; certains sont bien conservés montrant un ou deux nucléoles, ressemblant aux noyaux des ostéoblastes, d'autres sont dégénérés et prennent avec difficulté l'hématoxyline. Ils sont soit centraux, soit

latéraux.

Les auteurs ne peuvent donner d'explication sur la signification de ces cellules géantes. Un seul fait paraît certain, c’est que dans aucun autre cas (sinon dans les tumeurs osseuses) ne sont signalées autant ni de si volumineuses cellules.

Il est difficile d'apprécier si les ostéoblastes sont en nombre normal ou diminué. Ce qui est beaucoup plus évident, c’est le fait que la quantité d'os neuf paraît diminuée par rapport à la normale.

Ça et là, enfin, existent quelques vaisseaux gorgés de sang, des cellules de la moelle osseuse, d'aspect normal, mais moins nombreuses que dans l’os sain.

En résumé, l'examen histologique permet la constatation d’une zone de densité anormale, située entre le cartilage d’une part et l’os d'autre part. Dans cette zone d'aspect homogène deux faits attirent surtout

l'attention. Ce sont :

1° une hypercalcification de la zone de prolifération du cartilage ; 2 l’existence de cellules géantes.

Il nous reste maintenant à voir par quoi sont pro-

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duits ces troubles et quel est le rôle du plomb dans leur détermination.

Primitivement Park-Jacxson et Kaypr avaient exprimé l'opinion que le plomb agirait surtout indirectement dans la production des lésions osseuses, en modifiant l'ossification endochondrale de telle manière que les travées formées seraient plus denses que normalement, et provoquerait ainsi la formation de bandes opaques aux Rayons X. Beaucoup plus accessoirement agirait le plomb déposé dans ces zones.

Actuellement le rôle joué par le métal semble en réalité, beaucoup plus important. Il pourrait à lui seul provoquer cet accroissement de densité des os, comme tendraient à le prouver les résultats des analyses chimiques qui ont été faites.

Normalement les quantités de plomb trouvées dans

les os sont très faibles.

Voici des chiffres normaux que nous avons empruntés à KEHOE.

Poids Plomb trouvé Plomb en grammes en milligrammes| en milligr. % Enfants de moins de six ans OSlongs Free 832,5 9,50 1,142 Ostplatseer ee 1764 18 1,022 | Adulte

OSiplatstes "7" 92,8 1,03 (ll

Il s’agit donc de traces peu importantes.

Or, voici les chiffres qui ont été trouvés à l'analyse M. Larrivé 3

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