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chimique par Aus et ses collaborateurs au niveau des
zones anormales :
0,527 grammes de plomb par gramme d'os dans un cas de Vocr, et 0,7 grammes dans un cas de Car- Fey, traduisant ainsi l’existence de dépôts de plomb importants dans le squelette.
Chez des ouvriers du plomb Minor et Aus ont montré que les quantités de métal pouvant être stockées dans le squelette variaient couramment entre 0,2 et 0,8 gramme.
Le fait, d’ailleurs, n’est pas pour étonner ; il a été prouvé expérimentalement que le plomb était facilement absorbé par la substance osseuse et pouvait remplacer chimiquement le calcium. L'expérience, très simple, consiste à faire passer une solution de plomb de concentration connue à travers de l'os écrasé jusqu’à ce que le plomb soit complètement absorbé. L’analyse du filtrat montre que le calcium est libéré en quantités variables avec le plomb absorbé.
Le plomb étant fixé aussi facilement et en quantités si importantes dans le squelette, il était logique de penser que celui-ci avait une part de responsabilité
directe dans l’opacité aux Rayons X des os atteints.
49 MÉTABOLISME DU PLOMB.
L'expérience que nous venons de rapporter nous
fait du reste aborder un problème d’une portée beau- \ /
coup plus générale : c’est celui du métabolisme du
plomb dans l’organisme. Quelle que soit la voie d’ab-
sorption (digestive, respiratoire ou cutanée), le plomb passe dans la circulation générale. Une partie du métal est ensuite excrétée, en particulier par l’intermédiaire des urines et des fèces, une autre partie importante se fixe dans les organes, avec une prédilection nette pour certaines régions de l’organisme où semblent exister de véritables centres de stockage. Le squelette apparaît comme l’un de ces centres les plus importants. Le plomb se fixe là sous forme de phosphates. Ce sont là des faits connus, qui ont été corroborés par de nombreuses analyses chimiques (1). Une fois fixé dans le squelette, le plomb se comporte de façon absolument parallèle au calcium. Il ressort de façon indiscutable des travaux de Aus et de ses associés que tout facteur augmentant l’excrétion du calcium augmente aussi celle du plomb et inversement : les régimes pauvres en calcium, les acides, les alcalis, la parathormone, qui sont des facteurs d’hyperexcrétion calcique, accroissent de façon notable l’excrétion du plomb. L'expérience suivante tend à prouver ce fait. Elle a été rapportée par DonarD Hvuwrer ; des sujets présentant un saturnisme chronique sont mis à un régime pauvre en calcium et on leur donne de la parathormone dans le but de déterminer le débit total de calcium et de plomb. On note alors une élévation importante et prolongée du calcium (1) Il aété publié de nombreux tableaux récapitulatifs des faits
que nous exposons sommairement. Nous ne pouvons les rapporter ici. Signalons que parmi d’autres auteurs, KEHOE et ses col-
laborateurs se sont particulièrement attachés à cette étude du métabolisme du plomb.
PR De
dans le sang. On cherche si le plomb déposé peut, ou non, être mobilisé avec le calcium. La parathormone augmente de façon indéniable l’excrétion du plomb. De toute évidence la parathormone mobilise raptdemerit et effectivement à partir des os une certaine quantité de plomb disponible. Dans le métabolisme normal le plomb est mobilisé beaucoup plus lentement.
Une autre preuve, clinique, de ces rapports du métabolisme du plomb et du calcium est apportée par l’observation suivante de CAFFEY.
C’est l’histoire d'un enfant de 3 ans, qui présentait, outre un saturnisme certain (présence d’hématies ponctuées, dans le sang, hyperalbuminorachie, présence de quantités importantes de plomb dans les urines), des symptômes de rachitisme, surtout mis en évidence par la radiographie qui montrait, au niveau du squelette, des signes nets de rachitisme. On ne notait pas de ligne transversale plombique. Le fait peut s’expliquer (selon Carréx) de la façon suivante ; le rachitisme empêchant le dépôt de calcium et de plomb dans les zones osseuses de croissance s’opposait ainsi à l’hypercalcification habituelle dans les zones de dépôt de plomb constatées au niveau des os dans le saturnisme. ;
Enfin, il existe un rapport net entre le dépôt du métal et la rapidité de la croissance. Park et Jackson, étudiant des clichés pris sur des enfants âgés de un à treize ans, ont montré qu'après cinq ans le développement des bandes plombiques dans les zones de
croissance (c’est-à-dire aux extrémités) des os longs
RUE DNA
n'est pas un phénomène aussi défini et aussi constant que chez les enfants plus jeunes. Au delà de cet âge la valeur diagnostique de ce symptôme diminue.
Les faits que nous venons de rappeler montrent donc l’existence indiscutable (affirmée par la radiologie et l’histologie) de modifications osseuses au cours du saturnisme chez l’enfant.
Nous n’avons pas retrouvé une étude parallèle et aussi complète de ces manifestations chez l’adulte. Il ne faudrait cependant pas en conclure qu’elles n’existent pas ; nous n’en voulons pour preuve que l’observation rapportée en 1936, par Askanazy à ia Société médicale de Genève.
Il s'agissait d’un ouvrier de 39 ans, qui après avoir travaillé longtemps en contact avec plusieurs substances toxiques, en particulier le plomb, succombait à une néphrose-cirrhose avec une azotémie à 3 gr. 94 °/,,. L'autopsie pratiquée permit la constatation d’une cirrhose rénale prononcée, d’un cœur hypertrophié, d’une hydropisie généralisée, avec une gingivite marginale et paradentose, et, comme complication une endocardite mitrale récente. On constatait enfin, l'existence d’une ostéosclérose généralisée qui, au premier abord, semblait vouloir s'opposer à la notion de saturnisme chez ce sujet.
Mais l’analyse chimique montra que les côtes, les mâchoires, la calotte cranienne contenaient à l’état frais, ou réduites à l’état de cendres, beaucoup plus de plomb que les moyennes habituelles. C'est ainsi
que, après calcination, les côtes ren fermaient 16,5 mil-
D vage
ligrammes pour cent, les chiffres normaux étant de x à 3,6 milligrammes pour cent. La mâchoire 12,5 milligrammes pour cent (au lieu de 2,2 à 5,5 milligrammes). Le crâne 8,7 milligrammes pour cent (chiffres normaux de 0,9 à 2 milligrammes pour cent).
Un examen histologique fut pratiqué qui montra malgré l'ostéosclérose macroscopique l’existence d’une ostéodystrophie fibreuse latente. On voyait en effet quelques espaces médullaires remplis de tissu fibreux, vascularisé, avec des ostéoclastes sur les bords osseux. Au niveau du fémur : transformation des canaux de Havers normaux, en des espaces élargis, limités par des lamelles d’aspect lacunaire et renfermant de la moelle fibreuse, des ostéoclastes orientés vers les canalicules encore intacts. Les signes récents d’apposition osseux ne manquaient pas dans les coupes examinées. Les lésions sont donc, au moins en partie, imputables au plomb. Et si elles ne sont pas superposables aux observations des pédiatres américains, elles n’en semblent pas moins indiscutables.
L'auteur (Askanazy) fait remarquer pour conclure que la lésion saturnine typique du squelette peut se dissimuler et que le tableau histologique de cette ostéosclérose n’est pas analogue à l’ostéite déformante de PAGer.
Ainsi donc, il semble prouvé que le plomb est susceptible de produire des inodifications osseuses, qui, bien que ne donnant lieu à aucun trouble fonctionnel particulier chez les sujets atteints, n’en sont pas
moins intéressantes au point de vue pratique.
FOSC
Il est vraisemblable que cette fixation du plomb dans le squelette doit jouer un rôle dans la détermination du saturnisme en général et plus particulièrement de ses accidents aigus.
En effet, d’une part, le plomb continue à se libérer progressivement à partir du squelette lorsque l'intoxication a cessé (disparition progressive à la radiologie des ombres osseuses décrites : il a été trouvé du plomb dans les matières fécales des sujets qui n'étaient plus exposés à l’intoxication depuis deux ans, et dans les urines jusqu’à onze ans après) ; d’autre part, il est susceptible de se libérer de façon massive sous l'influence de différents facteurs modifiant le milieu humoral (surtout en faveur d’une acidose).
La constatation de ces anomalies osseuses et de leur symptomatologie radiologique est d’une importance considérable dans le diagnostic du saturnisme chez l'enfant.
Chez l’adulte, la question a été peu étudiée et méri-
terait d’être reprise.
50 ExPÉRIMENTATION.
Une dernière preuve de l’origine plombique des lésions osseuses observées, est la possibilité de les reproduire expérimentalement.
Le chien et le rat sont des animaux de choix pour ces expériences. Ils reproduisent les troubles habi-
tuels chez l’homme. Lorsqu on leur administre du