‹ Contribution à l'étude des ostéoses métalliques: Cadmium, Plomb, BismuthChapitre 27 sur 37 · LEGS · texte numérisé non relu

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On obtenait la même chose en remplaçant du carbonate de calcium par du carbonate de béryllium. Ces rachitismes n'étaient pas empêchés par l'huile de foie de morue ou les rayons ultra-violets.

Quoi qu’il en soit, nous allons rapporter quelques-unes des expériences qui concourent à donner leur individualité propre aux trois métaux faisant

l’objet de ce chapitre.

Le Béryllium.

Guiarr-Kay et Brannion ont attiré l’attention sur des cas de rachitisme du béryllium. Ils ont constaté en substituant au régime rachitique de Mc. Carcum, le carbonate de béryllium au carbonate de calcium, chez des rats en période de croissance, l’apparition d’une forme grave de rachitisme.

Si on ajoute à un régime normal du carbonate de béryllium on obtient un arrêt de développement avec déformations typiques du rachitisme au niveau de la cage thoracique, constatées aussi à la radiographie.

Avec une dose de 1 % de béryllium on note à la radiographie une diminution de densité avec défaut de calcification du cartilage épiphysaire.

Avec 0,50 % apparaissent des lésions typiques au niveau de l’extrémité supérieure du tibia, semblables à celles que l’on observe dans le rachitisme expérimental.

Avec 0,25 % et o,1 % les lésions sont beaucoup

moins importantes.

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Du point de vue biochimique on constate une diminution du phosphore inorganique dans le plasma sanguin.

Le carbonate de béryilium introduit dans l’organisme avec le repas se transformerait par action du

suc gastrique en chlorure de béryllium.

Le sélénium.

Ce métal provoque des lésions assez différentes.

L’expérimentation a surtout été faite par Bauer. Il réussit à provoquer des manifestations analogues a celles produites au cours de l’intoxication naturelle. L'expérimentation fut faite sur trois cobayes, sur une chienne et sur une chèvre. Nous n’en rappelons ici

que les traits essentiels.

Chez deux des cobayes on notait une mauvaise ossification sous-périostée (présence d’un liséré ostéoïde) et d'une hyperémie aux limites ostéocartilagineuses.

La chienne réagit aussi par quelques modifications osseuses : au niveau des vertèbres, la lamelle limitante était le siège d’une forte hyperémie. Le cartilage était le siège d’une dégénérescence mucoïde marquée. Les trabécules entourés par place par un endoste large, œdématié, avec peu d’ostéoclasie.

Au premier stade de l’intoxication était observée une diminution importante de la phosphatase, manifestation décrite par RurisHauser et Brancar comme

signe constant dans l’intoxication métallique. Plus

tardivement, il ÿ avait une ascension lente qui finalement arrivait à la moitié de la valeur primitive.

On a voulu tirer de ces faits des analogies avec l’intoxication par le plomb ; cependant, il existe par rapport aux os une différence essentielle : la contenance des os en sélénium est cent fois plus faible que la teneur en plomb dans l’intoxication saturnine.

Ainsi la chienne (périoste des os diaphysaires) présentait moins de 0,01 milligramme pour cent, tandis que dans certaines intoxications chez le lapin, le taux du plomb peut atteindre jusqu'à 2,8 milligrammes pour cent. L'action directe sur les os est beaucoup moins importante dans le cas du sélénium que dans le cas du plomb. Il se présente bien quelques espaces fibreux avec des ostéoclastes, mais leur étendue n’est pas comparable avec celle de l’ostéopathie saturnine, Par contre, dans le cas du plomb on n’a jamais décrit les lésions ostéoïdes constatées

dans le cas du sélénium.

Le Strontium.

Différents auteurs : STOELTZNER, LEHNERDT, SHIPLEY et Park, MouriQuann et LEuLIER, ont montré que l’ingestion des régimes rachitigènes usuels (PapPEN- HEIMER. Ranpoi et Lx Coo) ne provoquait aucune dystrophie osseuse chez le rat adulte ou en fin de croissance, mais qu'elle était au contraire génératrice de lésions du type rachitique dans les régions juxtadiaphysaires des épiphyses des os longs, quand

M. Larrivé 5

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les mêmes régimes étaient additionnés de 2 % de carbonate de strontium. En même temps se produisent des pertes de phosphore très importantes, dues principalement à une excrétion fécale de phosphate de strontium.

Celle-ci est d’un ordre de grandeur hors de proportion avec les manifestations histologiques et radiographiques de la dystrophie. Pour Mme A. Rocxe et M. M. MourGue, elle ne peut être réalisable que grâce àune mobilisation des sels du squelette n’affectant p as exclusivement les régions où s'organisent les lésions.

Ceci ressort de l’étude de la composition des épiphyses et de la diaphyse des os longs chez des rats adultes au cours de l'évolution du rachitisme au strontium. :

Les expériences ont porté sur dix rats adultes (Poids moyen 175 grammes) soumis au régime de PaPPpENHEIMER N° 85, additionné de 2 % de carbonate de strontium. Les animaux ont été sacrifiés après des périodes plus ou moins longues et les deux fémurs prélevés. Les auteurs ont étudié le degré de minéralisation des régions épiphysaires et diaphysaires de ces os dont les lésions anatomiques sont localisées dans la zone diaphysaire des épiphyses. Pour cela ils ont dosé la teneur en azote et en phosphore de ces fragments osseux et établi le rapport Phosphore % FA To ter Un

ont conclu des résultats de ces expériences que :

(véritable indice de calcification). Ils

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— le rachitisme au strontium de l'adulte, bien que provoquant uniquement des lésions juxtadiaphysaires des épiphyses, comporte une déminéralisation générale des os longs, qui se traduit par une perte importante en phosphates et par un abaïissement du rap-

E : : J port N” lequel tient à l’appauvrissement

des os en sels et à leur enrichissement relatif en stroma protéique ;

— les épiphyses participent plus activement que la diaphyse aux pertes en sels provoquées

par le déséquilibre alimentaire.

Ajoutons que le magnésium est susceptible de produire des faits très comparables sur lesquels il nous

semble inutile d’insister davantage.

Nous voudrions, en terminant cet exposé, rappeler les conclusions publiées dans sa thèse par QueLoz, en 1937.

Cet auteur, dans une série d’expériences personnelles, faites à l’aide de différents métaux constatait qu'ils étaient nombreux à pouvoir produire des altérations du squelette : le platine, l’or, le baryum, le lithium, l’uranyle. |

D’autres semblent ne jamais provoquer de tels troubles : ce sont l’argent, le cuivre. L’auteur ne possédait pas d’expérimentation personnelle concernant le mercure. Mais jamais ce métal n'a été signalé comme réagissant sur le squelette et cependant il s’agit d’un métal ayant de larges utilisations dans

l’industrie et la thérapeutique.

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