‹ Contribution à l'étude des oto-mastoïdites du nourrissonChapitre 12 sur 42 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'otite latente primitive ou secondaire

Il sera bien difficile souvent de répondre nettement à cette question.

Dans l’observation que nous rapportons au n° 27, la paracentèse pratiquée au début du syndrome cholériforme n’a montré qu’un tympan mou, sans réaction, sans issue ni de pus, ni de sang, ni de sérosité. L’antrotomie pratiquée six jours plus tard, montra la présence de pus et de fongosités dans l’antre. L’oto-mastoïdite existait-elle déjà au début, bloquée (il existait cependant une image otoscopique modifiée), ou bien a-t-elle été seulement secondaire. Cependant nous devons examiner attentivement les signes de probabilité de l’une ou de lPautre de ces formes, la thérapeutique devant être différente dans chacune de ces formes. ,

| ns: et . ob & la de = C’est une hypothèse séduisante qui semble : répon- = dre au moins dans certains cas à une réalité clinique, —

mais aucune des preuves apportées à l'appui de cette ee.

conception n’est exempte de critiques. :

| Du fait que les lésions coexistent, on ne peut ti- . rer de déduction quant à leur ordre d’apparition.

Les renseignements fournis par l’interrogatoire et l'examen clinique ne permettent pas dans tous les cas de trancher la question...

a) Lorsqu'on voit, au cours d’une otive. avérée en absence de tout autre foyer infectieux, de toute erreur diététique, survenir un syndrome cholérique, le doute n’est guère permis; l’origine otitique des accidents causés semble indiscutable;

b) Lorsque l’oto-mastoïdite est découverte pour la première fois lors de l'examen systématique du nourrisson atteint de diarrhée cholériforme, la relation entre les deux ordres d’affection est moins évidente; en présence de troubles simultanés, la preuve de l’affection initiale est souvent impossible à faire.

Ces formes secondaires découvertes à l’occasion d’un examen systématique après de longues semaines d’hypothrepsie développée à la faveur de déficien-

multiples) n entraînent cn. e die don. appré- : ciables de la courbe thermique. Lorsqu” on les décou- vre au cours d’ états hypothrepsiques déjà anciens, : rien prouve qu’ elles n ’existaient 1 depuis le dé but; et ; ni

c) Enfin, os le dau. cholériforme est.

isolé, qu'il n'existe aucun signe net de localisation infectieuse, on ne saurait incriminer systématique- É ment une suppuration latente de l’antre mastoïdien ; £ tout au plus peut-on soupconner le rôle problématique d’un foyer d'infection indiagnosticable.

. Pour nous, nous avons signalé comme les oto-masdites secondaires celles apparues au cours d’un syndrome cholériforme, plusieurs examens ayant per-

mis de vérifier l’intégrité des tympans au début de la maladie (Observations 31 bis, 32, 33).

Fréquence des oto-mastoïdites primitives et secondaires.

Ces règles peu précises de discrimination entre oto-mastoïdite latente primitive et secondaire étant établies, pourrons-nous nous servir de la notion de fréquence pour les diagnostiquer.

Le nombre de syndromes. cholériformes primitifs, varie suivant de nombreuses caüses.

Depuis longtemps, les classiques avaient signalé la plus grande fréquence de syndrome cholériforme

en

“ en été, par suite de la conservation difficile du lait. MARFAN, qui avait fait prévaloir cette opinion, constate à l’Hospice des Enfants assistés, une diminution des cas d’athrepsie et de diarrhée cholériforme sous l'influence des modifications de l’alimentation. Mais les suppurations de l'oreille ont la même fréquence qu'auparavant, ne s’accompagnent pas en général de troubles graves de la nutrition. Il y a donc des otomastoïdites isolées, et il pense que même lorsque lotite paraît primitive, les conditions antérieures du sujet interviennent dans sa génèse (Gazette des H6pitaux, n°° 67-68, 1941). 3

Ces syndromes cholériformes primitifs peuvent suivant les conditions de vie, apparaître aussi tout à fait isolément. DEBré, dans la séance de la Société de Pédiatrie du 15 février 1946 (in Semaine des Hôpitaux, 21 février 1946, p. 293), rapporte la grosse mortalité des nourrissons par mauvais rapatriement d'Allemagne. Il s’est toujours agi d’infections digestives primitives et les oto-mastoïdites observées ont toujours été secondaires.

Quelle est, en milieu hospitalier, la fréquence de ces formes secondaires ?

SOREL et BarDtEr les constate dans 42 % des cas.

CRENET et L’HrroNDerLe les admettent dans 10 des cas seulement. |

En tous cas, ces auteurs sont d’accord pour admettre leur gravité (40 % de guérison quand elles sont secondaires, au lieu de 77 % quand elles sont primitives). <

pe

NoBÉCOURT, dans sa statistique de 1941, ne trouve que 14 % de syndromes cholériformes franchement - secondaires.

Dans 85 %, les signes généraux sont primitifs; ils ne traduisent, en réalité, que la deuxième étape septicémique d’une infection du rhino-pharynx ou une oto-mastoïdite à la période septicémique.

Si l’examen du rhino-pharynx et de l’oreille sont négatifs, il faut les répéter souvent et les signes d’oto-mastoïdites apparaîtront.

Pour établir un pronostic dans ces oto-mastoïdites, on peut les diviser suivant CRENET et L’Hrron- DELLE en oio-masioidites secondaires complication, où l’on pourra bien qu’en une faible proportion, espérer une amélioration ou une guérison par le traitement des spécialistes; et oto-mastoidites seconduires épiphénomes où l’on ne pourra rien attendre de la paracentèse de l’antrotomie ni du lavage de l’antre; dans ce cas, elles traduisent une défaillance de Pétat général au cours d’une infection qui progresse,

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