‹ Contribution à l'étude des oto-mastoïdites du nourrissonChapitre 4 sur 42 · MONSIEUR LE PROFESSEUR LASSERRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR LASSERRE

suppléant.

Introduction

Longtemps, les syndromes cholériformes du nourrisson furent considérés comme uniquement d’origine digestive. : -

Actuellement, si cette étiologie est indiscutable dans certains cas, dans d’autres on doit rechercher un foyer pour infectieux, cause déclenchante de tels

syndromes.

Le diagnostic de choléra infantile, diarrhée cholériforme, n’est qu’un diagnostic de syndrome, pour être complet, il faut dépister l’infection causale car, à celle-ci, dans certains cas, peut-être opposée une thérapeutique spécifique,

Nous allons essayer de retracer rapidement les différentes étapes qui ont abouti à la conception actuelle. Si elle n’en résume pas à elle seule toute l’étiologie, l’oto-mastoïdite latente du nourrisson se retrouve néanmoins assez fréquemment à l’origine des syndromes cholériformes,

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Nous aurons surtout en vue dans ce travail les syndromes cholériformes qui s’accompagnent d’une réaction oto-mastoïdienne. Si nous parlons de temps en temps des syndromes cholériformes isolés, c’est pour les opposer à ceux qui font l’objet de cette étude.

Jusqu’à la fin du XIX' siècle, on décrit uniquement dans les traités classiques (HUTINEL) l’otite. suppurée. Le diagnostic n’est fait le plus souvent que par la « tache sur l’oreiller ». Si l’on connaissait depuis les travaux des anatomistes du XVIF siècle (DuvERNEY, 1683), l’énorme pourcentage de lésions des cavités de l’oreille à l’autopsie des nourrissons, on ne cherchait pas à interpréter ces faits. Quelques auteurs les considèrent comme un phénomène physiologique lié à la régression plus ou moins tardive du tissu embryonnaire.

En 1858, Von TroELTSH étudie ces otites sans tenir compte de l’otoscopie qui n’était pas encore vulgarisée. En 1868, ZAurAL fait une double paracentèse et constate l’écoulement de pus.

En 1869, PERROT signale, le premier en France, le retentissement que peuvent avoir les lésions de l'oreille sur l’état général. Ces lésions, qu’il qualifie « d’inflammations catarrhales, peuvent se rencontrer avec des affections très diverses, en première ligne la pneumonie et celles si nombreuses à cet âge du tube digestif; dix-neuf sur vingt des enfants atteints de ces affections, présentent à un degré quel-

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conque des lésions de l'oreille moyenne... La plupart des enfants sur lesquels on les observe, ont ‘éprouvé pendant un temps variable des troubles de la nutrition ». Le rôle du terrain et l’existence de ce que l’on appellera plus tard oto-mastoïdite secondaire est déjà entrevue.

Par la suite, les auteurs s’attachent à démontrer l’extrême fréquence aux autopsies des nourrissons des suppurations des cavités de l'oreille, Hs donnent des statistiques variant de 75 à 100 % des cas lorsqu'ils ouvrent la caisse et l’antre de nourrissons morts de troubles digestifs.

En 1898, ViErLLArD montre que seulement dns 35 à 40 % des cas il s’agit d’otite véritable. Dans les autres cas, le pus ou muco-pus contenu dans les cavités de Voreille est d’origine pharyngée, la pénétration ayant eu lieu pendant l’agonie.

En 1903, BarsiLLON, dans une étude complète, mentionne le nombre considérable d’oto-mastoïdite qui passent inaperçues et se demande si cette affection est bien toujours leffet et non pas quelquefois la cause des troubles de l’état général. Il pose nettement le problème de ce que nous appellerons par la suite les oto-mastoïdites primitives.

ComBy, en parlant le premier « d’oto-mastoïdites latentes » va pousser à l’extrême ces notions. « Il faut admettre, dit-il, que dans toutes les maladies générales de l’enfant, l'existence de l’otite moyenne

est la règle, et que si la marche de la maladie ne per-

met pas d'attribuer à une autre cause la persistance d’un état fébrile septicémique, loreille doit être mise en Cause. :

A l’appui de ces idées, M. RENAUD, en 1921, va apporter ses preuves anatomiques. Reprenant les travaux de ses devanciers, il trouve à l’autopsie de nourrissons morts à la suite d’un syndrome cholériforme, des suppurations de la caisse et de l’antre dans 100 Z des cas.

« Ce sont elles (otites et suppurations du rocher) qui sont responsables de la léthalité de la première 7e enfance, dit-il. » Il met sur le compte de l’oto-mas- : toïdite la grande majorité des états étiquetés jusqu’alos « gastro-entérite aigüe, choléra infantile athrepsie ». Son élève, ARBELTIER, dans sa thèse, étudie les signes qui permettent de diagnostiquer des otomastoïdites latentes. :

En 1925, au Congrès d’otologie, LE MÉE résume dans son rapport l’évolution de cette question et en fait la mise au point. Il revient sur l’importance de l'examen otoscopique. La même année, VESSELLES. dans sa thèse, rappelle que M. RENANT même, avait signalé les modifications tympaniques qui permettent de porter l'indication à la paracentèse. Il souligne aussi les résultats décevants dus à un mauvais état général et à l’évolution prolongée de la maladie.

Depuis ce temps, la notion de l’extrême fréquence des suppurations oto-mastoïdiennes avait prévalu et tout l’effort des auteurs s’était tourné vers un diag-

ne DEN va RP:

Plan

Après avoir recherché dans le Premier chapitre s’il existe des causes favorisant l’apparition de l’otomastoïdite latente, nous verrons à, l’occasion de quels syndromes on est appelé à rechercher une at-

teinte oto-mastoïdienne et quels signes à des exa-

mens attentifs cet répétés permettent de découvrir au niveau de l'oreille. : |

Nous chercherons à voir dans un troisième chapitre si cette oto-mastoïdites que nous venons de diagnostiquer, est la cause des troubles généraux qui nous ont aiguillé dans son diagnostic ou bien une conséquence de tels troubles, le nourrisson trop faible ne pouvant résister à diverses infections.

Mais étant donné l’importance de ces signes généraux qui masquent parfois les signes locaux otomastoïdiens, la question s’est posée de savoir si ces derniers ne faisaient pas fréquemment défaut. On a parlé dans ce cas d’oto-mastoïdite occulte,

Doit-on admettre son existence ?

tds

Tous ces points de vue ont des sanctions thérapeutiques parfois différentes. Nous les examinerons dans un dernier chapitre, en exposant le point de vue auquel nous nous tenons, nous basant sur nos résultats.

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