CHAPITRE PREMIER
Introduction
À une époque assez peu éloignée, toute l’histoire des syndromes abdominaux aigus se réduisait à deux affections types qui imposaient le traitement chirurgical d'urgence : locclusion intestinale et la péritonite.
Mais les progrès modernes de la pathologie en général et les constatations particulières faites au cours des interventions ont permis d'isoler une série d’affections à symptomatalogie plus ou moins analogue, à indications opératoires identiques, mais à pronostic bien différent. C’est ainsi qu'après l’appendicite, la perforation d’un ulcus gastro-duodénal, les cholécystites aiguës, etc, les pancréatites aiguës hémorragiques ont pris leur place dans la chirurgie abdominale d'urgence. Et celles-ci sont moins rares qu’on ne le
ner
croit habituellement et que semble indiquer le nombré asséz réstréinit d’obsérvations publiées chez nous.
MM. Leriche et Arnaud prétendent, il est vrai, que la maladie serait moins fréquente en France qu’en Allemagne et dans les pays anglo-saxons. Ne seraitelle pas aussi bien souvent méconnue ? Si l’on en croit d’ailleurs M. Brocq, ce qui importe avant tout, « ce n’est pas tant de faire un diagnostic exact que d’opérer au plus tôt ».
Le diagnostic serait donc peu important du fait de l'indication opératoire absolue. Encore faut-il, le ventre ouvert, reconnaître d’emblée‘les lésions caractéristiques et leurs causes si possible en vue d’une thérapeutique particulière et -efficace.
Ainsi s'expliquent les travaux cliniques et expérimentaux en nombre hors de proportion avec les cas, sémimé toute assez rares, où il est possible d’en faire le diagnostic « in vivo ou anatomique ».
Nous nous défendons ici de vouloir solutionner quelques-uns des problèmes qui touchent à la nécrose aiguë du pancréas. C’est une question trop vaste, trop coïpléxe et où bien des obscurités persistent encore. Nous rapportons simplement quelques observations (6) recueillies dans un service d’urgence ; elles nous ont été confiées par M. le Docteur Gignoux, chirurgien dés Hôpitaux de Saint-Etienne. C’est lui qui nous a inspiré cette thèse et nous le remercions des conseils’aimables qu’il a bien voulu nous prodiguer au cou?s de sa rédaction.
Et c’est pour nous l’occasion de donner une vue très générale de la question, de résumer les nombreu-
Et fe 22
ses expériences qu’elle a suscitées, de grouper les quelques acquisitions récentes et d'exposer « les conceptions pathogéniques opposées dont les nombreuses inconnues font de la pancréatite aiguë hémorragique une attachante question ».
Encore nous excusons-nous de ne pouvoir apporter dans ce travail une documentation complète et l’exposé des travaux innombrables qui ont été publiés.
£ RE on rt
ay