‹ Contribution à l'étude des Paralyses Cubitales Tardives (à propos de 4 observations)Chapitre 12 sur 27 · DT ES · texte numérisé non relu

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fléchisseur et opposant du petit doigt), les muscles interosseux, l'’adducteur du pouce, le faisceau profond du court fléchisseur du pouce et les troisième et quatrième lombricaux.

Nous nous trouvons en présence d'une main maigre, décharnée. La fonte de l’adducteur du pouce est particulièrement évidente; elle creuse le premier espace interosseux d'une fossette que Sicard appelait la « deuxième tabatière anatomique ».

En outre, l'atrophie des interosseux forme de véritables gouttières entre les métacarpiens. L'’éminence hypothénar est complètement aplatie, le bord cubital de la main tout à fait aminci.

À cette atrophie se joint l'attitude spéciale, si caractéristique de la

d) Griffe cubitale.

Elle était présente, plus ou moins accentuée, dans 3 de nos 4 observations.

Elle résulte de la paralysie des interosseux et des deux lombricaux internes : les doigts se mettent dans la position inverse de celle qu'ils prennent quand ces muscles sont en action. [Il y a donc hyperextension de la première phalange et flexion des deux autres l'extension est due à la présence unique de l’action de l'extenseur commun des doigts, la flexion provient de l'action du fléchisseur commun superficiel.

La griffe est plus marquée aux deux derniers doigts, parce que pour l'index et le médius, les lombricaux innervés par le médian suppléent l’action des interosseux. .

En règle générale (et chez tous nos malades en particulier), cette griffe, d'origine paralytique (défaut d'action de certains muscles) est très facilement réductible. Cependant, dans une récente observation, Mouchet [42] rapporte la présence « d'une rétraction de l'aponévrose palmaire encore à son début,

localisée au segment cubital de cette aponévrose; comme c'est du reste la règle dans la maladie de Dupuytren..… ».

La conséquence de ces paralysies motrices est que très précocement les »%,

e) Troubles parétiques-

sont constatés par le malade.

Ils mettent souvent le sujet dans l'impossibilité de continuer à exercer sa profession et l'amènent à consulter.

Ainsi l’ébéniste de Guérin [20] ne pouvait plus tenir ses clous entre l'index et le pouce. Le malade de notre observation n° 3 éprouvait de la difficulté à compter les pièces de monnaie et à écrire. :

En effet, si la paralysie cubitale en elle-même ne diminue que faiblement la force de préhension de la main, elle gène surtout les mouvements délicats tels l'écriture, le maniement des outils de petites dimen- ‘sions, etc. |

Froment a décrit un test dit « signe du pouce » ou « du journal ». C'est un des meilleurs signes de la paralysie cubitale, car 1] met en évidence la paralysie de l’adducteur du pouce. |

Lorsqu'on demande au malade de saisir avec les deux mains un journal plié et d'exercer à ses extrémités une traction énergique et divergente, voici ce que l'on constate : du côté sain le pouce est étendu et adhère fortement au journal sur tous les points; il le maintient ainsi solidement; du côté paralysé, le pouce fléchit sa dernière phalange, s’arc-boute et ne le saisit qu'au bout du doigt. En même temps, on remarque l'absence du gonflement du premier espace interosseux qui est très évident au contraire du côté sain.

Le signe de Froment était positif dans nos deux premières observations, négatif dans la troisième,

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douteux dans la quatrième où la névrite était beaucoup plus récente.

Comme test de la paralysie des mouvements de latéralité

On fait appliquer les deux mains du sujet l’une contre l'autre, la face palmaire en contact, et on demande au sujet d'écarter les doigts : la faiblesse est évidente, les doigts du côté paralysé restent en demiflexion et leur abduction (par rapport à l’axe de la main) est moins marquée que du côté sain.

Certains auteurs décrivent des troubles trophiques cutanés et des modifications vasomotrices assez accusées : froid, cyanose, œdème, et même ulcérations cutanées. Ces phénomènes ont attiré notre attention dans notre observation n° 2 où la peau de l’auriculaire était lisse, mince, cyanosée en permanence. A

Si nous recherchons les réflexes tendineux au poignet et au coude, nous les trouvons normaux.

Pour préciser l'étendue des lésions du nerf cubital, il est nécessaire de procéder à

fi L’Examen électrique.

Il nous renseigne sur la valeur fonctionnelle du nerf et des muscles.

Ses modifications à des examens espacés nous précisent, d'ailleurs avec un temps de retard sur la clinique, l'évolution de la lésion nerveuse.

Au début, nous observons des réponses normales ou une simple hypoexcitabilité galvanique et faradidue. :

L'aggravation se traduira par la lenteur de la secousse musculaire : on aura une R. D: partielle puis totale.

* Enfin, une inexcitabilité galvanique et faradique sera la preuve d'une KR. D. absolue.

I. — L'EXAMEN COMPLET DU MEMBRE SUPERIEUR attirera ensuite notre attention sur les déformations du coude et de l'avant-bras, séquelles fréquentes de traumatisme ancien.

a) Nous rechercherons d’abord l'existence du

Cubitus Valgus.

Et dans trois de nos observations, nous avons noté la présence de cette déviation à des degrés variables. En effet, au lieu des 1/0” que mesure normalement l'angle ouvert en dehors entre le bras et l’avant-bras nous avions : Première observation : 145; deuxième observation : 150°. Dans l'observation n°3 » 160’.

Comme le fait remarquer Mouchet, nous constatons parfois à l'inspection et mieux encore au palper que le condyle externe de l’'humérus est déformé; il est remonté généralement, et quoique saillant sous les téguments, il est diminué de volume. Il semble très atrophié quand on le compare au condyle sain.

Mais à première vue, le coude est souvent d'aspect normal. Cependant, si nous pratiquons la mobilisation passive de cette articulation, nous constatons presque toujours une réduction nette de l'amplitude des mouvements : Lente est limitée à 140° dans notre observation n° 2, la flexion complète est légèrement gênée dans notre observation n° 3, et notre quatrième malade a un blocage presque complet de son coude : il est vrai que dans ce cas la fracture était beaucoup plus récente.

L'examen minutieux du coude nous rend compte d'une tendance à la subluxation en dedans du bec de l'olécrâne, où tout au moins d’un rapprochement des bords de la gouttière épitrochléo-olécrânienne. Ceci, évidemment, d'autant plus que le cubitus valgus est plus accentué.

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La gouttière de réception étant dans certains cas presque effacée, le nerf cubital pourra être senti roulant sous la peau et augmenté de volume. Pour certains auteurs, la pression du nerf faite à ce niveau donne, dans la règle, des sensations désagréables de fourmillement, d'électrisation plus marquées qu'à l'état physiologique. Au contraire, pour H. Roger [58] cette même pression qui est localement douloureuse provoque moins souvent que du côté sain ces sensations pénibles de décharges électriques habituelles.

b) La Radiographie du coude :

qui ne manquera pas d'être faite précisera l'étendue des lésions osseuses. Les fractures anciennes seront identifiées

Souvent, nous l'avons vu, il s'agira de fractures de l'extrémité inférieure de l'humérus, intéressant notamment le condyle externe.

Fréquemment, celui-ci {comme dans l'observation de Broca et Mouchet 1899), sera « comme détaché et séparé du reste de l’'humérus par un cal osseux, solide, mais perméable aux rayons X ».

Cette disjonction provient de ce que, après la fracture survenue dans l'enfance précédant l'ossification des points épiphysaires, il n'y a pas eu de soudure osseuse, mais formation d’un cal fibreux très serré. || en était également ainsi dans notre observation n 2. De même dans le cas de notre malade n° |, il eut été bien difficile, sans le secours de la radiographie, de nous rendre compte exactement de la nature des lésions : conträiremént à notre attente, elles consistaient en : résection de la tête radiale et atrophie du condyle externe. Ce qui, rétrospectivemenht permit de poser le diagnostic de fracture de Monteggia avec luxation irréductible de la tête radiale, ayant exigé une intervention sanglante.

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C'est encore la radiographie qui, éventuellement. nous montrera les lésions d'ostéu-arthrite, la présence de masses ostéophytiques exubérantes, de corps éirangers intra-articulaires, d'ostéomes, de kystes calcifiés. |

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