I. — Méthodes présentant un intérêt historique
Dès 1878, Panas [47] concevait la nécessité de l'intervention chirurgicale et proposait : «d'enlever l'agent de compression du nerf et de protéger celui-ci des atteintes du dehors à l'aide d' une cupule métallique, ou autrement... ». F4
En 1697, Fothérat pratiquait la libération simple
du nerf cubital : sans grand résultat d’ailleurs puisqu'il ne remédiait pas à la tension du nerf sur le bord interne de l’olécrâne.
À peu près à la’ même époque, Broëa [6], Sengensse [63], Sherren [64], tendaient à mettre le nerf au large par le ‘ creusement d’une gouttière épitrochléo-olécrânienne ».
Mais comme le remarque Mouchet [36], « la récidive peut survenir parce que le périoste. irrité reproduit de l'os ou parce que des adhérences peuvent survenir entre l'os dénudé et Île nerf ». Cette complication était évitée par Sherren qui entourait le nerf d'une gaîne d’or. Dans le même but Redard et Denuce recouvraient la gouttière osseuse néoformée d’un lambeau musculo-aponévrotique emprunté aux tissus VOISINS.
IT. — La reposition antérieure du Nerf Cubital.
Toujours à la fin du siècle dernier, Roux, de Laursanne procéda, le premier, à la reposition antérieure du nerf cubital.
Le résultat ne fut pas très encourageant. Maus il s'agissait d'une névrite invétérée datant d'un temps assez long.
Mouchet pratiqua également cette opération sur un jeune homme atteint de paralysie du cubital due à un cal vicieux de l’épitrochlée. || ne fut pas das antaze enthousiasmé car il trouva par Ja suite « le nerf en situation très superficielle exposé constamment aux pressions et aux chocs, et douloureusement tendu dans l'extension complète de l'avant-bras ».
Cependant, en 1913, Leclerc, de Dion, obtient avec cette méthode un succès rlurable. Par la suite, Bastiannelli, Lombard, Leriche, Murphy [44], Adson 1}, Miller [31], Platt 14%, Ricard [561 se déclarent satisfaits des résultats ob‘enus par la reposition antérieure du nerf cubital.
PALAU À: ROUES
Cette intervention est simple :
« Incision aïciforme découvrant la gouttière épitrochléo-olécränienne. Libération du nerf hors de cette gouttière. Reposition du nerf'en avant des muscles épitrochléens, sous la peau et le tissu cellulaire souscutané ».
Mais dans: cette nouvelle situation trop superficielle la protection du nerf cubital est nettement in: suffisante.
Aussi est-il créférable (Adson [1] 1918). de placer le nerf dans un véritable lit musculaire, de la facon suivante : « Après avoir sectionné la portion antérieure des muscles adjacents de flexion et de pronation de l’avant-bras (muscles épitrochléens) on les suture par-dessus le tronc nerveux ».
Magee et Phalen [30] insistent sur ce point de technique opératoire : « Quand le nerf est sorti de sa gouttière, il faut soigneusevent séparer du tronc principal jusqu'à un point situé bien au-dessus du coude, les rameaux musculaires (généralement au nombre de deux qui se rendent au muscle cubital antérieur et aux deux faisceaux internes du fléchisseur commun profond). Ceci permet au chirurgien de faire la reposition antérieure du nerf sans soumettre ces branches motrices à une tension exagérée. »
L'intervention est suivie d'üue immobilisation du coude à angle droit à l'aide d’ure attelle postérieure plâtrée et d'un bandage serré mais non compressif.
Au bout de dix jours, mise du bras en écharpe puis mobilisation rapide.
Les sujets dont nous rapportons l'observation ont, tous les quatre, été améliorés —- à des degrés variables — par la reposition antérieure du nerf cubital.
C'est une opération simple, nécessitant un temps minimum d'hospitalisation et qui donne d'excellents résultats,
TA
[IL — L'ostéotomie cunéiforme supra condylienne de l’humérus.
L'ostéotomie cunéiforme supra-condylienne de l'hu- . mérus, méthode décrite par Mouchet [36] en 1914, a aussi ses partisans. En voici le procédé
« Incision interne de 3 cm. de longueur au plus, menée juste sur Île bord interne de l’humérus, jusqu'à l'os. Section de l’humérus| par une incision perpendiculaire à l'axe prolongé de l'avant-bras à un travers de pouce au-dessus de l'épitrochlée; au-dessus section de l'os par une incision perpendiculaire à l’axe de la diaphyse, de facon à en détacher un coin osseux juste suffisant pour corriger le valgus. La fracture est achevée à la main. Pas de suture des muscles ou des aponévroses, p pas de drainage. Suture de la peau au crin de Florence. |
* Immobilisation de l'humérus ainsi ieture dans la position dite de Velpeau en peñnsement ouaté avec
des bandes de crépon : la main droite — si c’est le côté droit qui est opéré —- est placée sur le creux sous-
claviculaire gauche; le coude droit est par conséquent en flexion aiguë, appliqué sur le thorax. C’est le côté droit du thorax recouvert d'une couche d'ouate qui sert d'attelle au bras ostéotomisé ».
Cette méthode donna d'emblée à Mouchet der cellents résultats. La disparition de la douleur fut immédiate, l'amélioration de la névrite très rapide chez trois de ses opérés.
Comme la reposition antérieure, l'opération de Mouchet soustrait le nerf aux irritations répétées, en supprimant sa coudure sur un clécrâne subluxé en dedans. Elle présente en outre l'avantage de guérir le cubitus valgus — au prix d'un raccourcissement minime de l'humérus — et paraît donc être l'intervention de choix.
Cependant elle entraîne des suites opératoires
assez longues aux cours desquelles on peut craindre,
avec Gay et Love, que le nerf ne soit pris dans du
tissu cicatriciel ou gêné par une prolifération osseuse. 2 L #,
On peut rapprocher de l'opération de Mouchet, l'intervention pratiquée par Sorrel qui consiste en une « résection de l'épitrochlée en conservant le périoste et les muscles qui s'insèrent sur lui ».
Comme le précédent, ce procédé tend à la suppression du cubitus valgus, générateur de névrite cubitale.
Mais les mêmes critiques peuvent lui être opposées; et comme Guérin [20] on est en droit de redouter « la formation à la place de l'épitrochlée, d'une saillie osseuse aussi volumineuse et sans doute moins régulière, susceptible d'entraîner la récidive des accidents ».