‹ Contribution à l'étude des Paralyses Cubitales Tardives (à propos de 4 observations)Chapitre 19 sur 27 · V. — Traitement physicthérapique · texte numérisé non relu

V. — Traitement physicthérapique

Ce traitement physiothérapique de la paralysie cubitale ne représente qu'un cas particulier de la thérapeutique musculaire, mais il est bien évident qu'il ne pourra être profitable que si la cause de la paralysie est supprimée.

Il doit être mis en œuvre dès que la paralysie est constatée, en attendant l'intervention qu'il complètera dès que le chirurgien le permet‘ra.

La thérapeutique physiotérapique doit s'adapter à j'état des muscles innervés par le nerf et pour connaître l'état des muscles l’électrodiagnostic est indispensable pour appliquer le courant électrique adéquat. :

Un muscle séparé de ses centies trophiques. par atteinte de ceux-ci ou des conducteurs, et qui ne recoit plus l'influx nerveux ou le recoit mal, dégénère, s'atrophie et tend à subir la trarsformation fibreuse, il perd sa fonction.

Mais les altérations ne se limitent souvent pas au territoire intéressé, le membre malade en entier est souvent le siège de toute une série de perturbations vasomotrices, trophiques.….

D'où le triple but de la thérapeutique

|° Traiter la lésion nerveuse,

2° Traiter le territoire muscrlaire correspona:int; 3” Traiter le membre en entier.

1° Traitement de la lésion nerveusee.

Nous ne reviéndrons pas sur le traitement chirurgical ,qui est ici capital. Mais ie nerf a souffert, les traumatismes et l’élongation di cubital en arrière de l'épitrochlée ont provoqué des foyers de sclérose qui gênent la récupération de la transmission de l'influx nerveux. |

La thérapeutique de la lésion nerveuse devra donc être en premier lieu sclérolytique. Nous emplaierons tout de suite après l'opération, avant même la cicatrisation, la radiothérapie semi--pénétrante à dose fonctionnelle.

Par exemple :

Tension 25 c/m E. E.; Filtre 5 à 8 m/m d'Al; Distance focale : 40 c/m.; Champ 10 X 5 (localisé sur le trajet présumé du nerf transposé) :

100 r. par séance trihebdomadaire, n° 7 ou 8.

Dès que la cicatrisation cutanée sera complète on entreprendra l'ionisation iodurée

Electrode négative imbibée d'iodure de potassium à | % sur la cicatrice opératoire, à la partie interne du coude;

Electrode positive postérieure, symétrique par rapport au coude —- technique de Bourguignon —- 15 séances de 30 minutes d'abord quotidiennes pendant la première semaine, ensuite tri-hebdomadaires, intensité : 2 à 3 milli-ampères.

2° I] ne servirait à rien ou presque de favoriser la régénérescence nerveuse, si l'ir‘lux nerveux arrivait sur des muscles transformés en blocs fibreux, incapables de récupérer leurs fonctions.

Il faut donc empêcher l’atrophie musculaire, Mais n'importe quel courant ne sera pas efficace. Il faut

choisir une modalité adéquate d'excitation électrique. Cette modalité est définie par l'électro-diagnostic, car il faut éviter :

de fatiguer les muscles malades;

de provoquer des douleurs:

de faire travailler des muscles sains et en particuher les muscles antagonistes et synergiques qui n'ont que trop tendance à fonctionner, et qui provoquent par leur action prédominante des contractures, des attitudes vicieuses, des rétractions tendineuses.

En règle générale, si l’électro-diagnostic ne montre aucune contraction quel que soit l'excitant électrique (R. D. absolue) on emploiera les courants trophiques (courant galvanique).

Si avec une R. D. totale ou partielle il est possible de faire contracter les muscles, il faut employer des courants excito-moteurs, courants progressifs, ondes alternatives à longues périodes de Laquerrière.

S'il y a simplement hypoexcitabilité électrique des muscles on emploiera les états variables du courant galvanique ou le courant faradique.

Les modalités d'application qui dépendent en partie de l'électro-diagnostic sont du ressort du spécialiste, nous ninsisterons pas. Disons simplement que la forme, la durée, l'intensité des stimuli seront choisis selon la rapidité fonctionnelle du muscle, c’est-àdire selon le degré de dégénérescence neuro-musculaire.

3. — Enfin, comme il ne servirait à rien de favoriser la récupération nerveuse si les muscles étaient transformés en tissu fibreux, 1l ne servirait à rien d’entretenir les muscles en bon état si les troubles circulatoires trophiques (cyanose, œdème, troubles causalgiques..) empêchaient l'usage du membre atteint.

Il est en effet essentiel d'assurer un bon état circulatoire, condition indispensable de la trophicité et de la nutrition de tout le membre.

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Les meilleurs agents pour réaliser ces conditions nous paraissent être : les rayons infra-rouges, la d Arsonvalisation (ondes courtes appliquées avec le solenoïde souple, et les bains chaüds du membre), voire même la radiothérapie sympathique (vertébrale, surrénale et au niveau des carrefours).

Enfin nous attachons une importance particulière au massage sous ses différentes formes. Les manœuvres superficielles provoquant la vasodilatation et réchauffant le membre sont également sédatives, plus tard les manœuvres profondes progressivement appliquées feront diminuer les exudats intersticiels, augmenteront les échanges circulatoires. De plus, ils s'opposeront aux raideurs musculaires, à la sclérose, aux troubles trophiques (Boigey). |

VI. — Enfin le Traitement Sanglant Palhiatif ne sera entrepris que devant un nerf dont la fonction est définitivement perdue, après échec des méthodes précédentes, et à condition qu'il y ait peu de troubles trophiques et pas de rétractions tendineuses

(Carrière, Merle d'Aubigné).

On peut essayer

a) Soit de ranimer la flexion des doigts en insérant sur les deux tendons internes du fléchisseur profond, les deux tendons externes du fléchisseur super: superficiel -Pour Merle d'Aubigné les résultats sont satisfaisants.

b) Soit de pallier à la carence des interosseux en désinsérant un ou deux tendons du fléchisseur superficiel et en les divisant en deux languettes que l'on insère sur les expansions aux extenseurs des interosseux. Sterling-Bunnel a de bons résultats avec ce procédé.

c) Quant aux appareils de Prothèse (de Gillots, de Chiray et de Port), ils sont pénibles à porter et de veu d'utilité (Carrière).

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