TRAITEMENT DES PARALYSIES PARA-INFECTIEUSES PAR LES EAUX DE LA MALOU
Les faits seuls parlent : les faits seuls permettent de conclure de façon certaine. Aussi, dans toutedémonstration, doiton amasser le plus grand nombre possible de documents autenthiques, et leur laisser le soin de forcer la conviction. C'est là notre intention; la plus grande partie des pages qui vont suivre sera remplie par des faits. En quelques mots seulement, pour être complet, nous dirons comment ont été traités les malades sujets de nos observations, les diverses théories émises sur l'action des eaux minérales, et enfin ceux des malades qui ne peuvent user sans danger des eaux de La Malou.
Mais avant d'écrire les observations des malades traités, améliorés ou guéris par les eaux de La Malou, il nous paraît indispensable de dire quelques mots de cette station thermale, tout en nous permettant de faire remarquer que nous n'allons point écrire une monographie sur La Malou, mais uniquement l'histoire du traitement de quelques paralysies par les eaux de La Malou.
La Malou (le mal, la douleur au sens étymologique), depuis plusieurs siècles déjà, est connu dans la vallée de l'Orb pour la vertu spéciale qu'ont ses eaux de soulager les douleurs.
On raconte que le premier individu qui se baigna à La Malou est un berger des environs qui souffrait depuis de longues années de toutes ses jointures. Est-ce par instinct de propreté, est-ce pour tout autre motif? Toujours est-il qu'il se plongea, un jour, dans une sorte de marécage, sis à l'endroitoù se dresse aujourd'hui l'hôtel des Bains, et qu'il déclara à la suite éprouver moins de gêne; il renouvela ses bains et vit ses douleurs disparaître complètement. C'est là la légende, qui remonte au XVI me siècle.
Quoi qu'il en soit, dès cette époque, la «rumeur» se répandit dans le pays qu'on se guérissait, là, de douleurs, et de tous les points du vallon, on vint tremper des membres endoloris.
Les médecins de Montpellier eurent vent de la chose, étudièrent sérieusement l'action des eaux et, au siècle dernier, envoyaient à La Malou nombre de leurs clients, pour rhumatisme, goutte, névrose, paralysies. En 1758, parut le premier ouvrage sur La Malou: De aquarum mïneralïum et usu, signé de Leroy, médecin de Montpellier; plus tard sont venus ceux de Saisset (Mémoire pratique sur les eaux de La Malou, 1812), deDupré, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Montpellier (observations sur l'action générale des eaux de La Malou, 1842).
La clientèle de La Malou resta purement régionale jusque vers 1860. En 1855 avait paru la thèse très documentée de M. le docteur Boissier (Etude sur le vallon thermal de La Malou et sur les bains de La Malou-le-Haut en particulier, Th., Montpellier). En 1858, M. le docteur Privât écrivait la première édition de son livre (Étude statistique et médicale sur La Malou-les-Bains). Grâce à ces deux médecins, La Malou prit de l'extension. M. le docteur Privât surtout, par ses grandes relations à Paris, par ses observations sans cesse multipliées, imprima un vigoureux essor à l'avenir de la
station thermale. Si La Malou agrandi, c'est en bonne partie à lui qu'on le doit.
En 186], M. le professeur Moitessier publiait un travail sur la constitution chimique des eaux du vallon, travail qu'il a complété dans deux articles du Montpellier médical (nov. 1863, décembre 1865). M. C. Pallot publiait, en 1862, une notice sur Lamalou-l'Ancien.
Dans ces dernières années, depuis douze ans surtout, de nombreux et très intéressants travaux ont été écrits sur La Malou par MM. les docteurs Cros, Belugou, Donnadieu, travaux parus, pour la plupart, dans les Annales de la Société d'hydroloyie médicale de Paris, de 1881 à 1893. Très documentés, ces travaux ont eu une importance considérable sur le développement de la station thermale ; ils ont été pour nous d'une très grande utilité; nous leur avons emprunté quelques-uns des faits dont nous allons aborder l'exposé.
Dans ces divers travaux, sauf la thèse de M. Boissier, il est le plus souvent question de La Malou dit l'Ancien, et tous les auteurs classiques qui parlent de La Malou entendent désigner seulement La Malou-le-Bas dit l'Ancien : les propriétés des eaux de La Malou-le-Centre et de La Malou-le- Haut sont toutes différentes de celles de La Malou-le-Bas. Nous ne nous en occuperons point ici.
On envoie à La Malou pour le traitement des rhumatismes de tous ordres, sauf l'aigu, et pour les affections du système nerveux d'origine médullaire et névrosique. Le triomphe de La Malou, sa spécialité, c'est le traitement de l'irritation spinale, auquel M. le docteur Cros (1) a consacré un intéressant mémoire. Quoi d'étonnant que nous y constations des guérisons de paralysies para-infectieuses, et nous tenons à
(1) De l'irritation spinale et de son traitement par La Malou-l'Ancien (Annales d'hydrologie, tom. XXX, 18S5, p. 233).
souligner encore ici la grande idée de notre tlièse. Ces paralysies se guérissent à La Malou, La Malou est indiqué dans le traitement de ces troubles moteurs, non point parce qu'ils sont consécutifs à une infection aiguë (les infections ne guérissent pas à La Malou; les paralysies infectieuses proprement dites saturnines, syphilitiques, etc., ne rétrogradent pasà La Malon) ; mais parce que ces troubles sont des paralysies, des paralysies de nature éminemment irritative en certains cas, anémique dans d'autres.
Or, de tout temps, les eaux de La Malou ont été prônées pour leur vertu à la fois sédative et tonique, s'adressant à deux éléments morbides principaux, douleur et atonie.
Et, à propos du traitement .les paralysies para-infectieuses par La Malou. qu'on nous permette une parenthèse, qui sera un exemple typique de notre façon de comprendre ces paralysies, en même temps que l'explication de l'efficacité de leur traitement par les eaux de La Malou. On connaît l'heureuse influence qu'exercent les eaux, dont nous nous occupons ici, sur la inarche du tabès ; de nombreuses observations l'ont constaté (Charcot, Belugou, Gros, Donnadieu) et tous les praticiens la connaissent. Or, le tabès est une de ces maladies qui ont servi de base au professeur Fournier pour édifier sa théorie des affections para-syphilitiques. C'est un de ces nombreux syndromes dont le processus est mis en train par la syphilis. Eh bien, La Malou améliore, ou tout au moins arrête le processus tabétique. Nous n'avons à nous occuper ici ni du tabès, ni de la syphilis, mais ce rapprochement nous a paru un appoint de plus à notre conception des paralysies para-infectieuses et à la compréhension de l'efficacité des eaux de La Malou sur le processus paralytique para-infectieux. Nous avons tenu à le signaler.
Dans l'exposé qui va suivre, nous adopterons l'ordre déjà choisi pour la revue des maladies infectieuses.
DIPHTERIE
Observation III
(Docteur Cros. — In Annales d'hydrologie, 1888-1889, t. XXXII)
Angine diphtéritique. — Paralysie généralisée aux quatre membres. — Impuissance
de tout traitement. —Amélioration très notable dès le 3 e bain. — Guérison.
X..., 32 ans, marchand de vins, très vigoureux ; nulle maladie antérieure, pasde tare héréditaire. En 1877, angine diphtéritique, guérie par cautérisation et gargarismes, qui le retient quinzejours en chambre. Il reprend son travail, gardant quelques difficultés pour déglutir et pour parler, il peut à peine souffler et siffler (ce qui semble indiquer la persistance de la paralysie du voile du palais). Surviennent des fourmillements et des lourdeurs dans les doigts, remontant jusqu'au coude : il ne peut saisir les petits objets et laisse échapper les gros ; ses jambes faiblissent à leur tour. Aucun traitement ne lui réussit. Il est envoyé à La Malou. Outre les troubles précédents, on remarque de l'anesthésie plantaire s'étendant en arrière vers les mollets : les réflexes rotuliens sont exagérés. Fonctions générales normales.
Il prend 21 bains de piscine à 34° : douze douches en jet sur les jambes et les bras. Dès le 3 e bain, amélioration notable s'accentuant apreschacundessejoursdanslapiscine.il part absolument guéri. Revu deux années de suite : va très bien.
Observation IV
(Docteur Cros. — In Annales d'hydrologie, 1888-1889, t. XXXII)
Angine diphtéritique. — Paraplégie. — Amélioration après une saison. — Guérison
après deux nouvelles saisons.
M..., 28 ans, commis ; antécédents rhumatismaux héréditaires ; pas de maladies antérieures.
En juin 1879, frissons, état général, angine diphtéritique: vingt jours après, il reprend son travail, avec, comme le précédent, encore un peu de paralysie du voile du palais. Quelques jours après, faiblesse dans les jambes, fourmillements ; diminution de sensibilité ; il ne peut se tenir debout et marcbe difficilement ; au bout de quelque temps il ne peut plus marcher du tout, s'alite, et reste i mois couché. Traité sans succès par vésicatoires, bains sulfureux, il arrive à La Malou en septembre 1879. Etat général parfait ; plus de paralysie du voile: on le conduit aux bains, en petite voiture.
Trait. : 35 bains de piscine à 35° ; 18 douches en jet sur les jambes. Vers le milieu du traitement, l'amélioration se dessine. La station debout devient possible ; il essaye même quelques pas vers la lin de son séjour à La Malou. Il part amélioré.
Revient en 1880 à deux reprises. Après ces deux nouvelles saisons, il a pu revenir dans son magasin et travailler comme auparavant. La guérison s'est maintenue.
Observation V
(Docteur Privât. — Etude statistique de La .Malou, 1877, p. 88) Diphtérie cutanée. — Paralysie faciale. — Paralysie des muscles de la nuque. — Paraplégie. — Amélioration très notable après le S bain.— Guérison.
Enfant de 3 ans, scrofuleux, conduit par sa mère, à La Malou, dans hs conditions suivantes. Depuis deux mois et demi, cet enfant était atteint d'une légère sécrétion séro-purulente derrière l'oreille gauche, survenue à un moment où une endémie croupale sévissait dans le village. Au bout de quelques jours, sans autre cause connue, qu'une production pultacée sur la plaie, on constata de la paralysie du voile du palais, de la paralysie faciale, ainsi que l'impossibilité absolue de soutenir la tête, qui penche tantôt en avant, tantôt sur l'épaule du côté atteint. Cet enfant accusait des douleurs dans la tète et dans les jambes, qui ne peuvent supporter le poids du corps : le malade ne peut faire quelques pas qu'à la condition d'être soutenu par les deux bras. A son arrivée, cet état persistait depuis un mois.
Dès le 9 e bain, la paralysie des muscles de la nuque cède, la paralysie du voile du palais disparaît ; il commence à marcher seul. A
son départ, après 10 bains, la guérison était complète. Elle s'est maintenue : l'enfant a été revu un an après.
Observation VI
(Docteur Privât) Angine diphtéritique. — Monoplégie d'origine périphérique. — Amélioration
Petite fille, scrofuleuse. Trois mois avant son arrivée à La Malou, angine diphtéritique ; quelques joursaprès sa guérison, faiblesse dans les jambes, notamment du côté gauche, qui s'atrophie.
Après 13 bains, cette enfant présente une amélioration notable, qui va 'augmentant : revue un an après, ne boite presque plus.
Observation VII
(Docteur Privât. — Etudes médicales sur La Malou, 1877, p. 88)
Diphtérie cutanée. — Paralysie généralisée. — Guérison complète après dix-huit bains
Ménagère, âgée de 26 ans, scrofuleuse, combattait blépharites fréquentes par vésicatoires aux bras.
Atteinte de mal aux yeux, elle s'applique, un beau jour, un vésicatoire au bras gauche, durant une épidémie de croup ravageant son quartier, et, tandis que son vésicatoire est en pleine sécrétion, elle passe deux nuits auprès de deux enfants atteints de croup. Deux jours après, la plaie du vésicatoire est douloureuse, irritable, avec productions pultacées et souffrances atroces. Cet état persiste durant six semaines, rebelle à tout traitement. C'est alors, au moment où le mal commence à décroître, que la malade est atteinte d'affaiblissement des acuités visuelle, acoustique et gustalive ; embarras progressif de la langue, dysphagie ; la faiblesse envahit rapidement les quatre membres, qui sont pris d'impotence, tout en étant le siège de quelques fourmillements ; parésie générale complète ; incontinence d'urine, sentiment de chaleur intolérable aux pieds et aux mains ; conservation de la sensibilité tactile. Sommeil et appétit passables ; retour graduel de la vue ; défécation normale ; menstrua-
tion régulière ; troubles vésicaux persistent et la parésie est tellement complète que le mari de la malade porte celle dernière sur son dos, comme un fardeau inerte.
Dès le huitième bain, cette femme va seule de sa chambre à la piscine, en s'appuyant sur le bras de son mari ; après dix-huit bains, la guérison était complète et s'est soutenue. Elle donne, tous les ans, de ses nouvelles.
Observation VII J
(Inédile)
Diphtérie cutanée. — Parésie généralisée. — Paraplégie, guérison après 4 cures. — Retour des phénomènes parétiques, que seuls les bains de La Malou peuvent faire disparaître.
Il y a trente ans, une jeune femme de belle santé, d'une grande activité, soignant un enfanl diphtéritique, se gratte àla nuque et voit apparaître bientôt une plaie qui se recouvre de membranes caractéristiques. Environ 40 jours après, elle éprouve un engourdissement des quatre membres : bientôt, paraplégie incomplète.
Une première saison à La Malou la guérit presque complètement, ne lui laissant que des fourmillements aux pieds et aux mains.
Après 3 cures successives, guérison considérée comme complète.
Mais, pendant 30 ans, elle est revenue, à divers intervalles, parce qu'elle voyait réapparaître les mêmes symptômes et qu'une saison à La Malou les faisait toujours disparaître.
Voici six observations de paralysies para-diphtéritiques: sans faire ressortir l'intérêt de ces observations au pointde vue clinique, et l'enseignement qu'elles comportent pour l'étude des diverses manifestations paralytiques pouvant survenir à l'occasion de la diphtérie, nous nous contenterons de faire remarquer l'action indiscutablement bienfaisante des bains sur ces paralysies. Amélioration dès le 3 e bain (obs. III), dès le neuvième (obs. V), dès le huitième (obs. VII), guérison complète, absolue, définitive, dès la première saison (obs. III,
V, VII), amélioration dans deux autres cas (IV et VI), guérison après 2 saisons dans l'observation IV. Les six malades ont laissé leurs maux dans les piscines de La Malou. Ces améliorations, ces guérisons, sont bien imputables à la seule action des eaux.
Tout traitement a échoué, les malades arrivent perclus, et, un beau jour, sortant du bain, ils sont mieux, leurs fonclions disparues renaissent, progressent très vite ; ils partent guéris absolument, définitivement. Certes on pourra objecter que ces paralysies para-infectieuses reviennent d'ellesmêmes, mais ce n'est point avec cette promptitude, avec cet ensemble, comme sous l'influence du seul bain de La Malou. Et nousserions passible de l'objection précédente, si surtout, cette amélioration s'était produite chez un seul malade, après les premiers bains. Mais chez tous les six, arrivant à des périodes plus ou moins éloignées du début de leur paralysie, chez tous, après quelques bains, que la paralysie soit localisée ou généralisée, chez tous cette paralysie rétrograde. L'observation VII est magnifique : une femme perdue de tout son corps depuis des semaines, chez laquelle tout traitement a échoué, se baigne sept fois et elle marche, tontes ses fonctions lui sont restituées. Nous voyons, dans l'observation VIII, une action remarquable des eaux de La Malou sur les phénomènes parétiques ; nous n'y insistons pas ici, nous réservant d'y revenir après les 2 observations suivantes.
L'action des eaux de La Malou, dans ces six cas, nous paraît indiscutable.
Fièvre typhoïde
Observation IX
(Docteur Cros.— fn Annales d'hydrologie, loc. cit.) Dothiénentérie. — Monoplégie inférieure droite d'abord, monoplégie double (Origine périphérique). — Troubles durent 2 ans. — Amélioration après chaque cure. — Guérison incomplète après la cinquième.
Employé de commerce, 31 ans, de santé débile, hérédité maternelle rhumatismale, paternelle goutteuse (un dévié de la nutrition). Enfance maladive et strumeuse, pas de syphilis. En 1880, dothiénentérie grave, à forme ataxo-adynamique : durée 2 mois ; bronchite durant convalescence. Un mois après la guérison de sa dothiénentérie, affaiblissement des membres inférieurs, surtout du droit. Vertiges. Traitement Ionique, reconstituant, reste sans succès. La faiblesse des membres inférieurs s'accentue : crampes, douleurs vives dans le mollel droit. Sensibilité intacte. Il se tient debout, mais penche à droite. La marche devient bientôt impossible : paresses vésicales et rectales. Etat général satisfaisant. Réflexes rotuliens exagérés surtout à droite.
En 1881, 1882, les phénomènes paralyliques s'accentuent de plus en plus, malgré divers traitements.
Envoyé à La Malou (sept. 1882), 22 bains de 32° ; 15 douches sur les jambes à i0°.
Résultat immédiat faible.
Après 15 jours de repos, amélioration notable qui dure 2 mois, puis retour des principaux symptômes.
Deuxième et troisième cure en mai et septembre 1883 ; même traitement. Amélioration considérable qui dure tout l'hiver.
En 1884, deux cures qui assurent la guérison ; démarche facile ; vessie et rectum moins paresseux. Le malade reprend son commerce et n'est plus revenu.
Observation X
(Docteur Oos. — In ibid.)
Dothiénentéiïe. — Paraplégie. — Atrophie (Origine médullaire;. — Bons, effets
d'électricité. — Amélioration après la l' e cure. — Guérison après la4 me .
Enfant de 12 ans, santé délicate ; pas d'antécédents héréditaires notables. En 1881, dothiénentérie avec délire, convulsions; convalescence longue. Quand on veut le lever, il ne tient pas debout; atrophie des muscles de la cuisse et des mollets ; il ne peut avancer les jambes. L'électricité donne de bons résultats, mais la marche n'est possible qu'avec des béquilles et l'atrophie persiste, quoique moindre.
Sensibilité normale. Réflexes roluliens exagérés. Bon état général.
Trait : 21 bains de piscine à 34° : douches sur les parties atrophiées.
Dès après cette cure, le petit malade marche sans béquilles. Après trois nouvelles saisons, les muscles ont repris leur volume.
Pour être moins nets, moins frappants que dans les paralysies para-diphtéritiques, les effets de La Malou n'en sont Das inoins patents ici. Le malade de l'observation IX n'a pu être amélioré par aucun traitement.
Dès la première saison, La Malou l'améliore; la paralysie revient peu de temps après son départ; les traitements institués ne donnent encore rien. Pour la seconde fois, il revient à La Malou ; l'amélioration reparaît et aboutit à la guérison. Dans l'observation VIII, nous voyons aussi la paralysie reculer devant les eaux de La Malou, puis reparaître, leur action épuisée, pour diminuer à nouveau sons l'influence de nouvelles cures.
Si la paralysie avait dû commencer à rétrocéder au moment même où ces malades faisaient leur première saison, si «cure thermale» et «rétrocession du processus paralytique» eussent été une simple coïncidence, cette amélioration, surve-
nue après leur premier séjour à La Malon, aurait dû persister jusqu'à la guérison. Mais non. Sans doute la cure thermale n'était pas suffisante; le processus paralytique reparaît, les traitements divers ne donnent rien; c'est seulement lors de leur retour à La Malou que les malades voient leur amélioration reparaître.
On le voit, moins frappantes que les 4 précédentes, les observations VIII et IX sont plus probantes encore.