TYPHUS
Observation XI
(Inédite. — Docteur Privât) Typhus.— Névrite ascendante. — Amélioration.
Ebéniste, 33 ans, vigoureux, pas d'antécédents héréditaires. A eu la variole à l'âge de 2(1 ans. Envoyé comme soldai au Mexique, en 1865, il y contracte le typhus, et, dès le début de sa convalescence, ressent dans le membre inférieur droit une faiblesse notable et progressive ; le membre s'atrophie. Gêne dans le jeu de l'articulation du genou. Le malade reprend son service tout de même, et il le fait non sans peine. En janvier 1866, il rentre en France. Son mal s'aggrave: la paralysie gagne le membre inférieur gauche et la région lombaire avec crampes dans les mollets, et sensation de chaleur insolite dans les extrémités atteintes : constipation, troubles urinaires, anaphrodisie; difficulté pour le travail: la marche devient bientôt impossible. Vertiges fréquents, tiraillements douloureux. Dans les parties paralysées, sensation de ceinture constriclive. Les phénomènes douloureux vont sans cesse croissant d'intensité. Le malade arrive avec difficulté à monter une marche d'escalier, mais il lui est impossible d'en descendre une seule.
Sensibilité intacte.
Après 13 bains, amélioration notable surtout du côté des phénomènes douloureux ; mais le malade part et ne donne plus de ses nouvelles.
Observation XII
(Inédite. — Docteur Privât)
Typhus.— Paraplégie. — Amélioration consécutive à une première cure. — Guérison
après une deuxième cure
Tanneur, 39 ans, fortement constitué, sujet àde fréquentes angines, fut atteint du typhus, qui dura 5-6 semaines. Dès le début de la convalescence, faiblesse notable dans la moitié inférieure du corps. Quelques mois après, douleurs le long de la colonne vertébrale, s'irradiant aux épaules et dans les membres avec prédominance de la faiblesse dans le côté gauche.
Après deux mois de séjour au lit, nécessité par l'impossibilité de se tenir debout, et pendant lesquels il eut plusieurs poussées d'eczéma sur divers points du corps, le malade a pu se lever, faire quelques pas avec le secours de béquilles. Alors surviennent des fourmillements à la plante des pieds, des sensations d'engourdissement dans les jambes. Miction difficile, oligurie.
16 bains de piscine. Part dans le même état.
Mais le malade nous revient l'année suivante, dans un étal d'amélioration notable, qui avait débuté et progressé dès après sa cure à La Malou. Il marche librement, bien qu'encore engourdi. 11 prend 18 bains et part entièrement guéri.
Qu'il nous soit permis de souligner ici une particularité dans l'action des eaux ; et, nous la soulignons, parce que ce mode d'action est fréquent. Le malade part de La Malou dans le même état où il se trouvait à son arrivée; ce n'est que peu de temps après que débute l'amélioration. Si nous n'avions eu que des observations de ce genre, nous n'eussions point écrit cette thèse; on aurait pu nous dire : « Mais La Malou n'y est pour rien ; puisque ces paralysies rétrocèdent d'elles-mêmes». Nous avons démontré, avec les si concluantes observations III, V, VII, VIII et IX, que cette objection n'avait aucune valeur. Nous avons reproduit l'observa-
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tion XII pour pouvoir souligner ce mode d'action particulier : amélioration seulement quelque temps après la saison. Ce qui prouve d'ailleurs que cette amélioration est due à La Malou, c'est que, très lente jusqu'à la seconde saison, elle a marché très rapidement à la guérison, dès que le malade s'est retrempé dans les eaux bienfaisantes.