OBSERVATION XXI
(Massalongo).
Fillette de 16 ans, très délicate, de constitution scrofuleuse. Début de la maladie le 2 janvier 1893 par de la faiblesse et de l’incoordination des mouvements du bras
gauche. Deux jours après, la paralysie s’accentue ; le membre est immobilisé et seulement agité, de temps en temps, par des mouvements choréiformes. Pas de troubles de la sensibilité générale sauf, peut-être au niveau du bras gauche, une légère hypoesthésie diffuse à l’extrémité des doigts. Conservation des réflexes tendineux ; amyotrophie limitée des muscles paralysés. Exagération de la contractilité faradique dans les muscles du bras.
Guérison en deux mois.
Les monoplégies choréiques ont été particulièrement bien décrites par Ollive :
« Peu à peu dans un bras, souvent le bras gauche, (sans que rien puisse d’ailleurs expliquer cette localisation plus particulièrement notée), les mouvements choréiques deviennent moins étendus et moins fréquents et en même temps le membre s’affaiblit pour bientôt devenir complètement inerte. Mais cette paralysie est rarement complète, car il n’est guère de cas dans lesquels un examen bien attentif ne puisse faire découvrir de très légers mouvements dans le bras parésié, et de plus ils existent toujours dans le reste du corps. Cette paralysie peut durer un temps très variable que rien ne peut nous permettre de préciser, puis la force revient dans, ce membre paralysé, et en même temps qu’elle, apparaissent les mouvements choréiques s’accentuant au fur et à mesure que la force elle-même augmente, puis tout rentre dans l’ordre ou plutôt dans le désordre delà chorée ».
Ces monoplégies s’observent souvent chez des enfants rhumatisants (Rondot, Gowers, Raviart et Caudron) ; d’autres fois, ce n'est pas au cours de la première attaque, mais bien au cours d’une récidive de chorée qu’elles
apparaissent (Gaucher, obs. XIV). Le plus souvent, les troubles moteurs ne vont pas jusqu’à la paralysie, mais se bornent à une parésie plus ou moins accentuée (Rondot, Gaucher, Périsson, Fauvel) du membre atteint.
Dans l'immense majorité des cas, il n’existe ni troubles trophiques, ni troubles de la sensibilité, et les réactions électriques sont intactes.
Cependant cette loi comporte quelques exceptions ; Raviart et Caudron signalent quelques troubles vaso-moteurs, Fauvel, une légère anesthésie du membre paralysé Massalongo une légère hypoesthésie diffuse de ce membre et une amyotrophie localisée aux muscles paralysés, qui présentent une exagération évidente de la contractilité faradique.
Intacts dans le même cas, les réflexes tendineux ont été trouvés abolis dans la plupart des malades.
Dans une observation due à Clifford Albutt, une monoplégie crurale gauche s’est compliquée ultérieurement de paralysie du voile : « Ces liquides refluaient par le » cœur.Cette paralysie ne fut que passagère et dura trois » jours ». Le malade finit par guérir complètement.
Dans la plupart des cas, la paralysie est avancée par une diminution des mouvements choréiques dans un des membres ; la paralysie s’installe lentement, s'accroît progressivement et finit, au bout d’un temps variant de quelques jours à quelques semaines, par disparaître sans laisser de traces.
B. — Hémiplégies.