‹ Contribution à l'étude des paralysies de la choréeChapitre 7 sur 33 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

(Raymond).

Garçon de 17 ans, rhumatisant. En mars 1890, faiblesse musculaire des bras; douleurs juxta-épiphysaires, puis apparition de mouvements choréiques du membre supérieur gauche et de douleurs à caractères névralgiques. '

Huit jours après le début des mouvements choréiques, paralysie, mouvements choréiformes et atrophie musculaire du bras gauche. La paralysie frappe aussi, mais moins, le membre inférieur du même côté’ ; les mouvements choréiformes, généralisés, sont surtout accusés au niveau du membre supérieur gauche ; enfin, de ce côté, les muscles des éminences thénar et hypothénar, sont notablement atrophiés. Les muscles de l'avant-bras et du bras sont atrophiés en partie. Le deltoïde est atrophié ; les pectoraux et les muscles scapulaires semblent normaux. Légers troubles des réactions électriques. Pas de troubles de la sensibilité, ni des réflexes ; pas de troubles de la vue.

Les hémiplégies inter-choréiques présentent des caractères très analogues à ceux des hémiplégies que nous venons d’étudier. Comme elles, ce sont des paralysies localisées, restant flasques d’un bout à l’autre de leur évolution, ne s’accompagnant quexceptionnellement de troubles sensitifs ou trophiques, et se terminant régulièrement, au bout d'un temps variable, parla guérison complète.

Le plus souvent, la chorée existait déjà depuis quelques jours lorsqu'apparaissent les troubles paralytiques. C'est ce que signalent les observations de Todd, Gaucher, Eichhorst ; d'autres fois, les paralysies et mouvements choréiques se développent simultanément comme dans le cas classique du professeur Raymond. Comme précédemment, nous trouvons signalées assez fréquemment dans les antécédents des malades, soit des attaques de rhumatisme (Raymond), soit une première attaque de chorée (Gaucher). Comme précédemment aussi, nous voyons les mouvements choréiques s'atténuer progrès-

sivement ou disparaître brusquement dans les membres qui vont être frappés de paralysie (Todd).

L’hémiplégie survient sans ictus (Todd) : elle respecte le plus souvent la face. L’état de la sensibilité des fonctions trophiques, des réflexes et des réactions électriques n’est guère indiqué que dans le cas de M. le professeur Raymond. Dans ce cas insolite, il existe une amyotrophie évidente d’un certain nombre de muscles du côté paralysé, les réactions électriques sont légèrement troublées il n’y a pas de troubles de la sensibilité, et les réflexes paraissent absolument normaux. Enfin dans le cas d’Eichhorst se trouve également notée l’atrophie des muscles paralysés.

L’hémiplégie interchoréique se termine presque toujours par la guérison. Dans certains cas, l’amélioration est rapide et la paralysie disparaît complètement en quelques jours ; d'autres fois, elle persiste assez longtemps : cinq semaines (Todd), deux et même trois mois (Cadet de Gassicourt), mais même alors, elle aboutit à la res-' titutio ad integrum , à moins qu'elle ne se complique d'amyotrophies accusées.

Ollive signale encore, comme autre forme de paralysie interchoréique, la forme paraplégique. « Ici, les mouvements cessent dans les membres inférieurs, qui devien- » nent incapables de soutenir le petit malade, pendant » que les désordres choréiques continuent dans les mem- » bres supérieurs ». Cette forme peut en effet s’observer au cours de la chorée, mais, le plus souvent, elle présage l’apparition d’une chorée molle. Les paralysies généralisées qui surviennent au cours de la chorée seront ultérieurement décrites : nous ne faisons que les signaler ici.

§ III. — Paralysies post-choréiques.

Beaucoup plus fréquentes que les variétés que nous venons d’étudier les paralysies post-choréiques peuvent, elles aussi, revêtir les types monoplégique, hémiplégique ou paraplégique ; elles peuvent encore, comme nous le verrons plus loin, s’étendre à l’ensemble de la musculature et prendre ainsi, dans le tableau clinique une place prépondérante.

Quelle que soit leur modalité, ces paralysies débutent souvent d’une façon brusque, et « le petit choréique de la veille est le paralysé du lendemain ». (Ollive). Elles durent des semaines et des mois et aboutissent, presque toujours, à la guérison complète.

A. — Monoplégies.

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