‹ Contribution à l'étude des paralysies généralesChapitre 18 sur 19 · AE AE · texte numérisé non relu

AE AE

Devant les renseignements du mari et l’état de la malade, on pense de nouveau à la paralysie générale et un nouvel examen de laboratoire est pratiqué le 19 octobre 1929,

Cytologie : 0 gr. 8 éléments par mm3,

Albumine : 0 gr. 20.

Réaction de Pandy : négative.

Réaction de Bordet-Wassermann : négative.

Réaction de Bordet-Wassermann dans le sang : négative.

L'examen ophtalmologique pratiqué par le docteur Dubar donne les résultats suivants :

Fentes palbébrales égales. Paralysie de la convergence.

Pupilles égales, paresseuses. Pas de lésion ophtalmoscopique.

Artère rétinienne basse.

Le 6 novembre 1929, la malade est dans le même état. Calme. Ne peut donner la date de sa naissance. Pense que nous sommes au mois d'août 1929.

Son état physique reste précaire. La malade a reçu à ce jour 12 injections de Stovarsol. Dans la soirée la malade est impaludée.

Le 16 novembre, elle fait un premier accès à 39°5.

Le 18, un deuxième à 40°4.

Le 20, un troisième à 40°5.

Le 21, 39°4.

Le 22, on donne 1 gr. de quinine et la température tombe.

Le 12 décembre, la malade peut donner la date exacte, son âge et la date de sa naissance. Mon mari s'appelle G... (elle donne le nom exact).

Comment s'appelle cet hôpital ? Sainte-Anne.

7 fois 8 = 42, 2715—82, 27—5—22;

Dysarthrie assez nette aux mots d’épreuve. Pupilles égales, réagissant à la lumière, En somme même état.

Le 22 mars, elle donne la date de sa naissanee : 18 janvier 1884. Elle était brodeuse, son mari est chef d'équipe au chauffage central, dit que sa belle-mère est à sa charge et a 75 ans. Elle est de

Clermont (Meuse), habite Paris depuis l’âge de 23 ans.

Dit qu’elle lit. Sait qu’il y a des inondations à Montauban, dans

le Tarn. Cause : chutes de neige. Reconnaît que les piqûres ‘ni font du bien. Sait qu’elle a été très malade.

Elle a quitté le service de la clinique des maladies mentales le 7 avril avec le certificat suivant :

A présenté un svndrome clinique de paralysie générale. Aucun signe humoral. Antécédents éthyliques certains. Spécificité chez le mari. Amélioration considérable par l’impaludation. Dysarthrie et léger défeit intellectuel persistant. Comportement et activité per-

mettant de la rendre à son mari qui s'engage à lui assurer les soins nécessaires. (Docteur Meignant).

Si nous analysons l'observation de cette maladie, nous sommes frappés par ce fait que les deux premiers certificats concluent nettement à une Paralysie Générale et que ce diagnostic ne fut plus maintenu le jour où le laboratoire donna un résultat négatif dans l'analyse du liquide céphalo-rachidien.

Si la malade a présenté pendant deux séjours de huit jours chacun des troubles d’origine éthylique, aucun d’eux n'est mentionné et n’a pu être constaté pendant son séjour dans le service où la malade n'a présenté que des signes classiques de la Paralysie Générale : affaiblissement intellectuel, dysarthrie, tremblements, réflexes tendineux vifs.

A l’examen physique, d’ailleurs, rien n’est à remarquer qui puisse faire songer à l'alcoolisme chronique. Pas de polynévrites. Pas de gros foie. Aucun signe d'insuffisance hépatique. Pas d’induration des artères périphériques. Seuls les renseignements fournis par le mari, alcoolique exhubérent, euphorique, nous ont renseignés sur les soi-disant accès éthyliques de la malade.

Autrement plus certains étaient pour nous les signes

Mn 7 Ve

d'imprégnation syphilitique du mari qui a d’ailleurs présenté une réaction de Bordet-Wassermann positive pendant le séjour de sa femme à la clinique. Et c'est cette certitude qui a conduit les médecins à traiter cette malade comme une paralytique générale avérée. La réussite du traitement ne pouvait leur fournir une meilleure preuve que le diagnostic de P. G. était bien celui qu'il

fallait poser.

sitnidetialit iles

Page 1