‹ Contribution à l'étude des paralysies névritiques consécutives aux injections de sérum antitétaniqueChapitre 13 sur 15 · C. — Le Sérum · texte numérisé non relu

C. — Le Sérum

[est la véritable cause à notre avis ; il y a des faits contre lesquels on ne peut pas aller : ces paralysies s’observent après l'injection d’autres sérums. Il se

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produit probablement des modifications sanguines encore inconnues, sous l'influence d’une injection de sérum quelconque, agissant comme une albumine étrangère et pouvant déterminer une véritable névrite à la faveur de la fragilité particulière de certains tissus.

Et même dans les cas où il n’y a pas d'injection de sérum à l’origine, il est possible que ces modifications humorales encore inconnues se développent spontanément sous l'influence d’une maladie toxi-infectieuse, comme le tétanos.

Si les accidents sont relativement plus fréquents avec le sérum antitétanique, c’est. nous le répétons, probablement à cause de la fréquence de son emploi.

Toutefois, il reste cliniquement vrai que ces névrites, surtout celles du membre supérieur, ont quelque chose de particulier, et ceci nous amène à parler des causes de la localisation de ces paralysies au membre

supérieur.

30 — Cause de la localisation au membre inférieur

On pourrait se demander, comme nous l'avons fait, si la localisation de la paralysie est en rapport avec le siège du traumatisme qui a nécessité l'injection sérique ou avec celui de l'injection elle-même.

Dans le cas que nous rapportons, il s’agit d’un traumatisme de la main droite et, bien que ce ne soit pas le lieu d'élection, l'injection de sérum fut faite dans le tissu cellulaire sous-cutané du bras du même

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côté. Les auteurs ne précisent pas souvent dans leurs observations le siège de l'injection ; certains, cependant, comme Lhermitte et André Thomas citent des cas où l'injection fut faite sous la peau de l’abdomen ou dans les muscles de la fesse, et où pourtant ce fut le membre supérieur droit qui fut paralysé.

Dyke a incriminé la répétition des injections dans la même région comme une cause favorisant la complication nerveuse, mais le fait ne se trouve pas confirmé par les autres observateurs.

Il est évident, d’après presque toutes les observations, qu'il n'existe aucune relation entre le siège de la paralysie et celui de l'injection.

J. Lépine a bien observé un cas où le choc de l’accident (chute de bicyclette) avait porté sur l'épaule droite et où celle-ci fut plus atteinte par la paralysie que la gauche, mais, d’une façon générale, on ne peut établir aucun rapport entre la paralysie et le siège du traumatisme ; on peut même voir des paralysies sans traumatisme.

Pour résumer en quelques mots la seule conclusion qui nous paraisse pouvoir être tirée à l’heure actuelle sur la pathogénie de ces accidents, nous ne pouvons mieux faire que de citer ces quelques lignes empruntées à André Thomas :

« Si le déterminisme général de ces paralysies devient un peu moins obscur, le déterminisme local reste un problème quasi insoluble. Doit-on faire intervenir avec Sicard, pour expliquer la paralysie radiculaire supérieure, l'orientation des racines du plexus brachial, moins obliques que les dorsales et les lombaires, le

rétrécissement du canal vertébral à ce niveau, et, pour expliquer la paralysie du nerf radial, la compression possible du nerf au niveau de la gouttière de torsion? Ces hypothèses paraissent bien insuffisantes quand il s’agit d'expliquer les.cas relativement nombreux dans lesquels quelques muscles tels que le deltoïde, le grand dentelé, les épineux sont atteints avec une prédilection tout à fait remarquable. Ici, comme dans maint chapitre de pathologie, le déterminisme de la

localisation échappe à notre entendement. »

Pronostic.

D'une façon générale, le pronostic est assez bon ; cependant, les amyotrophies peuvent persister longtemps, plus d’un an même, avant de permettre au membre la reprise de ses fonctions, surtout si la réaction de dégénérescence a été complète. D'après Lépine, certains malades paraissent même ne pas avoir complètement guéri.

Traitement.

À notre sens, il n'y a pas de thérapeutique spéciale; cependant, elle joue certainement un rôle. Nous pensons que, comme dans les autres névrites, on fera utilement un traitement strychné et des applications physiothérapiques.

1° La STRYCHNINE, comme à l'ordinaire, peut être administrée soit en injections sous-cutanées, soit par voie buccale : ce dernier mode paraît infiniment préférable dans des cas comme ceux-ci, où il y a intérêt à la donner pendant longtemps, souvent pendant plusieurs mois avec des intervalles de repos. Les doses moyennes de deux à quatre milligrammes par jour paraissent judicieuses.

2° Le TRAITEMENT PHYSIOTHÉRAPIQUE COmMprend naturellement les massages et les frictions, et tout spécialement le traitement électrique.

Il semble qu'on puisse, pendant la première quinzaine, se contenter des premières : dans les cas paraissant entrer en résolution rapidement, il n'apparaît pas indispensable d'organiser des séances d’électricité qui exigent nécessairement certaines dispositions

non toujours réalisables.

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Mais dans tous les cas qui paraissent avoir une certaine durée ou une certaine intensité, et c’est la règle, le courant électrique paraît avoir de bons effets. Nous rappellerons que les courants faradiques doivent être en principe proscrits et que l’on doit prescrire des bains galvaniques avec une intensité moyenne.

A ce

Conduite à tenir au point de vue Médico-Légal.

Une question pratique se pose assez souvent : dans beaucoup de cas les sujets qui présentent ces paralysies ont été victimes d'accidents. Lorsqu'une responsabilité est engagée et que le médecin est appelé à se prononcer sur les conséquences imputables à l’accident, quelle conduite doit-il tenir?

Naturellement, l'évaluation de l'incapacité devra tenir compte de chaque cas particulier et devra être ré- servée particulièrement dans ceux où il y aurait réaction de dégénérescence complète. |

Quant à la question de principe, elle doit être tranchée, semble-t-il, en faveur d’une filiation entre l’accident et l’état pathologique. |

Certes, ces paralysies ne découlent pas uniquement du traumatisme, elles sont indiscutablement liées à l'injection de sérum, maïs comme ces dernières sont pour ainsi dire, rendues obligatoires en cas d’accident et font désormais partie en quelque sorte de l’accident jui-même, elles doivent être considérées en fin de compte comme faisant corps avec ce dernier, D'ail-

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leurs, la jurisprudence paraît unanime à considérer les accidents sériques comme tombant sous la responsabilité des responsables de l’accident.

C'est seulement, nous sémble-t-il, dans les cas où une injection de sérum aurait été faite sans motif que l’on pourrait discuter cette dépendance.

En tous cas, les connaissances modernes sur ces accidents ne peuvent pas permettre de les imputer à une mauvaise technique opératoire.

Ces paralysies, quelles que soient les discussions pathogéniques sur leur nature exacte, doivent être considérées au point de vue médico-légal comme des accidents sériques.

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