‹ Contribution à l'étude des paralysies névritiques consécutives aux injections de sérum antitétaniqueChapitre 6 sur 15 · RARES · texte numérisé non relu

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Étiologie.

“Un fait est frappant : l’'EXTRÊME RARETÉ de ces paralysies, comparé au nombre réellement imposant d’injections de sérum antitétanique qui sont journellement pratiquées. Pendant la guerre on le sait, il était de 1ègle de faire chez tout blessé une injection préventive de séruru antitétanique, et les quelques cas de névrite publié: sont vraiment peu de chose en face de plusieurs milliere de piqûres.

L’AGE ne paraît avoir aucune importance : il s’agit de sujets, souvent vigoureux, n’ayant présenté aucune tare antérieure, âgés de 20 à 40 ans. Si la grande majorité des cas concerne des hommes, sans doute est-ce parce qu'ils sont plus exposés aux traumatismes et, par suite, aux injections de sérum antitétanique.

La NATURE du sérum joue-t-elle un rôle essentiel ? La question a son importance, surtout, nous le verrons, au point de vue pathogénique. Lorsque Lhermitte publia ses trois cas en 1919, on ne connaissait pas encore d'observations comparables pouvant être rapportées aux injections de sérums antidiphtérique, antistreptococcique, ou autres. Maïs depuis, différents auteurs ont rapporté des cas où la cause de la paralysie est imputable à un autre sérum.

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Ainsi, dans un cas d’A. Thomas, il s’agit d’une paralysie amyotrophique du plexus brachial droit, consécutive à deux injections de sérum antidiphtérique, paralysie ayant eu exactement les mêmes caractères que la plupart de celles dues au sérum antitétanique.

Le même auteur rapporte aussi une observation de polynévrite des membres inférieurs à la suite d’une injection, à titre préventif, de 20 cmc. de sérum antistreptococcique de l’Institut Pasteur.

Dans une observation de névrite optique de Mason, c'est le sérum antipneumococcique I, Fees par voie veineuse, qui est en cause.

Enfin, nous citerons une observation d’Etienne, mentionnée dans une revue générale de Pollet ; il s’agit d'une polynévrite sensimotrice généralisée, survenue chez une jeune fille de 22 ans. atteinte d’entérite tuberculeuse, à la suite de plusieurs injections intrarectales de sérum de Marmorek. Ainsi que le dit Thomas dans son travail, la rareté de ce type de polynévrite, surtout à la suite de simples injections intrarectales, laisse planer quelques doutes sur leur véritable originé.

Bien que ce dernier cas soit peu démonstratif, il est évident, à l’heure actuelle que si le sérum antitétanique est de beaucoup la cause la plus fréquente de ces névrites, il n’en est pas moins vrai que d’autres sérums peuvent les causer, surtout le sérum antidiphtérique. La raison pour laquelle le sérum antitétanique est le plus souvent en cause tient sans doute au fait qu'il est le plus fréquemment employé.

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Enfin, une dernière question se pose : s'agit-il de SUJETS NEUFS Où RÉINFECTÉS ? Le fait, semble-t-il, n’a pas une grosse importance : les observations publiées montrent que ces paralysies, que nous allons maintenant décrire, s’observent aussi bien dans les deux cas. Cependant, d’après J. Lépine, il « semble que les troubles soient d'ordinaire plus marqués et plus durables lorsqu'ils viennent compliquer des réactions anaphylactiques chez des sujets antérieurement inJectés ».

Symptomatologie.

Nous allons décrire le type le plus fréquent : la paralysie du membre inférieur à distribution radiculaire.

Début.

Il s’agit, en général, de sujets jeunes, bien portants, ayant été blessés, souvent légèrement, et à qui on a fait, par mesure de prudence, une injection de 10 eme de sérum antitétanique. À part un cas de Cauchois, le seul que nous connaissions où les douleurs apparurent dans la nuit même ayant suivi l'injection, on ne note rien d’anormal pendant les jours suivant immédiatement la piqüre. Parfois même, le sujet a repris son travail lorsque, brusquement, les accidents éclatent.

Le plus souvent, l'affection débute par toute une série de signes dits sériques, existant parfois isolément, mais pouvant même faire défaut. [ls apparaissent, en général, quatre à dix jours après l'injection, huit én moyenne. Ce sont des érythèmes divers, notamment de l’urticaire, des douleurs diffuses, articulaires, siégeant sur tous les membres, sur les articu-

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lations de la colonne vertébrale et ayant même pris dans une observation d'A. Thomas l'articulation temporo-maxillaire. On peut noter aussi une sensation d’étouffement, des œdèmes, un état fébrile.

Ces Aulas sériques cèdent, en général, en un ou deux jours, pour se cantonner au membre supérieur où elles deviennent extrêmement pénibles. intolérables souvent, nécessitant parfois l’usage de calmants (une injection de morphine dans notre cas). Dans le membre supérieur même, elles se localisent de préférence sur la racine d’un membre, plus rarement sur les deux et irradient le long du bras.

Période d'état.

Un ou deux jours après, douze jours après dans le cas exceptionnel de Cauchois, apparaissent les troubles paralytiques. Les phénomènes douloureux sont le plus souvent atténués, mais le malade présente une paralysie flasque, sans contractions fibrillaires, sauf dans le cas, jusqu'ici unique à notre connaissance, de Sainton, Descouts et Le Clerc.

Cette paralysie siège avec une particulière fréquence sur la racine du membre supérieur, réalisant une impotence fonctionnelle à peu près complète. Le bras pend inerte, collé contre le thorax, et le malade est absolument incapable de l’en écarter, à moins de se servir de sa main valide. La gêne est considérable.

Le plus souvent, les muscles atteints sont le grand dentelé (en écartant le bras de la cage thoracique, on peut observer un décollement de l’omoplate), le del-

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toïde, le sus et sous-épineux, mais, nous le verrons plus loin, un plus grand nombre de muscles peuvent être paralysés.

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