PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Lésion définitive avec troubles fonctionnels, susceptibles d'atténuation plus ou moins prononcée, tel nous semble pouvoir être formulé le pronostic des paralysies du nerf grand hypoglosse, dues à un traumatisme.
Il est évident que la section nerveuse initiale ne permet pas d'espérer une régénération spontanée. Mais, à côté de la gravité de la lésion anatomique, il est intéressant de metire en relief la bénignité relative des troubles fonctionnels consécutifs.
Dans l’hémiplégie linguale,il est permis de dire que la mastication et la déglutition, d’une part, la parole, d’autre part, sont à peine gênées ; dans la paralysie bilatérale, ces fonctions sont plus profondément troublées, mais subsistent, néanmoins, avec uneintégrité suffisante pour permettre au blessé de s’alimenter el de s’exprimer assez clairement pour se faire comprendre.
Il y a là un phénomène de suppléance, que réalise assez vite le malade en adaptant au nouvel état de choses que comporte l’inertie de la langue, les parois musculaires, suffisamment mobiles, de la cavité buccale.
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Et c’est cette bénignité de la paralysie unilatérale qui autorise le choix du tronc de la XIIe paire, pour tenter par anastomose, la régénération du nerf facial paralysé.
C’est elle, encore, qui conseille dans les lésions simples l’abstention thérapeutique. Dans les cas plus graves de lésions bilatérales, avec gêne fonctionnelle marquée, on pourra être amené à tenter quelque chose. Il ne faut pas songer au traitement médical : le tronc nerveux, lésé dans sa continuité, ne saurait bénéficier de l’électrisation. Une intervention chirurgicale seule, pourrait offrir quelque ressource ; soit suture nerveuse,soitlibération du tronc, englobé dans un noyau de tissu cicatriciel. Dans l’observation n° II, empruntée à M. Ch. Walther, une tentative de ce genre a été faite, et le résultat en fut un soulagement pour le patient. Mais, dans ce cas, les circonstances étaient complexes : la blessure initiale avait laissé, après sa guérison anatomique, un gros bloc fibreux de tissu cicatriciel, qui «englobait la portion moyenne de la langue, et le plancher de la bouche». Au cours de l'intervention, ce tissu de cicatrice fut, en grande partie, réséqué et le nerf grand hypoglosse libéré, dans sa portion postérieure, alors que son segment antérieur ne put-être suivi au travers du bloc fibreux qui l’entourait, M. Walther croit,en concluant, que «la très grande amélioration, observée aussitôt après l'opération, tient, plus à la large résection du gros noyau fibreux, cicatriciel, qui englobait toute la partie moyenne de la langue et le
Me es plancher de la bouche, qu’à la libération du nerf». Dans aucun autre cas, nous n’avons vu appliquer de traitement à ces paralysies du nerfgrand hypoglosse, et nous pensons que les indications thérapeutiques restent très limitées, et commandées uniquement par les circonstances.
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