CONCLUSIONS
I. — Le nerf grand hypoglosse peut être lésé, isolément, par un traumatisme, qui atteint l'organe, soit d’un seul côté, soit des deux côtés simultanément, et ce traumatisme intéresse, à la fois ou séparément l'étage inférieur de la face avec la racine de la langue, et la région sus-hyoïdienne.
IT. — Il en résulte une hémiplégie ou une paralysie totale de la langue,qui constitue, exclusivement, l'expression clinique de ces lésions de la XII° paire.
IIT. — Cette paralysie se traduit par :
1° Des troubles de la motilité linguale, mouvements conservés mais limités, avec déviation de la pointe de l’organe du côté atteint, dans la lésion unilatérale, mouvements abolis, dans la lésion bilatérale ; 5
2° Des troubles trophiques, constants, d'apparition cxtrêmement précoce, et révélés par la palpation, qui, dans les heures qui suivent la section du nerf, dénote déjà un amoindrissement considérable de la tonicité musculaire.
IV.— Cette impotence engendre des troubles fonctionnels qui portent sur: la mastication, la déglutition et l'articulation de la parole, mais ces troubles sont :
1° Pratiquement inexistants, dans la lésion unilatérale ;
2° Plus manifestes, dans la lésion bilatérale, où, cependant, malgré l'inertie de la langue, la parole peut. rester intelligible, la mastication et la déglutition s’accomplir encore, bien que, souvent, avec quelque gêne.
V. — La sensibilité générale et la sensibilité gustative restent indemnes, après la section du nerf grand hypoglosse ; la muqueuse de la langue ne présente, macroscopiquement, aucun trouble trophique ou vaso-moteur.
VI. — La bénignité relative des troubles fonctionnels entraine, en général, l’abstention thérapeutique, et semble autoriser, avec le sacrifice qu’elle comporte, la pratique de l’anastomose hypoglossofaciale, pour tenter la régénération du segment périphérique du nerf facial, lésé dans sa continuité.
Vu : le Président de thèse P. SEBILEAU Vu : le Doyen ROGER Va et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Académie de Paris
PB -APRELE