‹ Contribution à l'étude des paralysies radiculaires du plexus brachial: Electrodiagnostic - Electropronostic - TraitementChapitre 11 sur 35 · SN ST HEURE · texte numérisé non relu

SN ST HEURE

B) Les réactions électriques et les altérations du nerf moteur.

Connaissant les réponses normales des nerfs et des muscles au courant faradique et galvanique, nous allons nous demander comment elles vont se comporter en cas de paralysie due à une lésion anatomique du nerf moteur.

Supposons une section d’un tronc nerveux; nous savons que ce nerf va être atteint de dégénérescence Wallérienne; au fur et à mesure que celle-ci va progresser, les modifications des réponses musculaires aux agents électriques vont se produire ; nous allons les étudier, en les suivant jour par jour. Si nous excitons le nerf un jour ou deux après sa section, nous remarquerôns qu il faut un courant galvanique et faradique moins fort qu à l'état normal pour arriver au seuil de l'excitation, il y a donc hyperexcitabilité. Au contraire, si nous excitons le muscle au niveau de son point moteur, nous voyons que pour arriver au seuil de l'excitation, il nous faut un courant tant faradique que galvanique beaucoup plus fort, il y a hypoexcitabilité.

À partir du troisième jour, si nous excitons le nerf avec le courant faradique et galvanique, nous constatons que l'hyperexcitabilité décroit de jour en jour pour faire place peu à peu à de l'hypoexeitabilité, et vers le dixième jour pour aboutir à l'inexcitabilité complète.

Si nous interrogeons les muscles, nous constate-

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rons que leur hypoexcitabilité va s accentuer jusqu'au septième jour environ pour les courants faradiques et galvaniques. À partir de ce moment, l’excitabilité faradique va continuer à décroitre progressivement et arrivera à O.

L'hypoexcitabilité galvanique, au contraire, va faire place peu à peu à l'hyperexcitabilité avec modification des termes de la formule d’excitation.

Nous aurons :

PF = NF; c'est l’inversion de la formule. Cette hyperexcitabilité augmentera quelque temps, puis de l’hypoexcitabilité apparaitra de nouveau et aboutira peu à peu à l’inexcitabilité absolue; le muscle ne répondra plus à aucun courant, si intense soit-il. Cependant si, à cette époque, au lieu d'exciter le muscle en son point moteur, nous déplaçons notre électrode active vers le tendon, nous obtenons encore des contractions musculaires, et, plus la dégénérescence se fait grande, plus il nous faudra, pour que le muscle réponde, nous rapprocher du tendon ; c’est le phénomène du déplacement du point moteur, ou réaction longitudinale ou de Remak- Doumer.

Enfin, peu à peu, avec l’aggravation constante de la dégénérescence, le muscle ne répondra plus en aucune manière, ni en aucun lieu à l’excitant électrique. On dira alors que la réaction de dégénérescence est totale.

La courbe ci-jointe reproduit les variations des réponses musculaires et nerveuses au courant faradique et galvanique lors d'une section nerveuse. En

WTA TUE

plus de toutes ces modifications que l'on peut appeler quantitatives, il y a des modifications qualitatives portant sur le caractère de la secousse qui, au lieu d'être, comme à l’état normal, brève et rapide comme l'éclair, devient paresseuse, lente, traînante et vermiculaire. On la voit se propager sous la peau comme si le muscle faisait un véritable mouvement de lente reptation.

c) Etude au point de vue clinique.

Nous venons de voir, au point de vue expérimental, comment les variations des réponses électriques évoluent, lors d’une section nerveuse.

Cet ensemble de réactions constitue un syndrome, que l’on pourrait appeler le syndrome de la section nerveuse, car il est caractéristique de la dégénérescence Wallerienne et se rencontre seulement dans ce cas. On dit alors que les nerfs ou les muscles présentent de la réaction de dégénérescence, ce que l'on énonce plus brièvement par les deux lettres Die

Pour que nous puissions dire qu'il y adela DR, il nous faudra avoir constaté le groupement suivant des modifications, des réactions :

1° L'excitabilité faradique et galvanique du nerf doit être abolie ;

2° L'excitabilité faradique du muscle doit être abolie ;

3° Nous devons trouver sur le muscle :

a) Les modifications quantitatives suivantes : excitabilité galvanique augmentée ou diminuée.

b) Les modifications qualitatives suivantes :

A) La secousse est paresseuse, vermiculaire,

8) L'inversion de la formule

PRE>NEF ou l'égalité polaire PFE= NE ou la formule normale NF > PF.

4 Le déplacement du point moteur vers les tendons.

Telle est la réaction de dégénérescence dite totale. Mais nous pouvons aussi avoir le groupement Suivant :

1° L’excitabilité faradique et galvanique du nerf est diminuée ; 2° L’excitabilité faradique du muscle est diminuée ; 3° L’excitabilité galvanique du muscle est, soit augmentée, soit diminuée ; 4° On observe les modifications qualitatives suivantes :

PF >> NF ou bien PF — NF ou bien la formule normale.

NF >> PF.

Nous aurons alors la réaction de dégénérescence dite partielle, correspondant à un degré moindre de l’altération anatomique du nerf.

Par contre, les nerfs et les muscles peuvent ne

plus réagir à aucun courant, ni faradique, ni galva- )

nique, si intense soit-il, même si le pôle actif est placé sur le tendon, alors nous dirons que la dégénérescence est complète. Elle correspond à la disparition totale du nerf et du muscle.

Ces différentes réactions ont recu les noms des auteurs qui les ont étudiées et sous lesquelles on les désigne le plus souvent :

L'hypoexcitabilité au courant faradique porte le nom de réaction de Duchenne.

Les modifications quantitatives, constatées au courant galvanique, sont englobées sous le nom de réaction d'Erb.

Enfin, le phénomène du déplacement du point moteur a reçu les noms de réaction longitudinale, réaction de Ghilharducci, ou de réaction de Remak- Doumer.

Voyons maintenant quelle valeur nous devons attacher à ces différentes réactions, au point de vue clinique.

La réaction de Duchenne est très importante et très facile à pratiquer. Est-elle partielle, elle nous permet de conclure à un certain degré d’altération nerveuse ou musculaire, sans nous permettre toutefois plus de précision. Les réactions au courant galvanique achèveront de nous renseigner. Est-elle totale, c'est-à-dire y a-t-il abolition complète de l'excitation faradique et galvanique du nerf et du muscle, nous pouvons de prime abord conclure à la présence de la réaction de dégénérescence.

La réaction d'Erb complète ou confirme les renseignements donnés par la réaction précédente.

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