‹ Contribution à l'étude des paralysies radiculaires du plexus brachial: Electrodiagnostic - Electropronostic - TraitementChapitre 19 sur 35 · ASS · texte numérisé non relu

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Nous n'oublierons pas non plus l'intensité du traumatisme, si l’étiologie nous en a révélé un et nous rechercherons son action sur la moelle. Car, si elle existe, la paralysie radiculaire évoluera comme une myélite; son pronostic en sera donc aggravé.

Nous ferons aussi intervenir pour une large part, dans l'établissement de celui-ci, le terrain sur lequel évolue l'affection. Les paralysies, chez des sujets soumis à diverses intoxications exogènes ou endogènes, ont une gravité toute spéciale. La névrite ascendante est très fréquente. On la rencontre malheureusement trop souvent chez les sujets soumis à l'infection tuberculeuse, pour n’en citer qu'un exemple. |

Nous voyons donc en résumé que, s’il est impossible de faire un pronostic sans électro-diagnostic, ce serait une faute grave de ne s'appuyer que sur

lui seul et de négliger les précieuses données fournies par la clinique.

Traitement

Le traitement d'un malade, atteint de paralysie radiculaire, devra être méthodique et porter, pour être efficace, d’abord sur la cause, puis sur la paralysie elle-même.

Le traitement de la cause sera aussi varié que les causes elles-mêmes ; il pourra être prophylactique pour les paralysies obstétricales, médical dans les cas de lésion due à la tuberculose, la syphilis. Il faudra supprimer ou enrayer les causes d’intoxication, soit exogène, soit endogène. Nous pourrons combattre avec avantage les infections par les injections de solution électrolytiques des métaux lourds : collargol, électrargol, etc. Nous vérifierons de plus le bon fonctionnement de tous les organes : foie, reins, intestins, car nous savons l'influence que peuvent jouer leurs altérations sur l’évolution des névrites.

Enfin nous aurons à pratiquer un traitement chi-

rurgical dans les cas de fracture ou de luxation de

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l’articulation scapulo-humérale, d’anévrisme ou de tumeur de la région. On ne devra pas non plus négliger la radiothérapie dans les cas qui pourront en relever.

En deuxième lieu, nous aurons à nous occuper du traitement de la paralysie elle-même, et celui-ci peut être de plusieurs natures : chirurgical, médical et électrique.

Le traitement chirurgical consiste dans la suture des racines rompues. Thornburn, le premier, en 1897, réalisa cette opération et eut un bon résultat. Mais, avant de se livrer à une intervention de cette gravité, il faut être sûr que, d’abord les racines sont rompues, puis que le siège de la rupture est extrarachidien. Or, nous avons vu les difficultés que présente le diagnostic exact du siège de la lésion. Aussi pensonsnous que, sauf des cas très rares, la suture nerveuse devra être réservée au cas où la lésion causale exige par elle-même une intervention chirurgicale ouverte sur la région.

Le traitement médical comprendra des bains de bras avec de l’eau chaude salée, des frictions à l’alcool camphré et au baume de Fioraventi, des massages, enfin des mouvements passifs et actifs des articulations.

Enfin, nous arrivons au traitement électrique qui de tous est le plus important et sur lequel nous allons insister.

Parmi les différentes modalités électriques, qui ont été appliquées au traitement des paralysies, les courants faradiques et galvaniques sont de beaucoup

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les plus employés. Nous allons étudier successivement quelles sont leurs actions, puis comment on doit les employer.

Le courant faradique est susceptible de produire une augmentation de la nutrition, soit par la vasodilatation qu’il provoque, soit par son action motrice.

La vasodilatation a été recherchée dans le traitement des paralysies par Duchenne de Boulogne et par Erb. Ce dernier recommandait la faradisation de tension qui, d’après cet auteur, en excitant les nerfs cutanés correspondants aux territoires paralysés, serait en effet capable d’impressionner par voie réflexe, les centres moteurs correspondants aux muscles atteints et d’en activer la nutrition.

Mais actuellement, la faradisation de tension est abandonnée par les médecins électriciens, parce qu'elle est très douloureuse (Obs. I), qu'elle entraîne chez le malade une sensation très pénible et persistante et qu’au surplus elle n'est pas exempte de danger, car elle favorise la contracture et l’atrophie musculaire.

Le courant de quantité rythmé avec des intérruptions lentes au primaire, produit surtout des effets moteurs en faisant, dans certain cas, que nous apprendrons à connaître, contracter les muscles ; nous y activerons la circulation et par conséquent la nutrition.

Le courant continu peut être employé sous la forme de courant constant ou de courant rythmé.

Sous la forme de courant constant, il agit sur la vasomotricité, il provoque une accélération de la

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circulation locale du membre électrisé, au niveau de la peau, des nerfs et des muscles. Il possède de cette facon une action trophique, si remarquable qu'on le désigne sous le nom de courant de nutrition. Déjà en 1773, Marigues écrivait : («Ce ne sont pas tant les commotions souvent répétées que le cours régulier et uniforme de l'électricité dans les parties paralysées, qui paraît nécessaire au rétablissement de la fonction; le cours régulier continu et uniforme semble restituer aux fibres motrices et nerveuses leurs tensions toniques qu'elles avaient perdues, sans les exposer à aucun ébranlement capable de les fatiguer »'.

En plus de leur action sur la vasomotricité, les courants constants ont une action spéciale sur l’excitabilité des nerfs. Lorsque sur le tronc d’un nerf mis à nu, on applique deux électrodes, l’une reliée au pôle positif, l’autre au pôle négatif, il se produit des modifications de l’excitabilité dans le nerf. Au niveau du pôle positif ou anode l’excitabilité du nerf est diminuée, on dit que le nerf est dans un état d’anelectrotonus. Sous le pôle négatif ou cathode le nerf est au contraire en état d'hyperexcitabilité on dit qu'il est en catélectrotonus.

Donc suivant que l’on emploiera le pôle négatif ou le pôle positif, on aura une action stimulante et excitante où au contraire une action déprimante ou sédative.

Sous la forme du courant rythmé, le courant continu PR RONA ERREUR CARE AE RE no Se ES à

! Cité par d, Teissier dans « Valeur thérapeutique des courants continus ».

est employé pour provoquer les contractions musculaires et entretenir aïnsi la nutrition par l’intermédiaire de la circulation, qui devient plus active.

Voici donc énumérées rapidement les différentes propriétés du courant faradique et galvanique, en ce qui concerne la nutrition des nerfs et des muscles. Comment doit-on les einployer et peut-on se servir indifféremment de l’un ou de l’autre ?

Nous éliminerons de suite le courant faradique de tension à intermittences rapides qu’employait Duchenne pour agir sur la sensibilité farado-cutanée. Nous avons vu ses inconvénients et ses dangers, nous n’y reviendrons pas.

Reste donc le courant faradique de quantité à intermittences lentes et le courant galvanique. Voyons comment il faut les utiliser.

Le courant galvanique, dont nous avons vu les merveilleuses propriétés trophiques et électrotoniques devra toujours être employé au début de toutes les paralysies radiculaires, sous forme de courant constant. Pour ce faire, nous placerons une large électrode, bien matelassée de coton hydrophile sur la région de la nuque, et nous la relierons au pôle positif. Le pôle négatif sera constitué par un bain où le malade plongera le bras. Nous établirons progressivement le courant, en augmentant peu à peu l'intensité jusqu’à 10"* environ, et nous laisserons passer ainsi le courant pendant 10 à 15 minutes, tous les deux jours, ou mieux tous les jours. Sous l'influence de ce traitement, nous verrons les dou-

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leurs s’apaiser peu à peu, la nutrition du membre s'améliorer et l’excitabilité augmenter.

Si l'examen électrique ne nous a révélé qu’une lésion légère des troncs nerveux, si l’excitabilité faradique seule est légèrement diminuée au bout de quelques séances, nous pratiquerons l'excitation des muscles au moyen du courant faradique.

Si, au, contraire, la réaction de dégénérescence est plus grave, nous poursuivrons plus longtemps les applications de courant constant, et lorsque nous constaterons une légère amélioration, nous pratiquerons l'excitation des muscles.

Seul, l'examen électro-diagnostic nous renseignera sur le genre de courant à employer pour cela. Russel Reynold, que cite M. le professeur Teissier, disait dans ses leçons : « Dans le cas de paralysie périphérique, l'agent électrique que l’on doit employer est celui qui détermine dans les muscles paralysés les réactions les plus nettes ». Cette loi doit toujours être suivie et nous voyons encore ici les services que peut nous rendre l’électro-diagnostic.

Donc, en résumé, voici la conduite que nous aurons à tenir :

Débuter d’abord par des applications de courant galvanique constant, puis, suivant le degré de la lésion et son évolution révélée par l'examen électrique, nous pratiquerons des excitations musculaires, soit avec le faradique au moyen d’une bobine à gros fil et interruptions lentes, lorsque les muscles réagiront bien à ce courant, soit avec le galvanique

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rythmé lorsqu'il y aura abolition de l’excitabilité faradique.

Au point de vue des excitations musculaires, il est inutile de provoquer de fortes contractions. Il faut, au contraire, éviter toute douleur au malade et régler l'intensité de facon à obtenir de légères secousses.

Ces applications devront être faites deux ou trois fois par semaine. Il sera bon d'interrompre de temps en temps le traitement qui est nécessairement très long. On a remarqué, en effet, qu’à la suite d’une période de repos, intercalée dans le cours du traitement, l'amélioration, à la reprise de celui-ci, semblait marcher plus vite.

Nous disons, en terminant, de quelle facon nous appliquons le traitement à la Clinique de M. le professeur T'eissier, où le grand nombre de malades en traitement ne nous permet pas la moindre perte de temps, et où nous disposons d’un meuble d’électrothérapie construit sur les indications de M. le docteur Chanoz.'

Sur les conseils de ce dernier, nous réunissons en série deux et même trois malades assujettis au même traitement. Du pôle positif du poste de courant continu part un fil qui est réuni à une électrode placée sur la nuque du premier sujet dont le bras plonge dans un bain. De ce bain, part un nouveau conducteur relié à une autre électrode placée à la

1 Voir M. Chanoz, « Enseignement clinique de la Physicothérapie à Lyon», (Annales d'Electrobiologie et de Radiologie, juillet 1908).

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