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on sait la remarquable faculté de suppléance grâce à la souplesse de leur thorax. D’autres observations sont d’ailleurs venues signaler l’apparition « d’accidents respiratoires graves après phrénicectomie double ».
Le diaphragme doit donc toujours être considéré, malgré quelques faits cliniques troublants au premier abord, mais cependant exceptionnels, comme le muscle essentiel de l’inspiration.
Les muscles intercostaux
Les muscles intercostaux sont, après le diaphragme, les plus importants des muscles inspirateurs. Ils n’ont cependant pas toujours été considérés ainsi.
Depuis GALIEN, leur importance respiratoire est toutefois bien démontrée. Ce savant medecin, opérant sur un porc, passait sous chacun des nerfs intercostaux un fil qu’il nouaït dans le serrer. Puis, à un Signal donné, des aides -serraient simultanément tous les nœuds, suspendant ainsi brusquement la conductbilité dans les intercostaux. L’animal qui criait, devenait muet instantanémen. Le relâchement de la striction permettait au contraire à l’animal de pousser immédiatement de nouveaux cris. :
GALIEN considérait d’ailleurs que si, parmi les intercostaux, la plupart internes et externes étaient inspirateurs, les inférieurs, par contre abaïssaient les côtes et étaient expirateurs.
Cette opinion fut admise jusqu’au jour où Fabrice d’ACQUAPENDENTE classa comme muscles inspirateurs, tous les intercostaux.
- Pendant cent ans, ce dogme physiologique prévalut. Mais à la suite des recherches de différents expérimentateurs, notamment de HAMBURGER, HALLER, BEAU et MaissrAT, des opinions très diverses furent partagées au sujet de la fonction des intercostaux.
BORELLI, SENAC, BOERHANE, WINSLOW, HALLER, CUVIER considéraient les intercostaux internes et externes comme des muscles inspirateurs. VESALE, DIEMERBROCK, SABA- TIER, BEAU et MaissiAT, comme des expirateurs.
Pour BARTHOLIN, les externes sont expirateurs, les internes inspirateurs.
SPIGEL, VESLING, ont une opinion inverse; pour eux, les externes sont inspirateurs et les internes, expirateurs. HAMBURGER tente de démontrer expérimentalement ces faits en construisant un schéma ingénieux, mais dont la ressemblance avec les côtes n’est pas dépourvue de critiques. s
MAYER, MAGENDIE estiment que les intercostaux sont à la fois inspirateurs et expirateurs.
Pour BEHRENS, leur action est variable suivant les points considérés.
Enfin Van H£ELMONT, ARANTIUS, refusent aux intercostaux une action physiologique. Ces muscles auraient un rôle purement passi fdans la respiration. Ils font seulement office de paroi immobile. Leur contraction pendant les deux temps respiratoires aurait uniquement pour but d'empêcher la déformation des epaces intercostaux.
C’est encore à DUCHENNE de Boulogne que l’on doit les nombreuses expériences électro-phÿsiologiques, confirmées par des études cliniques minutieuses, qui ont prouvé de façon indiscutable l’action des muscles intercostaux. De ces travaux il ressort que:
1°) Les intercostaux, aussi bien externes qu'’internes, se contractent pendant l’inspiration.
2°) Cette contraction a son point fixe à la côte supérieure, autour de laquelle la côte sous-jacente se déplace, en se portant en haut et en dehors. Le même mouvement est effectué par rapport à cette côte, par celle qui jui est immédiatement inférieure, et ainsi de suite, ce qui a pour résultat d'agrandir le diamètre transversal du tho- Tax.
3°)! Ce mouvement général des côtes se transmet au sternum, qui exécute un déplacement oblique en haut et en avant; ce qui a pour effet d’agrandir le diamètre antéro-postérieur de la poitrine.
Dans leur action inspiratrice, les intercostaux sont vraisemblablement aidés par la contraction des muscles surcostaux qui, prenant point d’appui sur le rachis, contribuent à l’élévation des côtes.
Muscles inspirateurs auxiliaires st
Le rôle des muscles inspirateurs auxiliaires a été l’objet de moins de discussions que celle des inspirateurs essentiels: diaphragme et intercostaux. Cela tient à leur forme relativement simple, qui permet de déduire leur action de leur situation anatomique. Pour certains de ces muscles, des observations cliniques et des faits expérimentaux sont d’ailleurs venus confirmer le rôle qui leur était attribué.
Les scalènes, prenant leur point fixe sur la colonne cervicale, élèvent les deux premières côtes. Il s’en suit, comme corollaire, l’élévation du sternum et sa projection en avant.
La contraction des scalènes peut être facilement per- &ue dans la respiration costo-supérieure, par la pulpe des doigts appliqués au-dessus de la clavicule, immédiatement en dehors du sterno-cléido-mastoïdien. Chez les personnes d’une extrême maigreur, cette contraction peut devenir visible. Ce durcissement des scalènes avait été désigné par MAGENDIE sous le terme impropre de « pouls respiratoire ».
Les sterno-cléido-mastoïdiens, en se contractant simultanément, tandis que la tête est fixée, portent le sternum et la paroi thoracique voisine, en haut et en avant. :
Pour cela, il est donc nécessaire que les insertions cé-
phaliques des sterno-cléido-mastoïdien soient les points fixes au cours de la contraction, ce qui nécessite le concours des muscles de la nuque et plus spécialement des splénius, qui participent donc indirectement à l’inspiration.
Le muscle sous-clavier.
Ce muscle rapproche la première côte et la clavicule. Lorsque celle-ci est fixée et a fortiori lorsqu'elle est attirée en haut par je sternc-cléido-mastoïdien et le trapèze, le muscle sous-clavier élève la première côte, concourant ainsi à l’acte respiratoire.
Petit pectoral.
LA
Si l'épaule est maintenue solidement dans l’élévation, le petit pectoral imprime aux côtes sur lesquelles il s’insère un mouvement vers le haut.
Grand pectoral.
Il n’est inspiratoire que par les faisceaux qui s’attachent aux côtes et au sternum. Il faut d’autre part que l’humérus serve de point fixe. Quand cette condition est réalisée, la contraction du grand pectoral dilate la poitrine en projetant le sternum en avant et en soulevant la paroi costale. -
Trapèze.
Le trapèze n’intervient dans l’inspiration que par son . faisceau claviculaire. Son rôle a été surtout mis en évidence par DUCHENNE, de Boulogne.
« Le faisceau claviculaire du trapèze paraît spécialement affecté à la respiration. J’ai constaté, chez plusieurs sujets atteints d’'emphysème pulmonaire, qui faisaient de grands efforts pour respirer, que la portion claviculaire était presque toujours la seule portion du trapèze qui entrât en contraction. Sur un grand nombre d’autres sujets, à qui j’ai fait faire de longues et fortes inspirations, j'ai observé le même phénomène. »
Maïs cette action inspiratoire est seulement indirecte.
« L'élévation de l’épaule produite par cette portion du trapèze ne peut exercer d'action sur le thorax qu’avec le concours des muscles qui vont de l’omoplate ou de la clavicule aux côtes; ces muscles sont le petit pectoral et le sous-clavier. » (DUCHENNE de Boulogne).
D'autre part, les trapèzes, en contribuant à fixer la tête permettent aux scalènes et aux sterno- cléido- mastoïdiens d’exercer leur action sur 1e IRorRE dans les inspirations forcées.
Grand dentelé.
Le rôle de muscle inspirateur est refusé au grand dentelé far nombre de physiologistes. BEAU et MAISSIAT, à la suite de leurs « Recherches sur le Mécanisme des Mouvements respiratoires », nient l’intervention de ce muscle même au cours des inspirations les plus violentes.
DucHENNE de Boulogne estime que l’observation de la contraction du grand dentelé est difficile par suite de la situation profonde de ce muscle. Il a réussi cependant à provoquer l’élévation des côtes, par la contraction du grand dentelé, chez un malade dont le trapèze et le grand dorsal étaient atrophiés, l’omoplate étant d’autre part solidement maintenue immobile. Il en conclut que le grand dentelé est bien un inspirateur accessoire, à la condition qu’il se contracte en prenant son point fixe sur l’omoplate, ce qui nécessite la contraction synergique du rhomboïde pour fixer le bord spinal de cet os.
Rhomboiïde.
Ainsi le rhomboïde est-il indirectement un inspirateur.
* Prenant son point fixe sur le rachis, il fixe solidement le bord spinal de l’omoplate, ce qui permet au grand dentelé de soulever les côtes. Dans ce mouvement, « rhomboïde et grand dentelé agissent pour ainsi dire comme un seul muscle dont les fibres seraient interrom-