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MUSCLES INSPIRATEURS

L’inspiration est considérée par tous les auteurs comme un phénomène nécessitant l’action musculaire. Mais les muscles qui y participent ont vu leur rôle tantôt exagéré, tantôt minimisé. Pour certains, même leur qualité de muscle inspirateur a été niée pendant des siècles et est encore discutée.

Nous étudierons successivement la physiologie des muscles inspirateurs essentiels: le diaphragme et le intercotaux. Ils sont appelés ainsi car ils interviennent à peu près seuls dans l’Inspiration habituelle. Puis nous verrons quelle est l’action des inspirateurs auxiliaires qui, en cas de besoin, aident ou même suppléent les premiers. j

Le diaphragme

Le diaphragme est considéré, à juste titre, et cela depuis la plus haute antiquité, comme le muscle essentiel de l'inspiration.

Mais le mécanisme de son action, sa forme pendant sa contraction, ont été des sujets de discussion jusqu’au siècle dernier.

GALIEN admettait que le diaphragme agrandit l’extrémité inférieure du thorax, en se contractant. Cette opinion fut confirmée par VESALE au quatorzième siècle, qui attribue ce fait à l’ascension du diaphragme dans la cavité thoracique pendant l'inspiration. Il ajoute que « le mouvement d’élévation et de dilatation du diaphragme, pendant que le thorax s’agrandit et s’augmente, est si évident dans les vivisections, que ce muscle entraîne dans la cavité du thorax et soulève avec lui, le foie et l’esto-

re

mac. »

Pour RIOLAN, par contre, le diaphragme se contracte et s’abaisse pendant l’inspiration, tandis qu'il resserre, en même temps, la base du thorax.

BorELLI, WiNsLow, HALLER professent la même opinion, mais ils nient que la respiration diaphragmatique puisse suffire seule à l’entretien de la vie.

C’est MAGENDIE (1833) qui, le premier après GALIEN, attribua au diaphragme un rôle dans l’élévation des côtes et du sternum pendant sa contraction, en prenant point d’appui sur'les organes abdominaux.

En 1843, BEAU et MAISSIAT, après d’ingénieuses vivisections, conclurent que le diaphragme en se contractant élève Les côtes diaphragmatiques et les porte en dehors. Mais ils attribuent au péricarde le rôle de point d’appui dans la contraction phrénique, le péricarde étant véritablement ,d’après ces auteurs, le tendon creux du diaphragme.

Le rôle du muscle phrénique et le mécanisme de son action étaient donc diversement interprétés, lorsque les mémorables expériences électro-physiologiques de Du- CHENNE de Boulogne, jointes à ses minutieuses observations cliniques vinrent définitivement éclaircir la physiologie de la contraction du diaphragme.

DucHENNE de Boulogne, réalisa de multiples expériences électro-physiologiques sur l’homme vivant, ainsi que sur des cadavres de sujets morts depuis quelques mi-

nutes. Il expérimenta également sur les animaux vivants ou morts depuis peu. Ces faits expérimentaux confirmés par ses observations cliniques, lui permirent d’aboutir aux conclusions suivantes:

En se contractant, le diaphragme:

1°) Elève et porte en dehors, les côtes diaphragmatiques, ce qui agrandit le diamètre transversal de la base du thorax;

2°) Projette en avant le sternum, ce qui agrandit le diamètre antéro-postérieur, mais ce mouvement est à peine visible;

3°) Il s’abaisse, ce qui agrandit le diamètre vertical de la poitrine.

4°) Le diaphragme, en se contractant, prend point d'appui, non sur le péricarde, mais sur les viscères abdominaux, qu’il refoule vers le bas; aussi voit-on pendant l'inspiration, l’épigastre et les hypochondres se soulever.

5°) Dans cet abaissement, le diaphragme reste concave vers le bas. Il ne devient jamais convexe, comme le croyait HALLER.

Ces conclusions exposées par DUCHENNE, de Boulogne, dans différents mémoires et rassemblées en 1867 dans « La Physiologie des Mouvements », ont été depuis confirmées par tous les physiologistes. Dans ces dernières années cependant, à la suite des phrénicectomies bilatérales pratiquées dans le traitement de certaines formes de tuberculose, le rôle essentiel du diaphragme dans l’inspiration a été mis en doute. SAUERBRUCH écrit: « Le diaphragme n’est pas le muscle respiratoire principal, il n’a guère que la mission de fermer en bas la cage thoracique ». Cette conclusion tirée de l’observation de faits cliniques restreints et survenus dans des conditions pathologiques très particulières ne peut pas suffire à dénier au diaphragme le rôle qui lui a jusqu'alors été attribué. Plusieurs de ces constatations paradoxales après phrénicectomie bilatérale concernent des enfants, dont

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