‹ Contribution A L'etude Des Paralysies RespiratoiresChapitre 27 sur 51 · A: AT · texte numérisé non relu

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La, toux est possible, mais elle est faible. Une quinte de toux ne peut pas être obtenue.

Se moucher est très difficile et la malade a de la difficulté à expulser les mucosités de son nez.

Pendant chacun de ces efforts, les muscles abdominaux se con-

tractent faiblement et il est facile de-les dénrimer avec la main.

Tous ces signes traduisent une atteinte importante des muscles abdominaux dans leur fonctien de muscles expirateurs.

Malgré la thérapeutique par la vitamine E, la maladie poursuit lentement son évolution inexorable.

Le 27 février l'examen montre que les troubles parétiques ont augmenté aux membres inférieurs et supérieurs ainsi qu’au tronc et au cou; l’atteinte du diaphragme ,qui n’était qu'ébauchée s’est précisée, l’épigastre se soulève peu à l'inspiration, les hypocondres restent affaissés: la parésie des intercostaux est également plus nette et à chaque inspiration les scalènes, les trapèzes et les sternos entrent en jeu; la voix est sourde, la parole entrecoupée, la toux impossible. Il n'existe aucun signe d'atteinte des paires crâniennes

Les troubles respiratoires vont s'esagérer les iours suivants la fièvre apparaît, atteint 39° le 5 mars; il existe des signes d’hépatisation de la base droite, l'expectoration est difficile, rare, muqueuse, Malgré la révulsion, les sulfamides, les tonicardiaques, la malade meurt le 9 mars, au milieu de gros accidents dyspnéiques. 4

L'examen anatomique a confirmé l'existence d'une congestion de la base pulmonaire droite, avec bronchioles remplies de séro-

sité purulente,

E'V'O LE DAIST ON

Le pronostic dès paralysies respiratoires est toujours grave.

1 — Immédiatement, le pronostic tient à la cause de la paralysie, mais surtout à la paralysie elle-même.

2 — Secondairement, le pronostic est fonction avant tout de la maladie causale. Sa guérison peut permettre une régression importante ou même totale des troubles respiratoires. Son aggravation entraînera au contraire une augmentation de la gêne respiratoire et souvent la mort. é

3 — Mais à tous Iss stades, peuvent apparaître des complications qui amènent fréquemment une issue fatale. DUCHENNE avait déjà signalé l’importance de ces complications qui frappent le poumon gêné dans ses fonctions par la paralysie de la cage thoracique : « Toute complication du côté des organes thoraciques, une bronchite intercurrente, peut être une cause de mort par l’impossibilité ou la difficulté d’expectorer ».

Immédiatement, l’évolution dépend de :

1°) L’étiologie de la paralysie :

a) — Il est bien évident que dans les affections neurologiques très extensives, dans celles par exemple dont le type évolutif est celui du syndrome de Landry, l’atteinte des muscles de la respiration peut ne pas être au premier plan du tableau de gravité. Cependant signalons

ici les nombreuses erreurs que l’on peut relever en compulsant un bon nombre d'observations de syndrome ascendant de Landry. Très souvent, la mort est attribuée à l’existence de lésions bulbaires, alors qu’il semble plutôt s’agir d’une issue fatale dûe à l’asphyxie entraînée par la perte de la motilité des muscles inspirateurs.

b) — La paralysie respiratoire peut être cl ronologiquement secondaire à des lésions qui, par leur intensité ou leur siège, entraînent une mort presque immédiate,

c) — Elle peut également être discrète et l’évolution de la maladie dépend moins ide l’atteinte respiratoire que ‘des autres lésions neurologiques ou viscérales.

2°) Mais du fait du rôle essentiel joué par les phénomènes mécaniques respiratoires dans le maintien se la vie, les paralysies respiratoires sont, en elles-mêmes, un facteur important de gravité.

a) — La paralysie totale de tovs les inspirateurs est évidemment incompatible avec la vie.

b) —— A l’opposé, les paralvsies discrètes. par leur intensité ou par leur siège, telles celles de cœuelques intercostaux, d’un seul diaphragme, la parésie des muscles inspirateurs essentiels eux-mêmes, n’ont pas une gravité immédiate. La paralysie complète du dianhragme « n’est pas toujours mortelle, comme on l'avait cru pendant longtemps ». |

c) — Ja paralysie simultanée du diaphragme et des intercostaux n’entraîne pas la mort immédiate. Des ohservations cliniques ont montré aue les sterno-cleidomastoïdiens seuls peuvent assurer une ventilation pulmonaïre suffisante pendant plusieurs jours ou même plusieurs semaines. L'observation n° IV, empruntée à Du- CHENNE de Boulogne en est une belle démonstration.

Cependant la fonction respiratoire est assurée de façon précaire et la plus petite complication pulmonaire,

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bronchique ou trachéale, surajoutée peut venir compléter cette demi-asphyxie.

Aussi l’évoluiton d’une paralysie subtotale des muscles respiratoires dépenid-elle immédiatement du traitement qui lui sera appliqué, véritable thérapeutique d’urgence que constitue là respiration artificielle.

Secondairement, l’évolution des paralysies respiratoires est subordonnée à celle de l’affection causale. La régression ou l’augmentation des phénomènes paralytiques respiratoires dépend en effet du caractère des lésions qui sont à son origine.

a) — Il est bien évident que dans Les affections à évolution progressive, (telles que les myopathies, la sclérose latérale amyotrophique), on ne peut espérer dans l’état actuel de la thérapeutique, aucune amélioration. Les paralysies respiratoires d’abord discrètes, se feront de plus en plus profondes. Les muscles seront atteints les uns après les autres inexorablement, et si la respiration artificielle peut suppléer cette perte de la fonction musculaire, elle devra être entretenue indéfiniment. L’issue fatale sera alors le fait soit d’une complication infectieuse. le plus souvent à localisation pulmonaire: soit d’une autre atteinte neurologique ou viscérale de la maladie.

b) — Au contraire, dans les affections à cäractère aigu, à lésions parfois étendues maïs régressives, au moins partiellement, on peut voir l’amélioration des atteintes paralytiques respiratoires.

Aïnsi la libération de la moelle comprimée par une tumeur dorsale ou cervicale (cas rapporté par Clovis Vin- CENT, NicauD et leurs collaborateurs), par une pièce osseuse fracturée ou luxée, par un abcès rachidien.…. permet le retour progressif de la motilité des muscles respiratoires, si la compression est de date relativement récente.

Le y +: A

Au cours des infections ou des intoxications de la moelle, des racines ou de leurs nerfs, les lésions qui interrompent la conductibilité nerveuse ne sont pas toujours définitives et irréversibles. Certains états congestifs ou œdémateux régressent et disparaissent rapidement. C’est le cas des lésions observées dans les polyradiculonévrites généralisées. À un moindre degré, cette résolution s’observe dans la poliomyélite antérieure aiguë, dans les paralysies toxiques ou infectieuses.

Le retour des fonctions musculaires peut être complet, ainsi la guérison d’une polyradiculonévrite s’accompagne de la restitution « ad integrum » des fonctions respiratoires. Mais le plus souvent, il persiste des séquelles paralytiques dont l’importance est fonction de l’extension primitive des paralysies, de leur intensité, de leur durée, enfin de leur cause. Nous venons de signaler le pronostic favorable des lésions de la polyradiculo-névrite. Rappelons le pronostic moins bon quant à la récupération fonctionnelle de la poliomyélite antérieure aiguë et des polynévrites toxiques ou infectieuses.

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