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L’humeur est de nature dépressive. Il se sent très malbeureux, surtout par moments. Assez souvent il a des crises d'angoisse d’une extrême intensité. Il craint alors de devoir mourir et voit tout sombrer autour de lui. La fin de ces crises est marquée par une sudation intense.
Il s’accuse d’être uñ misérable, un indigne, qui ne pourra plus jamais trouver de grâce ni devant Dieu, ni devant les hommes.
I prétend lui-même qu’à la base de son état malheureux se trouve l’impuissance sexuelle de sa femme, qui, peu après le mariage, dut être opérée et qui, depuis se trouve dans un état de frigidité, qu’elle tend, il est vrai, à masquer.
Malgré l'attitude sexuelle de sa femme, il n’a eu que
très peu de rapports sexuels avec d’autres femmes.
Examen du 7 décembre 1929
Le malade est moins timide qu’au moment du premier examen et fait ses déclarations d’une façon plus spontanée.
Il convient d’être amoureux d’une jeune fille de 21 ans, de sa parenté. Cette jeune fille, il aime d’un amour platcnique. Cela se passe depuis quelques années déjà.
Le malade qui a pris confiance maintenant, se lance, non sans une certaine volubilité, dans les explications de ses pensées et de ses actes érotiques. « J’aime tant odeur des femmes qui suent, le goût de leurs urines. Un dimanche, je devais faire une partie de ski avec la jeune fille en question (celle qu’il aime).
Dans un dessein bien arrêté je lui faisais absorber beaucoup de boissons avant le départ, la persuadant que ceci serait absolument nécessaire avant d'entreprendre un long
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voyage dans la neige. Mon calcul se vérifiait exact et £e que je voulais arriva. Elle avait le besoin d’uriner et se mit à l'abri derrière un bosquet. Je repérais exactement l’endreit, et le lendemain, bien que le chemin fût long et pénible, je revenais à l’endroit pour avaler avec délices la neige colorée par les urines. |
Toutes mes pensées, toutes mes idées ne s'occupent que de ces choses-là. Je guette fiévreusement le moment où je suis seul chez moi. C’est alors que je puis m’emparer de son linge sale et satisfaire mes plus chers désirs. Le comble de ma joie est atteint au moment où je puis me procurer une de ses serviettes hygiéniques. J’ai déjà essayé de les avaler après les avoir coupées en morceaux. Mais n’y arrivant que très difficilement, je les exprime en général dans de l’eau et je bois le tout.
Pour ces choses-là, je seraïs prêt à tout sacrifier. Si une fille à Strasbourg que je connais voulait se prêter à toutes mes fantaisies, je vendrais mes vaches, tous mes biens pour lui en offrir l’argent. Seulement maintenant que je suis connu, que je suis surveillé, ces choses-là, je ne pourrais plus les exécuter qu'avec de grandes difficultés. Alors quand l’envie me prend, je rêve — et j'imagine des choses tellement horribles — que j'ose à peine les raconter. »
Si la bien-aimée était morte, il violerait son cadavre, ensuite il couperait les organes génitaux pour les manger. « J'aimerais tant boire aussi le sang d’une vierge. »
Il dit avoir peur de se laisser aller une fois et de violer une femme dans la rue.
Il contemple aussi ses petits pieds, les montre avec orgueil et satisfaction et s’en vante. Il adore les jambes de femmes, surtout si elles sont bien chaussées,
en CV ER
Examen du 13 décembre
Le malade est encore beaucoup plus déprimé qu’à l’examen précédent. Il est d’ailleurs parfaitement conscient de son état de dépression et il se plaint de devoir passer souvent par des crises analogues
« La vie me dégoûte. »
Il a peur d’un accident qui pourrait lui arriver, d’un homme qui pourrait avoir intérêt à le supprimer : + J’ose à peine me promener dans la rue. Les gens voïent à ma figure quel être hideux je suis ! D'ailleurs ils me regardent tous si drôlement. Pourquoi ? Parfois je ne peux même pas lever les paupières, et les gens s’en aperçoivent. Cela se passe dans une grande ville comme Strasbourg. D’ailleurs tous les agents de police m’observent attentivement dès qu’ils me voient venir. Ils se retournent tous sur moi et, j’en suis sûr, il y en à qui me suivent, qui me surveillent. Les contrôleurs de tramways, eux aussi, me guettent. Mon Dieu ! qu'est-ce qui va m’arriver ? (Cela dure depuis deux ans environ). Même le Directeur de la clinique se comporte ainsi. Il ne me considère pas. Il m’est très hostile et il m’observe seulement.
D'ailleurs rien ne me prouve encore que vous n'êtes pas vous aussi un policier.
Dernièrement je me trouvais seul dans mon grenier et subitement je sentais des hommes venir pour me tuer. Je me suis enfui à toute enjambée. »
Quand il ferme les yeux, il voit souvent la jeune file qu’il aime venir à sa rencontre.
« J’ai entendu une fois une voix tout étrangère à mon oreille. C’était une après-midi de dimanche. J'étais en train
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de jouer du piston à la fenêtre quand subitemnt une voix me dit très distinctement : « Pas cela! » Et cependant il n’y avait personne autour de moi ni dans la rue. J’ai remué
toute la maison, mais on n’a trouvé personne. »
Il a déjà entendu aussi la voix de sa femme et de sa bien-aimée.
Une fois il a cru nettement que son café était salé. (« J’imagine que c'était ma femme qui avait fait cela pour me contrarier »), alors que tout le monde constatait que ce
n’était pas le cas.
Examen du 17 décembre 1929
« J'ai beaucoup pleuré à cause de mes mauvaises pensées. Hier pendant l’orage, en plein hiver, j’ai vu le doigt de Dieu. Je sais, ce fut sûrement un avertissement. Mais je vous assure, je ne suis nullement responsable de mes actes ni de mes pensées. Ce sont mes voisins qui savent faire de la sorcellerie qui sont la cause de mon état mental. Ils rient. Je les entends. J’ai senti dans mon esprit qu’ils étaient derrière moi.
Quelqu'un m'influe de mauvaises pensées et de mauvais ordres. Je suis lié par quelque chose. Je ne sais par quoi. - Par des princes et par des puissants des ténèbres. Les avezvous remarqués ? « Je les sens. Je sens qu’ils sont en train de faire de moi un fou. »
« Mes pensées sont influencées, parfois même dirigées. par d’autres. Je sens cela très nettement. »
Il sent nettement que quelqu'un lui commande certaines choses, que dorénavant il ne peut plus éviter. Ainsi certains actes comme l’onanie. « J'ai déjà cru souvent que quel-