ANNEE
de l’abdomen permet au malade de faire le diagnostic d’une nouvelle perforation.
Il est vu deux heures après le début de la douleur par le docteur PELLÉ, de Rennes, ancien interne de Paris, qui n'hésite pas bien entendu devant le diagnostic, opère aussitôt et trouve « une perforation arrondie » de un centimètre de diamètre environ siégeant sur la face antérieure du duodéno-pylore et par laquelle on voit sourdre des matières alimentaires mêlées de sang noir. Elle est au centre d’une zone cartonnée, rigide, qui va gêner l’enfouissement. Il nous semble apercevoir, dit PELLE, dans la lumière de la perforation, enchâssé dans la paroi, un morceau de fil que nous essayons, mais en vain, d’isoler et d’extirper. L’enfouissement put être pratiqué tout de même, deux plans de sutures et épiplooplastie. Le pylore restant perméable, PELLÉ ne fait rien de plus, draine et referme en un plan.
Suites opératoires immédiatement bonnes; tout va très bien pendant six jours, mais des complications pulmonaires graves d’emblée surgissent : expectoration abondante, hyperthermie, et, malgré tous les efforts thérapeutiques, le malade meurt
trois jours après.
OBSERVATION X de BoTTIN (Presse Médicale, 11 janvier 1939)
En 1929, un homme de 54 ans, qui n’a jamais souffert de l’estomac est victime d’une perforation gastrique. L'intervention (Professeur ALBERT) effectuée sous anesthésie générale au chloroforme montre une perforation de 2 mm. de diamètre sur la face antérieure de la région pylorique. Le diamètre de l’ulcère lui-même atteint approximativement 1 cm. 1/2. On effectue une suture et un enfouissement. Le malade guérit et, pendant neuf ans, il ne se montre plus incommodé, bien qu’il suive irrégulièrement le régime qu’on lui a proposé. En 1938, à l’âge de 63 ans, le patient fait un nouvel accident brusque et il s’agit incontestablement d’une nouvelle perforation. On pratique une anesthésie générale à l’évipan sodique et on trouve une perforation de 1/2 cm. de diamètre à la face antérieure du versant duodénal du pylore. Cette perforation centre une tumeur carcinomateuse volumineuse de cette région, avec une adénopathie importante et dure du petit épiploon et du carrefour hépatique. On ne trouve aucune trace de la perforation ni de la suture anciennes. Il ne reste de la première opération que des adhérences serrées de la face antérieure de la première portion du duodénum avec le foie et la