‹ Contribution à l'étude des Perforations Itératives des Ulcères Gastro-DuodénauxChapitre 6 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les suites éloignées des perforations d’ulcères gastro-duodénaux, la, perforation itérative constitue une éventualité qui est loin d’être rare. Elle a donné lieu récemment à un certain nombre de publications, parmi lesquelles il faut citer surtout celles de J. GOssET, JOUANNEAU et ALLAMAND, celle de GRIGAUD et celle de J. BorriN. Nous avons eu l’occasion récemment de suivre un malade, professeur de dessin dans un lycée de province, qui a fait deux perforations d’ulcère gastrique dans l’espace de vingt mois. À l’occasion de cette observation que nous rapportons plus loin, nous voudrions reprendre la question des perforations itératives des ulcères gastro-duodénaux et faire une mise au point de cette question.

L’étude des perforations itératives des ulcères gastro-duodénaux est intéressante à plusieurs points de vue :

— Le diagnostic d’une perforation itérative est relativement plus aisé que celui de la perforation première. En effet, si très souvent une première perforation gastrique ou duodénale ‘est précédée d’un long passé digestif, parfois il s’agit bien d’un accident dramatique, révélateur de la lésion. En cas de perforation itérative, le souvenir que conserve le malade de son premier accident l’incitera à faire plus rapidement appel au médecin, sachant le danger qui le menace; la notion d’une première intervention, la reprise du processus ulcéreux quelque temps après, seront des arguments en faveur d’une nouvelle perforation qui, très souvent, sera opérée dans un laps de temps relativement court. |

— La technique opératoire au cours d’une première opération peut-elle réduire les chances d’une perforation itérative? Toute la question est de savoir si la suture simple de l’orifice de perforation est un facteur favorisant des accidents ultérieurs ou bien si c’est une technique suffisante, la gastroentérostomie complémentaire n’ayant que des indications bien déterminées? Nous étudierons plus loin les résultats obtenus par l’une et par l’autre de ces deux techniques opératoires. Mais disons tout de suite que la gastro-entérostomie complémentaire n’a comme indication majeure que les cas où la su-

RTS

ture n’a pu éviter la formation d’un rétrécissement Juxta-polyrique très serré, Dans tous les autres cas, il semble qu’elle ne contribue guère à éviter des complications post-opératoires tardives. Elle perd encore de sa valeur par suite de la possibilité de complications qui lui sont propres, telles l’ulcus peptique et la difficulté qu’elle peut occasionner lors des ré-interventions chez le même malade.

— Enfin, au point de vue de la conception physio-pathologique d’ensemble des ulcères gastroduodénaux, les complications tardives, dont la perforation itérative, permettent d’envisager certains ulcus non pas comme une lésion unique, mais plutôt comme une véritable maladie ulcéreuse frappant une certaine région de l’estomac ou du duodé- ‘ num, ce qui entraîne une double conclusion :

— la gastrectomie doit être considérée comme le traitement de choix des ulcus gastriques;

— la nécessité de suivre pendant de longues années les malades opérés d’une perforation d’ulcus, de toujours craindre la reprise du processus ulcéreux et de les prévenir du danger constant qui les menace.

En faveur de cette conception de l’ulcus maladie ulcéreuse, s'inscrit le fait que, très souvent au cours de ré-interventions chez des anciens opérés, il est impossible de dire s’il s’agit de la reperforation de

Rte

l’ancien ulcère ou de celle d’un ulcère développé récemment autour de la cicatrice. Mais qu'il s'agisse d’un ulcus nouveau ou de l’ancien, l’interprétation de J. GOssET, JOUANNEAU et ALLAMAND résume l'opinion actuelle sur la question : « La maladie ulcéreuse a poursuivi son évolution malgré la première perforation et malgré l’intervention suture simple bu concédée par une gastro-entérostomie. »

Page 1