TRAITEMENT
Nous ne saurions aborder ce chapitre sans mettre «en présence les deux grandes Ecoles qui ont étudié et écrit sur les perforations utérines instrumentales : les abstentionnistes et les interventionnistes.
Les premiers, qui comptent des noms éminents : Jean- Louis Faure, Lenormand, Hartmann, Sauvé, se refusent à l'intervention systématique, dans le doute où l’on est dans de certains cas de l’existence de la perforation, dans le doute également de savoir s’il ne surviendra pas une guérison spontanée.
Pour les interyentionnistes, au contraire, qui se ransent derrière Mondor, il ne faut guère compter sur une guérison spontanée dont certes quelques cas ont été cités (cas de Sindey). Il faut intervenir systématiquement, ne serait-ce que pour une intervention exploratrice, l’expectative armée étant plutôt une « expectative mal armée »; la perforation utérine étant une vraie plaie pénétrante abdominale.
R. Monod s’est d’ailleurs élevé contre cette comparaison classique : cette perforation siège au point déclive de l’abdomen, dans une- région qui en communication normale avec l’extérieur est déjà vaccinée ; elle n’intéresse pas un organe comme l'intestin qui, après sa blessure, continue à déverser ses produits toxiques et septiques ; enfin, l'utérus par sa structure à tendance à la fermeture spontanée de la perforation.