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proposent deux ordres d'explication à cet ictère : d’une part,Spasme des voies biliaires sous l'influence de l’émo-
aie
que Diderot a eu une poussée d’ictère chaque fois qu'il s'était mis en colère. Féré, puis Adda, dans sa thèse,
tion; d'autre part, d’une façon un peu gratuite, ces auteurs pensent que la bile pourrait bien passer par osmose des voies biliaires dans les vaisseaux abdo-. minaux dilatés et, par conséquent, présentent un régime tensionnel bas. Ces explications semblent un peu fantaisistes et de toute façon insuffisantes. Il nous semble que l'hypothèse qui considérerait les ictères émotifs comme des ictères hémolytiques serait beau-
coup plus près de la vérité et satisferait beaucoup plus
aux idées actuellement admises au sujet de la pathogénie des ictères. Cette explication reste, bien entendu, une hypothèse, car n’ayant pas eu l’occasion d’observer des cas d’ictère émotif, nous n'avons pu y faire les recherches qui auraient permis de vérifier Dore hypothèse.
Aux altérations halo nes d’origine émotionnelle du sang, nous rapprochons les modifications des sécrétions. Des auteurs sérieux ont signalé dans certaines émotions des sueurs mêlées à du sang, sans doute grâce à la production d’un syndrome purpurique. Nous ne faisons que mentionner des curiosités, comme une sueur bleue s'accompagnant de bleuissement de la face, faits qui sont incontestables, mais échappent actuelle-
ment à toute explication.
Nombre d’affections cutanées ont élé Abuse. à l'action des émotions. Leloir en 1887 y range les éry-
thèmes, l’urticaire, le purpura, l’eczéma, le psoriasis, l’herpès et le pemphigus. Nous ne retiendrons de cette curieuse liste que les érythèmes, l’urticaire et l’eczéma. On connaît fort bien la roséole émotive qui semble assez fréquente et qui pour Vulpian ne serait qu’une modalité un peu atypique de la rougeur physiologique de la face au moment d'émotions légères. Ce qui nous semble intéressant à signaler c’est l’existence indubitable d’urticaire et d’eczéma émotifs. Le fait que l’émotion peut provoquer les mêmes éruptions que certains chocs humoraux nous semble une preuve de plus en faveur d’une analogie entre émotion et choc.
Dans le même ordre d’idées nous cilerons la survenue d’œdèmes subits, à type d’æœdème de Quincke, encore un accident qui est de la catégorie des troubles par choc. À propos des accidents cutanés nous pourrions citer des cas de canitie subite, mais nous ne voulons pas nous engager dans une discussion au sujet de faits fort mal connus et qui ne sont pas du domaine de la pathologie. à
Miche cite dans sa thèse des cas d’albuminurie émotive observés par Teissier (de Lyon). La glycosurie est très fréquente, nous y reviendrons à propos de l’action des émotions sur le diabète. à
La provocation d’avortement par une frayeur ou une colère est trop connue pour que nous y insistions. Beaucoup plus discutable est l'influence des émotions maternelles sur le fœtus, les anciens auteurs en firent grand cas dans l’étiologie des affections nerveuses et psychiques congénitales.
Ne 0 Des Jr d'urine, des éjaculations involontaires et des cas CMDRESANCE ont été signalés à la suite d'émotion.
Les accidents chroniques survenus à la suite d’émo-
tions répétées semblent être beaucoup plus rares, si
l’on en croit les auteurs anciens Ces cas, beaucoup. moins frappants, sont aussi à la base d’affections dont la connaissance est de date relativement récente. Nous
n’en citerons que trois: l'hypertension artérielle, la
maladie de Basedow et le diabète.
Certains auteurs, surtout de l’école du P' Vaquez,
tendent à attribuer certaines hypertensions artérielles
Es
à un hyperfonctionnement des surrénales. Or, noùs avons vu que Cannon a mis en évidence une décharge d'adrénaline au moment de l’émotion. D'ailleurs l’élévation passagère de la tension artérielle a été directement mise en évidence dans l’état émotionnel (Féré). Or, il nous semble qu’il existe dans la pathogénie de l'hypertension artérielle, quelle qu’elle soit, une sorte de cercle vicieux qui fait qu’à chaque poussée d’hypertension il se produit des modifications du système artériel prédisposant à l'élévation de la tension artérielle. On comprend ainsi que des poussées répétées d'hypertension puissent amener à la longueun état d’hypertension, permanente. L'étude de l’étiologie du syndrome d’hypertension artérielle nous donne d’autres arguments encore en faveur du rôle des émotions répétées. On sait que cette affection se voit souvent chez des sujets dont la profession les expose à de fréquents chocs moraux; comme les hommes politiques,
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les financiers, les avocats et les médecins. Il nous semble donc qu’on peut d’une façon légitime émettre l'hypothèse qu'un certain nombre d’hypertensions artérielles ont pour cause un état émotionnel répété qui finit par relentir d'une façon durable sur la dynamique de l'appareil circulatoire. peut-étre à la faveur d'une prédisposition émotive.
Nous serons plus bref sur la maladie de Basedow où les cas authentiques dus à l’émotion sont rarissimes, mais incontestables. Maranon a insisté tout récemment sur l'influence des émotions sur la production de lhyperthyroïdie. Quand on réfléchit un peu sur l’état d’excitation du sympathique au cours des émotions, on comprend aisément que la persistance de cet état peut reproduire exactement le tableau de la maladie de Basedow. Mais malgré toute la logique d’un tel rapprochement, il est difficile de se représenter les divers stades de fixation de l’état d’hypersympathicotonie, surtout à la suite d’une émotion unique, comme le prétend Maranon. Il nous semble que la prédisposition Joue là un rôle beaucoup plus important que l’émotion occasionnelle. Ou encore, nous pourrions interpréter ces cas, en disant que l’émetion violente que l’on invoque n’a puavoirsonintensité exceptionnelle que grâce à une émotivité ou une réceptivité sympathique pathologique.
Dans le diabète, il y a plusieurs cas à distinguer. Le. rôle étiologique direct d’une grande émotion a rarement été relevé, par contre, il est de notion courante que la survenue d'une émotion peut avoir une fâcheuse influence sur l’évolution de la maladie ; elle peut même
te
déclencher le coma. Au point de vue physiologique, il n’y a aucun inconvénient à supposer que l’hyperglycémie émotionnelle se fixe, tout comme l'hypertension ou l’exaltation des fonctions du sympathique, mais pratiquement les données nous manquent et, tout comme dans la maladie de Basedow, les stades intermédiaires nous échappent. Par contre, ce qui nous permet d’être plusaffirmatif pour l'hypertension artérielle c'est qu’on y comprend parfaitement la succession des phénomènes.
Nous ne faisons que mentionner rapidement l'influence des émotions qu’on a invoquée pour certains cas de goutte, d’obésité, d'acromégalie (PAR de lithiase biliaire (Féré); etc.
Nous ne oo pas ni pie les exemples, car notre intention n‘est nullement de dresser un inventaire, mais de montrer que l'émotion est parfaitement capable de déterminer dans l’organisme des troubles soit passagers, soit définitifs. Ces troubles se produisent par l’exagération des phénomènes physiologiques concomitants normaux ; exagéralion de la durée ou de l'intensité. Ce qui nous a semblé le plus remarquable parmi ces troubles, c’est la modification de la vasomotricité périphérique retentissant sur la dynamique cardiaque ; c’est le syndrome hémorragique qui est à la base des éruptions purpuriques et de lictère ; c’est enfin l’hyperglycémie émotionnelle. Il y aurait enfin une autre série de faits intéressants à étudier par le chimisme des humeurs qui pourraient peut-être vérifier lPhypothèse que nous avons émise sur la parenté entre __ Je-choc émotionnel et le choc humoral, "1