QUELQUES EXEMPLES D'ACTION PATHOGÈNE DES ÉMOTIONS
Quant on parcourt les traités. anciens, innombrables sont les affections qui peuvent être la conséquence d’une émotion. Il ne nous appartient pas de faire ici la critique de ces observations, critique qui serait d’ailleurs complètement inutile, car ces observations manquent de précision et abondent en données qui, à juste titre, font naître des doutes sur leur authenticité. Nous voudrions dans ce chapitre examiner quelques cas, à titre d’ exemple, en choisissant parmi ceux pour lesquels l’action pathogène émotionnelle n’est uère contestable. A |
Parmi ces cas nous distinguerons très schématiquement, en maintenant toutes les réserves exposées au cours du chapitre précédent, des accidents aigus, survenus à la suite d’une seule émotion violente chez un sujet psychiquement ou organiquement prédisposé ; et
PAT des accidents chroniques qui surviennent dans la règle ‘après une série d’émolions.
Parmi les accidents aigus de cause émotionnelle, nous citerons en premier lieu la mort subite. Les cas de mort subite à la suite d’une joie ou un chagrin subit abondent dans l'histoire. In’yenaaucun, que nous sachions, qui semble montrer que la mort subile émotionnelle soit arrivée à une personne jeune, sans aucune (are. La mort. de Léon X à l’occasion de la nouvelle de la prise de Milan est un exemple souvent cité. Or, il s'agissait là d’un vieillard, etil n'y a rien d’étonhant à ce que son cœur ait eu une défaillance sous l'influence de l'hypertension émotionnelle. Les cas très fréquents de
| mort au moment du coit, toujours chez des prédisposés,
ÈS sont à rentrer dans cetle catégorie. Le mécanisme de
ces morts Subites peut se concevoir de deux façons :
ra syncope brusque par excitation du pneumogastrique, ou bien défaillance subite du cœur sous le coup de la poussée hyperlensive. Une démonstration expérimen-
{ale de la syncope émotionnelle est fournie par Claude Bérnard qui provoque la mort subite par le pincement du grand sciatique. Il s’agit là somme toute d’un réflexe inhibitoire mortel soit directement soit par la défaillance cardiaque secondaire à l hypertension.
Des troubles moins graves du système circulatoire peuvent naître à la suite d’une émotion. Castaing. dans sa thèse, signale un cas de tachycardiè paroxystique, Féré des accidents de défaillance cardiaque analogues à ceux du cœur forcé à la suite d’une peur. Les anciens e auteurs auraient constaté des troubles de la circulation
périphériques du type de la maladie de Reynaud, aù moment d’une émotion (Féré).
La question des hémorragies provoquées par les émotions semble beaucoup plus complexe. Il y a là, à côté d’un facteur circulatoire hypertensif, un facteur sanguin consistant en une diminution de la coagulabilité. Nous insistons beaucoup sur ce fait car il nous semble capital pour l'explication d’un certain nombre de syndromes émotionnels. Les métrorragies à la suite de colère ont été signalées au début du siècle dernier par Escoubas. D’autres médecins du siècle dernier ont relevé un certain nombre d’affections véritablement sanguines : Mollière attribue l’apparition d’un purpura hémorragique à une émotion, Lancereaux montre l’existence d’hémoglobinuries paroxystiques par la même cause. Nous avons déjà cité l’observation de Hunter, au sujet de l’incoagulabilité du sang chez un sujet mort à la suite d’une colère violente. D’autres faits prouvent que l'émotion peut s'accompagner d’une diminution de la coagulabilité sanguine: c’est l’observation de Chelius, citée dans la thèse de Sous, concernant un nourrisson qui présente de l’hémophilie après que sa mère ait eu une grande émotion. L’auteur incrimine dans ce cas la toxicité du lait de la mère. Il ne nous semble pas impossible, en effet, que sous l'influence d’une émotion il se produise une hémolysine dans le sang.
Cette explication nous éclairera la question des ictères émotifs. On sait que la jaunisse est un accident fréquent des émotions violentes sans doute chez des sujets prédisposés, car il se produit souvent à répétition. On sait