A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE PARIS
| chez qui nous avons eu l'honneur de remplir les lo | d’erlerne.
Docteur SOULIGOUX, Chirurgien des Hôpilaux. À
Docteur DEVRAIGNE, Accoucheur des Hôpitaux. à
POLE ROBINEAU, Chirurgien des Pense Proies-:
seur Agrégé. 2
Professeur MARFAN, Professeur de Clinique infantile.
Malgré l'apparente cudios os des termes, il nous semble incontestable que, depuis des siècles les plus - reculés, l'émotion comptait aux yeux des malades comme pour les médecins comme une des causes les plus fréquentes des-maladies. Comment ne pas incrie miner dans la provocation des états morbides ce brusque changement que peut produire, sur un être, la peur, la colère, la douleur ou au contraire la joie | excessives. 5 . 24
- En réalité, ‘la confusion à ce point de vue-là est extrême. Elle règne, non seulement dans le choix et, l'emploi des termes, mais même dans la compréhension intime de ce qu'on doit entendre par l’émotion. Chez de nombreux auteurs jusqu’à ces derniers jours et même encore actuellement on voil couramment em- ployés, dans des sens sensiblement analogues, les expressions : émotion, passion, Sensation, sentiment, etc. Les auteurs entendent par ces vocables aussi bien l'émotion brusque que le sentiment durable, aussi bien la sensation affective simple que les passions complexes et bien souvent intellectualisées. Il nous semblait donc
L'AOUe
° qu'avant d'entreprendre quoi que ce soit sur les émotions, il est indispensable de donner une définition aussi précise que possible de ce qu’on doit actuellement entendre par émotion. Cette discrimination fera l’objet de notre premier chapitre.
La recherche d’une délimitation précise de la notion de l'émotion nous aura permis d'y distinguer deux éléments essentiels : l’un purement psychique dont dépend la richesse infinie du contenu des émotions et qui existe incontestablement, malgré la théorie trop exclusive de James et de Lange; l’autre physiologique, brut, directement constalable à l'observation objective, dépourvue de différenciation et, à quelques variations près, identique dans toules les émotions. Nous nous attachons dans ce travail uniquement à l’étude des éléments physiologiques des états émotifs. Dans le deuxième chapitre, nous décrirons sommairement ces concomitants physiologiques et dans le troisième chapitre nous montrerons dans quelles conditions ces modifications peuvent être le point de départ de troubles morbides. Ces conditions devront être distinguées en intrinsèques et extrinsèques. Nous aurons éliminé pour la suite de notre travail tous les éléments psychiques des émotions, non point que ceux-là ne soient pas susceptibles de provoquer des modifications pathologiques durables (bien au contraire, l’école de Freud tend à prouver l'influence immense de notre vie affective en pathologie mentale), mais parce que nous avons limité notre sujet aux modifications apportées par les émolions dans l’organisme envisagé au point de vue purement somatique.
Les cas où une émotion est le point de départ d’altérations pathologiques variées, ‘abondent dans la littérature médicale ancienne. Il est nécessaire d'apporter beaucoup de réserve à l'appréciation de la part de l'émotion dans ces observations. L'appréciation est d’autant plus difficile que ces cas observés sont loin de nous etqu'ilfaudrait avoir recours à une sorte de diagnos- - tic rétrospeclif dont les résullats pourraient être, à juste titre, mis en doute, encore plus que les interprétations des auteurs mêmes de ces observations. On comprend, en lisant ces fails relatés par les médecins d'autrefois, que leur authenticité a pu être mise en doute et que ce. doute ait été la cause d'une suspicion de la médecine actuelle pour l'émotion en tant que facteur étiologique. Nous voudrions cependant montrer qu’il existe actuellement des notions scientifiquement acquises qui permettent de supposer qu’un certain nombre d’affections peuvent parfaitement bien se développer à la suite d’une grande émotion ou des émotions répétées. Ceci fera l’objet de notre quatrième chapitre.
Nous rattacherons très rapidement à cette étude quelques faits concernant l’action thérapeutique des émotions (cinquième chapitre).
Il nous à semblé donc, et c’est ce qui nous a déterminé à faire ce travail, que certaines émotions chez certains sujets pouvaient provoquer des modifications profondes des humeurs et du système nerveux et par leur intermédiaire de tout l'organisme. Nous comparerons volontiers les émotions aux chocs desquels elle ne se distinguent que par leur immatérialité. Cette imma-
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