INTRODUCTION
Les efforts infructueux des alchimistes à la recherche de la pierre philosophale les avaient amenés à essayer les réactions les plus étranges ; la découverte de certains corps et en particulier du phosphore fut due à ces tentatives dont le hasard était presque l'unique guide.
La propriété qu'a le phosphore d’être lumineux au contact de Pair, dans Pobseurité, avait fortement attiré l'attention; aussi, malgré une préparation difficile pour l’époque, les premières études sur les combinaisons phosphorées sont-elles assez anciennes.
En 1940 Margrail cherch4 à faire réagir le phosphore sur les métaux, mais il échoua par suite d’une méthode défectueuse. Ce n’est qu’un demi-siècle plus tard que de nouveaux faits furent apportés à l’histoire des phosphures.
Pelletier ('), dans deux Mémoires détaillés, relata ses
expériences qui, Si elles ne lui permirent pas de préparer
(!) PELLETIER, Annales denChimie et de Physique, 1° série, ET, POSE XIII, p. 119.
(ee
des corps bien définis; montrèrent qu’un certain nombre de métaux pouvaient s'unir au phosphore.
Quelques années plus tard Berthier (!) reprit certains points du travail de Pelletier et signala de nouveaux composés.
En 1829 Landgrebe (?) fit quelques essais, mais il ne fut pas heureux quoiqu'il eût changé le mode opératoire.
Rose (*) décrivit un certain nombre de phosphures obtenus par l’action de l'hydrogène phosphoré sur quelques chlorures métalliques. Ce savant fut alors amené à faire une série de recherches sur les combinaisons du phosphore et des métaux.
Schrütter (*), en 1849, entreprit un nouveau travail; il opéra par voie de combinaison directe; quelques-uns de ses corps sont définis.
Les résultats des savants que je viens de nommer furent contrôlés en partie par plusieurs chimistes qui recommencèrent les expériences de leurs devanciers et généralisèrent les modes de formation. Je citerai Hvoslef, Struve, Vigier, Renault. Après un temps d’arrêt je relèverai, parmi quelques tentatives isolées, celle de Cavazzi et d'Emmerling, me réservant d'indiquer plus loin les publications moins importantes de quelques autres auteurs.
Malgré tous ces essais la quantité des phosphures cristallisés et définis était restreinte; de plus, il était intéressant de décider de l’existence de certains composés contestés. Je me suis proposé, dans le but de combler quelques vides, de faire connaître un certain nombre de
nouveaux phosphures cristallisés dont j'ai tâché de rame-
(') BERTHIER, Annales de Chimie et de Physique, 1° série, t. XXXIII, p. 180.
(*) LANDGREBE, Schweigger Journal, t. LIN, DAOOP ATEN Dern!
(*) Rose, Poggendorffs Annalen, t. XXIV. ( Annales de Chimie et de Physique [2], XXXIV, 170).
(*) SCHRÔTTER, Sitsungsberichte der Wiener Akademie, 18/9.
ner la préparation à une série de réactions générales. J'ai examiné aussi des corps douteux sur lesquels il était nécessaire d’avoir des données exactes.
Dans la première Partie de cet exposé, je parlerai d’un ensemble de méthodes pouvant concourir à la formation des phosphures ainsi que des procédés d'analyse spécialement convevables pour en déterminer la composition. Je décrirai dans la seconde Partie les préparations et les propriétés particulières des différents phosphures.
Ce travail a été fait au laboratoire de recherches de la Faculté des Sciences de Paris.
Qu'il me soit permis d'exprimer ici toute ma reconnaissance à M. le professeur Troost, directeur du laboratoire, pour le bienveillant intérêt qu’il n’a cessé de me témoigner pendant toute la durée de mes études. J’adresserai aussi mes remerciments les plus vifs à M. Riban, pour les encouragements de chaque jour que j'ai trouvés auprès de lui et je regrette de ne pouvoir offrir qu'à la mémoire de M. Rousseau le témoignage de ma gratitude pour les savants conseils qu'il n'a souvent donnés.